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Sujet : James Coburn à son meilleur dans ce polar attachant


De Arca1943, le 16 janvier 2016 à 17:50
Note du film : 4/6

Fan de l'acteur James Coburn, je suis bien obligé de reconnaître que sa filmo comporte son lot de "Jimmy Coburn vehicles" ("des véhicules pour James Coburn") avec dedans vraiment pas grand-chose (Intervention Delta, Firepower) voire carrément rien autour de lui (comme le déplorable western Waterhole #3 ou encore Duffy, le renard de Tanger). Aussi fut-ce avec une certaine méfiance que je m'emparai, pour quelques dollars, de ce Harry in Your Pocket.

Méfiance injustifiée ! Alors oui, c'est un excellent "James Coburn vehicle", au sens où l'acteur se meut comme un poisson dans l'eau avec ce rôle conçu sur mesure de chef aussi désinvolte qu'impérieux d'une bande de voleurs à la tire ; mais cette fois, autour de lui, on trouve d'excellents complices, au propre comme au figuré : Michael Sarrazin idéalement casté en "jeune blanc-bec" que Harry prend sous son aile pour lui apprendre les ficelles du métier ; Trish Van Devere dans le rôle de l'amie de cœur du précédent, au départ plus réticente à détrousser son prochain, mais qui y prend goût graduellement ; et le vétéran Walter Pidgeon, magnifique en vieux pickpocket dont la main commence à trembler.

Ça ne réinvente pas la roue, mais ça exploite astucieusement la roue. Une ou deux longueurs, parfois un petit côté "travelogue" (lorsque la petite bande sévit dans mon beau pays, sur la côte du Pacifique) mais dans l'ensemble, c'est rythmé, amusant, dramatique, à l'occasion doux-amer, et bien sûr parsemé de séquences de vol à la tire remarquablement bien (dé)troussées. Je soupçonne même qu'il a dû y avoir recherche documentée, tellement les séquences d'apprentissage de l'excellent Sarrazin sont minutieuses, voire éclairantes. («Ah, c'est donc comme ça qu'ils s'y prennent !») On comprend tout de suite que le métier de voleur à la tire ne se pratique pas en solo, qu'au contraire il s'agit d'un travail d'équipe savamment coordonné. Et aussi, la Règle Numéro Un que Pidgeon inculque à Sarrazin et Van Devere : «Harry does not hold», c'est-à-dire qu'Harry (Coburn), l'artiste en chef, ne conserve sur lui qu'une fraction de seconde l'objet qu'il vient de subtiliser si habilement dans vos poches : car un comparse parfaitement chronométré passe aussitôt à côté de lui pour recueillir, dans un sac ou un journal plié, votre portefeuille, votre montre, ou la petite trousse où vous conservez votre précieuse cocaïne. Et bien sûr que c'est pour ça qu'Harry est une légende insaisissable, que la police s'arrache les cheveux pour l'attraper : il ne tient en main l'objet volé que le temps d'un éclair. Bien sûr, il y aura des complications et on va même assister, dans l'excellent et sobre finale, à la chute d'un roi.

C'est aussi un film très seventies, comme en témoignent les toilettes audacieuses mais bien de leur temps de madame Van Devere, mais aussi l'atmosphère inimitable de l'époque, un air du temps attrapé plus ou moins volontairement mais qui rend un son plein, convaincant. En 1973 je n'avais pas dix ans, mais pour ce que je m'en souviens, c'est vrai que c'était un peu comme ça.

Ce fut le seul film de cinéma de Bruce Geller, mieux connu comme scénariste de Mission impossible. Au vu du résultat obtenu, il est dommage qu'il n'ait pas persévéré. Il est vrai que l'aspect scénaristique est particulièrement soigné – et les dialogues souvent incisifs – mais il avait aussi un évident sens de l'image.

Bref, une excellente surprise, avec un James Coburn impérial. Et en me relevant du sofa après l'avoir visionné, j'ai machinalement vérifié que mon portefeuille était toujours en place !


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