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Forum : Treize femmes pour Casanova

Sujet : Navet-nitien


De verdun, le 22 avril 2019 à 15:40
Note du film : 2/6

L'idée de départ était très bonne: confier à un Tony Curtis quinquagénaire le rôle de Casanova vieillissant et l'entourer de quelques-unes des actrices européennes les plus girondes des années 70 comme Marisa Berenson, Marisa Mell, Britt Ekland, Sylva Koscina ou encore Andrea Ferreol. Ajoutons à celà quelques seconds rôles pittoresques, notamment un couple de policiers "pieds nickelés" joués par nos Jean Lefebvre et Gerard Jugnot nationaux, un budget important et un tournage à Venise. Tout était réuni pour faire de 13 femmes pour Casanova une coproduction étrange mais passionnante, comme le Barbe-Bleue de Dmytryk, avec quel cette réalisation partage quelques similitudes comme la présence de Jean Lefebvre dans la distribution, comme le montre l'affiche française ci-contre.

Hélas le résultat est décevant en raison des déficiences du scénario et de la mise en scène.

Le récit n'est guère intéressant. Tony Curtis joue un double rôle: celui donc de Casanova déclinant mais aussi celui d'un petit voleur plus jeune qui usurpe l'identité du célèbre séducteur et profite auprès de la gent féminine de la réputation inégalable de ce dernier. A cette absence d'enjeux dramaturgiques se superpose un humour assez facile qui mélange le vaudeville égrillard (Casanova oblige) et surtout les anachronismes. N'est pas Goscinny qui veut: la plupart des répliques auraient pu être écrit par un collégien des années 70. Ainsi Casanova se demande si une femme qu'il croise espionne "pour le KGB ou la CIA". Un aubergiste demande à un nouvel arrivant s'il a une carte de crédit…

Au lieu d'un Billy Wilder ou d'un bon faiseur italien, derrière la caméra se trouve Franz Antel, le "Emile Couzinet du Danube", pour reprendre l'expression de Christophe Bier, spécialiste de la comédie polissonne bavaroise. L'un de ses rares films connus ici est une version assez plate de La tour de Nesle qui avait le mérite de donner à Jean Piat l'un de ses rares rôles important au cinéma. Antel est crédité ici sous le nom de François Legrand, preuve que dans les années 70 se doter d'un pseudonyme français était quelque chose d'assez chic.

13 femmes pour Casanova est donc une grosse farce assez médiocre mais point désagréable grâce à son casting, ses décors, ses costumes, sa photographie, quelques idées réussies, un érotisme bienvenu, l'humour d'un Tony Curtis qui passe le film à s'auto-parodier et surtout le sentiment qu'une telle production hétéroclite ne pourrait pas voir le jour aujourd'hui malgré ses qualités voire ses audaces. Et c'est déjà pas mal. Une manière de plaisir coupable.


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De fretyl, le 23 avril 2019 à 16:06

Sans doute une bonne idée de comédie de l'époque encore une fois mal exploitée par les scénaristes, dans le même cas Dracula père et fils est hélas également oubliable… et oublié…


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