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Chef-d'œuvre !


De Steve Mcqueen, le 4 août 2014 à 20:48
Note du film : 5/6

Le duel à winchester mouchetée entre Arca et vincentp me fait penser au duel à trois concluant Le bon, la brute et le truand, Impétueux jouant le rôle de Clint Eastwood, observant les deux hommes d'un oeil à la fois intéressé et dépassionné ! Voilà en tout cas un échange passionnant, érudit, stimulant…

Concernant Le grand silence, c'est une oeuvre à la fois emblématique et qui détonne dans le paysage -aride- du western italien. Emblématique car on y retrouve les ingrédients traditionnels : violence sanguinolente aux frontières du sadisme (ici on flingue, on brûle, on fait sauter les doigts à coup de colt), musique atypique (toujours du maestro Morricone) tour à tour ample ou minimaliste, lyrique et épique, personnages peu loquaces dont les colts semblent être un prolongement, une expression de leur pensée (particulièrement ici, Jean-Louis Trintignant y étant muet). Atypique car Le grand silence , et surtout son finale, pur reprendre le terme d'Arca, est empreint d'un nihilisme froid, désespéré, en totale adéquation avec le ton, violent et dénué de concession, du reste du film. Même dans le cadre du western spaghetti, genre outrancier et sans barrière s'il en est, cette conclusion est à part, différente. Atypique car le film réserve, entre deux flambées de violence, deux éclats de chairs, une séquence intime et tendre entre Pauline (Vonetta McGee)et Silence (Trintigant), séquence filmée par Corbucci avec un tact que je ne lui connaissais pas. Atypique car le cadre, enneigé, sous la glace duquel palpitent les haines, est inhabituel.

Concernant la polémique entre les admirateurs du western américain traditionnel et ceux du western italien, j'ai du mal à me prononcer. Le western spaghetti, érigé sur les cendres du western américain, a palpité pendant une vingtaine d'années, puis s'est brusquement éteint, phagocyté par les outrances, les redites, la lassitude du public, au début malléable, puis plus circonspect. Il est indéniable que les cinéastes italiens ont influencé les américains, ces derniers peuplant dans les années 70 leurs films de personnages mal rasés, cupides et violents. Il suffit de regarder Les Charognards pour s'en convaincre. Néanmoins l'appât de l'or irriguait déjà Le jardin du diable d'Hathaway, l'ambivalence des personnages déjà était palpable dans L'homme aux colts d'or de Dmytryck', le mythe du cow-boy valeureux était déjà mis à mal par Burt Lancaster dans Vera Cruz d'Aldrich

Ce que je retiens du western spaghetti, ce sont principalement les trois Sergio (Leone, Sollima, Corbucci, dans l'ordre). Leone car ses films sont regardables à l'infini et jusqu'au bout des temps, grâce à leur tempo alternant contemplation et brutalité, grâce à la musique à tomber par terre de Morricone, grâce à Clint Eatswood, encore et toujours Clint. Ce sont des films qui ont échappé à leur réalisateur génial et visionnaire pour entrer dans le patrimoine cinématographique mondial.

Sollima pour Colorado et surtout Le dernier face à face, d'un classicisme épuré étonnant, doté d'un scénario aux accents politiques (la violence d'un seul homme est stérile, celle de 100 hommes est destructrice, celle de 1000 hommes renverse l'ordre établi) et engagés toujours efficaces et porté à bout de bras par les magistraux Gian Maria Volonte et Tomas Milian.

Corbucci pour Le grand silence, pour ses outrances, son baroquisme teinté de fantastique, sa violence sanguinaire..

Sans oublier El chuncho de l'inégal Damiano Damiani, où semble tangible l'arête des cimes de sables, le souffle froid du désert, la furia révolutionnaire…

Je pense que le western italien a constitué le sublime embrasement d'une étincelle, tarie dans l'excès, contrairement au western américain qui ne cesse de se renouveler, de la revendication salutaire de Danse avec les loups à la démythification d'Impitoyable, sous oublier le beau classicisme d'Open Range, limpide retour aux sources…


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De Arca1943, le 25 mai 2011 à 16:22
Note du film : 5/6

Heureux de voir que l'influence bénéfique de Jarriq, VincentP et moi-même a pu décider Impétueux à ce visionnement incontournable (Quel finale, quand même !). Il lui reste maintenant à vérifier le parallèle que certains – Jarriq notamment – y voient avec Goyokin… eh, eh, eh (rire du méchant qui vient de piéger le héros)…


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