Forum - Mud - Sur les rives du Mississippi - De belles promesses de la part de Jeff Nichols
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Forum : Mud - Sur les rives du Mississippi

Sujet : De belles promesses de la part de Jeff Nichols


De vincentp, le 20 mai 2013 à 23:55
Note du film : 4/6

4,2/6. La vie ordinaire des sans-grades des Etats-Unis (Arkansas), les fêlures de l'âme humaine, la découverte du monde et de ses lois par deux adolescents de quatorze ans. Des thèmes bien entremêlés et bien traités. La mise en scène, le scénario, la photographie, l'interprétation et la musique de Mud sont de belle qualité. Mais ce long-métrage réalisé par Jeff Nichols ne me semble pas complètement optimisé.

Le film est trop long, obéit à certaines conventions scénaristiques, se perd dans quelques méandres inutiles et comporte des erreurs (le choix de la musique finale par exemple, qui contredit les idées abordées l'instant d'avant). Nichols débute sa carrière, subit l'influence de cinéastes tels que Malick, Lynch et d'autres (j'ai pensé à Affliction à certains moments) et n'a visiblement pas encore complètement trouvé son style personnel, ou n'a pas encore atteint sa plénitude. Très subjectivement, c'est l'interprétation de Sam Shepard, époustouflant de naturel, qui m'a le plus marqué. Cet acteur est exceptionnellement performant…


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De DelaNuit, le 24 juin 2013 à 17:50
Note du film : 5/6

Vu Mud au cinéma, une nouvelle incursion dans le sud profond des Etats-Unis, après le récent Paperboy, avec le même acteur : Matthew McConaughey.

Parcours initiatique de deux gamins errant sur les bords et les eaux du Missippi, bricolant de ci de là, lorgnant sur les filles et découvrant soudain sur une île paumée un type en cavale, Mud, tellement attirant dans sa rupture avec la société et son histoire d’amour fou pour une fille qui l’attend quelque part… mais aussi ambigu et dangereux.

A son contact, les gamins brûlent les étapes, deviennent de petits hommes, se mettent en danger, et découvrent que dans la vie, rien ni personne n’est tout noir ou tout blanc, mais plutôt aussi beige que la vase et la boue de l’omniprésent Mississippi. Et pourtant, ils apprennent aussi l’importance de choisir son camp. Les relations entre les humains sont âpres. On parle peu mais on ressent profondément les choses. Il y a les rapports de force et de pouvoir, la quête de l’argent ou seulement la survie, et puis tout ce qui peut permettre de rêver pour sortir de la fange : les filles, un bateau… Hommes et femmes y forment deux catégories distinctes qui se côtoient, se désirent l’un l’autre mais ne se comprennent pas. Les enfants regardent tout cela sans juger mais en essayant de se créer leur place, leur monde au milieu des adultes.

Le fleuve est magnifique, quelle que soit la lumière. Ses affluents serpentent entre les îles en un labyrinthe qui débouche soudain sur son cours majestueux. Le film sait se montrer contemplatif et envoûtant mais juste ce qu’il faut. Sur ses rives, point de palais à colonnades sortis d’Autant en emporte le vent. Le sud de Mud est plus proche de L'homme à la peau de serpent que de Scarlett… C'est le terrain des bandes armées prêtes à lyncher celui qui sort de la norme et se rebelle contre le pouvoir établi. C’est la misère d’une population qui, comme elle peut, tire de l’eau sa subsistance où y trouve la mort, par noyade ou morsure de serpent…

Le Mississippi, c'est le « Vieil homme fleuve » ou « Père des eaux », comme l’appelaient les indigènes, comme le surnomme encore la fameuse chanson « Old’Man River » tirée de Show Boat. Comme dans la chanson, il s’écoule majestueusement, comme indifférent aux souffrances et questionnements de ceux qui triment ou vivent tant bien que mal sur ses rives.

Dans la vase du Mississipi, on s’enlise et on crève. On s’invente des histoires auxquelles on s’efforce de croire pour se donner la force d’espérer. C’est le retour au bouillonnement de l’eau primordiale, eau de vie, eau de mort… Pour Matthew McConaughey dans Mud comme pour Ava Gardner autrefois dans Show Boat, l’Old Man River renvoie entre ses remous un reflet qui fait mal, celui des rêves perdus. Mais pour qui sait trouver la force et le chemin entre ses méandres, le lieu de perdition peut aussi se muer en lieu de rédemption…


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De spontex, le 13 juillet 2013 à 00:53
Note du film : 6/6

Un joli film sur l'adolescence, sur l'interdit, sur les relations amoureuses en cavale. On pense à Stand by me, à True Romance. Le point de vue des enfants sur des faits illégaux est relativement rare au cinéma. Comme dans Un Monde parfait, le criminel se lie d'amitié avec ces Tom Sawyer en chair et en os. La Nuit du chasseur et même Du Silence et des ombres ne sont pas loin. La scène de fusillade, à la fois comique et dramatique, vient contrebalancer le fait qu'un pistolet est l'objet de convoitise des enfants tout au long du film. Le parallèle entre les deux relations amoureuses est intéressant, notamment dans la communication entre hommes et femmes, également problématique entre les parents du héros.


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De Nicoco, le 25 avril 2014 à 15:06
Note du film : 4/6

Un film récent déjà très commenté sur ce forum, c'est je crois qu'il avait été remarqué à sa sortie. Le précédent film du réalisateur, Jeff Nichols une prochaine valeur sûre à Hollywood dit-on, Take Shelter ne n’avait pourtant fait ni chaud ni froid, non pas qu’il était dépourvu de qualité, mais parce qu’il lui manquait un certain souffle.

Je continue pour ma part de découvrir ce très bon acteur américain, Matthew McConaughey, qui en plus d'une belle gueule, a le mérite de jouer comme il se doit.

Ce film est un conte initiatique qu’il faut prendre comme tel en se laissant porter par le récit de ces deux adolescents qui découvrent, avec leurs yeux innocents, les perversions, les compromissions, les tourments de l’âge adulte. C’est tout de même une impression de déjà vu qui gâche un peu mon sentiment général.

Je dois aussi avouer que j’ai cru jusqu’à la dernière seconde du film que ce « Mud » n’était en réalité qu’une figure imaginaire, compagnon solitaire, idéal mais fictif, des deux adolescents. Ainsi Ellis se fait mordre par un serpent vénéneux, de la même manière que Mud lorsqu’il était enfant ; les personnages « méchants », les chasseurs de prime, sont grossiers, caricaturaux, et la scène de la fusillade est tellement rocambolesque, que j’ai été conforté dans l’idée que ces événements n’étaient en réalité que le fruit de l’imagination des deux adolescents, en quête d’aventure, et à la découverte d’un monde qu'ils approchent, celui des adultes.

Finalement ce n’est pas ça, ou plutôt ce n'est pas avoué explicitement. Et là réside ma déception : car ce que je croyais comme une intention du réalisateur n’en n’est pas une. Il faut bien regarder Mud véritablement comme un conte, qui laisse au spectateur le loisir de choisir ce qui lui semble véridique dans cette histoire.


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De Arca1943, le 26 janvier à 14:05
Note du film : 5/6

C'est un peu l'amère histoire du Messager transposée sur les rives du Mississippi, tout en culminant – avec le moins d’esbroufe possible, ce qui de nos jours est fort appréciable – sur un affrontement meurtrier, que l'on voyait un peu venir (mais pas trop), vu la présence de "tronches" iconiques comme Sam Shepard en tireur d'élite à la retraite et Joe Don Baker en chef d'une famille de criminels.

Le Mississippi est plus photogénique que jamais, les deux interprètes des jeunes garçons témoins des vicissitudes et des désillusions du monde adulte sont excellents, le mystère et l'aventure planent de plaisante façon. En outre, le jadis falot et superficiel Matthew McConaughey s'est vraiment amélioré et Reese Witherspoon est franchement étonnante dans ce rôle peu glorieux d'inconstante porte-poisse, dans une clé sans apprêts rappelant ses consœurs des années soixante-dix, telles Tuesday Weld ou Sissy Spacek.

Un très bon film, où je ne me suis pas ennuyé une seconde.


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