Survivre – The Deep (2012), co-écrit, réalisé et co-produit par le réalisateur islandais Baltasar Kormakur, rend à son terme hommage aux pêcheurs d'Islande, dont il décrit l'environnement social au travers d'un drame lié à un naufrage de chalutier. Alors que la science estime que la survie en eaux glacées ne peut dépasser vingt minutes, le pêcheur Gulli nage pendant six heures dans une eau à deux degrés avant de rejoindre la terre ferme. Le récit repose sur des faits réels qui se sont produits en 1984, aux alentours de Heimaey, port de 4 000 habitants, localisé sur les iles Vestmann, partie sud de l'Islande. Alcool, bagarres dans le bar local, tabac, rythment le quotidien monotone des habitants, qui travaillent tous autour de l'activité de pêche permettant simplement de survivre. Vent glacé, froid constant, soleil aléatoire, créent un environnement inhospitalier. Les habitations sont des refuges de bien-être ou la vie de famille, le bonheur individuel peut se développer. La musique, les jeux, la lecture, chez soi, avec la compagnie d'un chien apportent réconfort et chaleur. Le clergé crée un ciment social et oriente la moralité, l'esprit de corps des habitants.
La trajectoire de The Deep est directe, le film d'une durée de 89 minutes avance à toute vitesse, enchaînant rapidement les péripéties, doublées en terme d'écriture cinématographique, d'analyses et de synthèses, à partir de plans simples et efficaces, sans recours à des effets spéciaux. On a affaire à un mélange de (hyper)réalisme social, de poésie, et de fantastique. La musique de Ben Frost et Daníel Bjarnason intègre ce récit dans cette atmosphère particulière de bout du monde, oscillant entre enfer ou paradis selon les instants. Des thèmes et idées sont creusés en quelques instants, autour des rapprochements et des éloignements physiques et psychologiques de personnages. On comprend que le personnage principal, sorte de gros nounours paisible et simple, n'a rien du héros, ce qui rend d'autant plus intrigante son aventure. On peut ne pas aimer ce film, on peut apprécier la mise en scène, la photographie et l'interprétation, et qualifier ce film de réussite exceptionnelle (et inattendue). On y trouve un style original, un suspens, des surprises, de l'émotion, de la réflexion sur l'environnement local, et par extension sur l'humanité toute entière.
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