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Sujet : Elsa, Mathieu et Ariane..


De Tamatoa, le 30 mars 2013 à 01:32
Note du film : 5/6

Il en du en voir des films, Xabi Molia. Il a du en passer des heures dans l'intelligence des salles obscures. Et il a du mérite, Xabi Molia, car elles ne le sont pas toutes, intelligentes. Il a du en voir des merveilles à jamais imprégnées dans son esprit trentenaire pour nous servir pareil miracle, véritable patchwork de tant de magnificences cinématographiques. Comme elle est belle Julie Gayet, dedans, dehors, et dehors. Comme elle porte bien ce rôle de paumée mal-aimée jusqu'à ce que… Jusqu'à ce que, il s'appelle Denis Podalydès et il est éblouissant de vérité dedans, dehors, et dehors. Parce que dehors, ils le sont tous les deux. SDF, fauchés, vivants de petits boulots et rêvant de châteaux en Espagne au bord d'un lac presque aussi sale qu'eux. Elsa et Mathieu, puisqu'il faut bien appeller un chien un chien, malgré les autres qui s'en foutent , ont quand même la rage. Pas celle de Pasteur, celle de Vivre.

Sourires de façade, repas de fortune, hébergements provisoires et pas très rassurants sont leur lot quotidien. Ils se croisent, se décroisent, et se retrouvent pour mieux et encore se quitter. Ils sont chacun le fil d'Aiane de l'autre dans une société qui est ce qu'elle est : Tout sauf humaine. Manque de bol, eux le sont, humains, et jusqu'aux bouts de leurs ongles pas toujours très nets. Mais il n'est point besoin de pédicure pour faire des sondages dans la rue, ou laver des bus au black pendant la nuit. Et puis le lac est là, presque purificateur. Un lac, la tendresse, les lueurs dans le soir et la chaleur d'un café. Ou encore l'amour qu'Elsa porte à ce petit garçon qu'elle ne voit plus puisque des juges ignorants lui permettent d'approcher que très peu le fruit d'un amour aujourd'hui pourri comme son existence. Elle fait pourtant pour le mieux, Elsa. Elle se lave l'âme et le corps du mieux qu'elle peut. Et chaque goutte d'eau cherchant son chemin sur sa nuque divine est aussi belle que cette volonté qu'elle déploie face à ceux qui s'en foutent toujours. Elle est merveilleuse, Elsa. Tellement délicieuse que Mathieu, déjà bien timide, prendra cette habitude déconcertante de s'éffacer devant son sourire et les turbulences de ceux qui ne cessent de s'en foutre encore…

Pourtant, ils semblent tous deux si légers devant le drame permanent de leur vie. Et ce n'est pas triste de voir ces deux êtres, si beaux, si grands dans leur défaite, renoncer au misérabillisme pour mordre dans ce qui ne leur appartient plus : L'espoir. Parce que c'est la leçon de ce film : Espérez ! Espérez toujours et vous quitterez forcément un jour cette terre sauvage dans laquelle les circonstances vous ont poussé. Se promener avec dans ses bras la dernière plante que sa mère lui a laissé avant de mourir, lui parler comme elle parlerait à ce fils qui lui manque tant, pendant que Mathieu sonde encore et encore les gens qui s'en foutent davantage, voilà une conjoncture héritée d'un destin qui a bien la tête ailleurs. Mais elle semble ne pas avoir de rancune, Elsa. Elle est belle de partout, avant d'être pauvre. Mais pas de voyeurisme dans ce film ! Pas de larmes. Pas même un découragement qui ferait bien dans le cadre. Juste bien entendre quelques soupirs qu'elle rend sensuels avant que d'être résignés. Et surtout pas de crocodiles nous soufflant des larmoiements imbéciles sous prétexte que le cinéma, c'est beau. Rien que la route. Le chemin tortueux d'un labyrinthe habité par trop de ces gens qui s'en foutent toujours. Mais aussi la beauté d'un fil, connu d'eux seuls. Ce fil lumineux que les autres ne voit pas. Trop occupés à s'en foutre. Et pourtant…De cabines téléphoniques désespérantes, en baignades décrassantes dans des lacs qui ont renoncé à être miroirs, de caresses furtives comme le veut l'avenir trop incertain, en sourires enfin vrais, la route se fera, petit à petit, un peu plus droite chaque jour. Rendant Elsa et Mathieu, Julie Gayet et Denis Podalydès, puisqu'il faut bien appeller Un homme et une femme par leur nom, à un monde qui ne s'en fout plus… Comme ils sont beaux, serrant fort entre leurs mains un bout de ce fil que n'ont pas la chance de voir tous ceux qui se perdent..

Et debout ! Encore et toujours. Huit fois debout  !


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De Commissaire Juve, le 30 mars 2013 à 23:59
Note du film : 3/6

Film d' "horreur sociale", dur (pas aussi brutal que Rosetta, mais… bonjour la détresse), désespérant, faussement "drôle". Quel plaisir peut-on avoir à être spectateur de ce genre d'histoire ? Typiquement le genre de film que l'on trouve "formidâââble" lorsqu'on est à l'abri. Je n'en conteste pas la qualité artistique, mais je le reverrai lorsque je paierai de nouveau des impôts.


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De Tamatoa, le 31 mars 2013 à 03:21
Note du film : 5/6

Typiquement le genre de film que l'on trouve "formidââââble" lorsqu'on est à l'abri. Quel plaisir peut-on avoir à être spectateur de ce genre d'histoire ? Je le reverrai lorsque je paierai de nouveau des impôts.

Révérence parlée, vous avez conscience que c'est un ramassis de conneries, ça ?? Parce que vous me faites douter : J'ai été voir le voleur de bicyclette à l'époque oû je chevauchais une Kawa 750 ! Faut-il que je la revende et que j'achete un vélo, de préférence chez Emmaüs, pour revoir ce film ? Les Chiffonniers d'Emmaüs que j'ai visionné en me goinfrant de foie gras d'ailleurs ! La prochaine fois, je mangerai des pieds paquets, juré !


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De Commissaire Juve, le 31 mars 2013 à 14:56
Note du film : 3/6

Faudrait apprendre à lire… qui parle d'acheter un vélo ? Explication de texte : en ce moment, je suis dans une période "sous-salarié" et…"Huit fois debout" n'est vraiment pas le genre de spectacle que je prends plaisir à voir. Mais alors, pas du tout ! Je ne suis pas maso.


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De Tamatoa, le 31 mars 2013 à 17:40
Note du film : 5/6

Mais j'ai parfaitement compris que vous étiez dans une situation précaire, et je le déplore, croyez le bien. Mais si je vous lis bien, on ne regarde pas le Le petit monde de Don Camillo parce qu'on est athée, on ne voit pas Intouchables parce qu'on est dans un fauteuil roulant, on renie Les bronzés font du ski parce qu'on ne peut pas se payer un séjour à la montagne, on ne voit pas Amour parce qu'on est encore jeune ou La femme du boulanger parce qu'on aime pas la fougasse ?

Bon : Je retire le mot conneries, mais Huit fois debout est plutôt un film qui vous donne le "peps" pour vous en sortir, non ?


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De Commissaire Juve, le 31 mars 2013 à 17:43
Note du film : 3/6

Pas vraiment. Il me rappelle surtout qu'il est possible de tomber un peu plus bas encore. Pas du tout réconfortant. Carrément flippant, même.


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