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"L'automne est morte, souviens-t-en..."


De Commissaire Juve, le 11 juillet à 14:46
Note du film : 2/6

J'en sors. Je ne connaissais pas du tout. C'est l'avis d'Impétueux – que j'avais seulement survolé – qui m'a donné envie de le découvrir.

Au bout du bout, heureusement qu'il n'y a que 24 heures ! Je pensais que j'arriverais à lui mettre un 3, mais… rien que pour les quelques plans de lit hamiltoniens – franchement kitsch – et l'insupportable piano des 50 premières minutes : 2,5 !

A un moment, j'ai pensé à Madame de… (1953), devant lequel je m'étais poliment "emmerdé" (dans le Delouche, on a un "Je vous aime, je vous aime !" qui fait penser au "Je ne vous aime pas, je ne vous aime pas" du Ophüls) Eh bien, je pense que ce "24 heures de…" l'a fait remonter dans mon estime (en même temps, le noir & blanc, ça a quand même une autre gueule !). Dans un registre voisin (une femme qui se laisse prendre par le démon de midi), je préfère largement Les Yeux de l'amour (1959) avec Jean-Claude Brialy (et de savoureux dialogues de Michel Audiard). A quand une belle réédition en haute définition d'ailleurs ?


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De Impétueux, le 8 juillet à 19:22
Note du film : 2/6

Je n'ai pas lu la nouvelle de Stefan Zweig (je sais ! j'ai tort !) dont le film de Dominique Delouche est adapté, mais d'après ce que j'en apprends ici ou là, je crois pouvoir dire que l'adaptation est très libre. Le début du siècle à l'époque de la guerre offre un certain intérêt dramatique et ne bouscule pas la représentation des décors, des toilettes et des mentalités : car le 20ème siècle véritablement commencé avec la Victoire de 1918 et les années folles qui ont immédiatement suivi. On ne peut pas nier, par ailleurs que de placer l'histoire non pas à Monte-Carlo, mais dans le sublime cadre du lac de Côme, à Bellagio dont les palaces, la Villa Serbelloni et L'hôtel de Grande-Bretagne n'ont rien à envier à ceux de la Principauté permet de donner au spectateur de bien belles images.

Mon reproche sera sans doute que le réalisateur aura tout consacré, précisément, à la beauté des images, des décors, des tenues, voire des musiques au détriment de ce qui est, en fait, la déchéance de Lady Alice Copland (Danielle Darrieux), une femme qui est riche, qui a été merveilleusement belle, qui est encore séduisante… mais c'est précisément cet encore qui est le nœud du souci. Et sa rencontre avec Thomas Leine (Robert Hoffmann), un sale individu, un garçon à belle gueule, déserteur, joueur compulsif, prêt à tout mais surtout faible : il n'est pas comme le lieutenant Mahler (Farley Granger) qui dans Senso de Visconti prend complétement sous sa coupe la comtesse Livia Serpieri (Alida Valli). Thomas Leine est un lâche mais il ne veut pas profiter de sa lâcheté : il la subit et, d'une certaine façon, en est humilié. De la même façon, Lady Copland/Darrieux ne paraît pas aussi éblouie et rendue folle par la passion charnelle que subit la comtesse Serpiéri/Valli.

Il y a trop de flou, dans ce film. Lady Copland, dans sa villégiature, est accompagnée par trois femmes : Mme Di Stefano (Marthe Alycia), vertueuse et ennuyeuse et sa jeune fille (13 ans ? 14 ans ?) Mariette (Romina Power), relations de voyage et de séjour ; et plus singulièrement par Stéphanie Georges (Léna Skerla), dame de compagnie (?) de Mme Di Stefano et vraisemblablement amante lesbienne de Lady Copland ; mais tout cela est furtif et implicite et le relations entre les quatre femmes ne sont jamais clairement exposées.

Un soir, pendant un concert classique dont le pianiste (Even de Tissot) donne des vapeurs à toutes ces femmes sans hommes (nous sommes pendant la guerre, l'avez-vous oublié ?), une terrible averse survient. Lady Copland, saisie par l'orage se réfugie au casino du lieu et, fascinée, s'émerveille de la beauté de Thomas Leine. Je suis à deux doigts d'écrire qu'il s'agit là d'une réaction maternelle (non érotique) : à un moment on apprend que la belle dame a perdu, bien des années auparavant, son fils unique. De là à penser que…

Naturellement, comme une femme mûre qui sent que ce sont là les derniers moments où elle pourra séduire – ou plutôt ressentir le dieu des corps – et qui retrouve dans son bel amant l'enfant qu'elle n'a pas vu grandit, Lady Copland se donne dans une relation, dans une aventure où la réalité n'a plus de prise. Plus elle tente de croire qu'il peut y avoir un retour en arrière dans sa vie sentimentale et que son provisoire amant va se conformer à ce qu'elle souhaiterait qu'il redevienne, plus elle sent qu'il fuit : il la roule, il lui ment, il la gruge.

Bien voilà, c'est fini : tout le monde retourne à Paris. Lady Copland égrène, à la fenêtre du wagon, ce brin de bruyère qui symbolise aussi la fin de sa vie amoureuse, et davantage, de sa vie de femme. De sa vie, tout simplement.


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