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Sujet : Malaise en Malaisie..

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De Tamatoa, le 26 mars 2013 à 00:39
Note du film : 4/6

En Bahasa Melayula, le dialecte Malaisien le plus répandu, un Amok désigne un meurtrier. Ou plus foncièrement, l'état d'esprit d'un meurtrier. Je précise cela, parce que pour qui n'est pas quelque peu familier des différents dialectes Malais (et le Polynésien en est un), il n'est jamais dit clairement dans le film, ce qu'est un Amok. Cela étant posé, je me suis régalé en découvrant cette œuvre qui, de part sa conception, rappelle beaucoup l'excellent Il est minuit, docteur Schweitzer dont l'action, pourtant, se déroule au Gabon. Les prémices du cinéma parlant sont bien là, avec leurs lot de dialogues assez incertains, leurs décors merveilleusement carton-pâte, et leurs acteurs aux déclarations emphatiques. La pluie ne cesse de tomber sur ce drame très exotique mais néanmoins touchant. La pluie en Malaisie est une constante immuable comme l'étain qui offrit à cette contrée longtemps Portugaise, sinon sa fortune, du moins sa longévité.

La délicieuse Marcelle Chantal, s'offrant quelques fois des airs de la divine Garbo sans jamais en atteindre la beauté, (on a rarement vu morte plus désirable sur son lit), le théâtreux et doyen de la Comédie Française Jean Yonnel qui ne laissera de côté la tragédie, en fin de vie, que pour Monsieur Mocky et son Drôle de paroissien, un Jean Servais timide et encore très maladroit, qui, la même année voulait tant de bien à Angèle, et Valery Inkijinoff, débutant aussi mais déjà si mystérieux, forment tous les quatre les chevilles ouvrières de ce film fort bien tourné, surtout avec les moyens du bord de l'époque. L'histoire de cet amour avorté, c'est le cas de dire, entre cette belle amante et ce médecin aux rêves démesurés nous prend aux tripes, sur fond de bouge, de mines patibulaires, de fièvres, de malaria et des refrains pessimistes de la grande Fréhel. L'océan est là, en permanence, soit pour permettre aux hommes d'en finir, soit pour les consoler de ce qu'ils vivent, ou les transpercer plus encore de leurs rêves inassouvis. Il n' y a qu'en Asie que l'océan nous parle comme cela…

L'humidité ambiante rend plus denses encore et plus étouffants les sentiments exacerbés et torrides. Et Amok, ce n'est que ça. Les dérives d'un homme, qui renie son serment fait à la déesse médecine, pour l'amour d'une femme. Il deviendra Amok, dépassé par sa passion dévorante pour une femme adultère, mais connaitra aussi la rédemption, surmontant son Amok dans une dernière lueur de raison..J'ai vraiment beaucoup aimé ce film et la façon un peu outrancière dont les protagonistes portent l'anecdote (ça n'est guère autre chose) à son paroxysme.

La fin de cet amphigouri pathétique est vraiment très beau. Il ne pourrait pas l'être autant aujourd'hui, par trop de modernisme. Konstantin Mardjanichvili, en 1927, en avait réalisé une première mouture, muette, que j'imagine encore plus grandiloquente. Et je ne sais pas si le remake de Joël Farges, tourné en 93, a pu rendre ce côté sacrifice et désespoir comme pour la réalisation de Fédor Ozep. Amok, 1934, c'est du "vieux", du très "vieux" et pourtant naissant cinéma, où tout est exagéré, démesuré, et sentencieux . Malgré celà, et pour cause de manque de moyens, les pavés de la rue ressemblent aux pavés de la rue à côté qui, elle même, est la jumelle de celle empruntée deux minutes avant. Même la pluie provient très clairement de la même lance de pompier que dans le plan précédent. Les lueurs de droite sont identique aux lueurs de gauche. Les murs balancent sous le vent des gros ventilateurs. Les ballets Ngajat ravissent le touriste avant que Fréhel ne chante les marins à jamais partis, entre les grosses volutes des cigares de ceux miraculeusement rentrés à terre…

C'est charmant !


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De Pauley., le 26 mars 2013 à 08:30

1) Ce film n'était inédit ;ce dernier était déjà passé sur Classics. En 1934; ce n'est vraiment pas le début du parlant. On était déja à plus de 300 films.

2) On ne peut pas dire que le cinéma de minuit nous fait découvrir des films français de grande qualité artistique .

3) Je voudrais savoir l'audience pour cette diffusion de ce mélo…

  

Bien entendu, s'ils avaient un peu d'ambition, ils pourraient nous faire découvrir des films sans droits,tels Jérome Perreau, Nos maîtres, les domestiques ou Âme de clown.

Mais savent-ils seulement que ces films existent ? On peut se poser des questions sur leur savoir cinématographique de cette période française, riche en comédies : Hardi les gars, Azais, Gagne ta vie, Mon cœur et ses millions.

DÉCEVANT.


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De Tamatoa, le 26 mars 2013 à 17:13
Note du film : 4/6

1) Ce film n'était pas inédit : Ai-je prétendu le contraire ? Parcontre, je suis surpris de ne pas l'avoir trouvé, commenté par vos soins. Même si ce film vous semble décevant.

2) Ce n'est pas le début du parlant, il y avait eu 300 films avant. : Parce que 300 films, vous n'appellez pas ça un début ? Et puis il s'agit de ne pas confondre le parlant avec le cinéma sonore

3) Je voudrais savoir l'audience pour cette diffusion de ce mélo : Nulle ou quasi-nulle  ! Vu l'heure indue à laquelle Le cinéma de minuit est programmé !

4) C'est votre droit de penser que Le cinéma de minuit ne nous offre pas toujours des oeuvres de qualité (et vous n'avez peut-être pas tord) mais c'est aussi mon droit de me demander pourquoi vous n'éméttez jamais le moindre commentaire sur les films que vous citez à part nous dire qu'il sont ou non passés à la télé.


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De Pauley, le 26 mars 2013 à 20:04

Nous attendons avec impatience vos commentaires sur les rares films français, édités en DVD dernièrement. Ame de clown . Par dessus le mur

ou encore le superbe "Rapt " de Kirsanoff…


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De Impétueux, le 26 mars 2013 à 20:30

Ami Tamatoa, vous n'avez pas raison de vous colleter avec l'inénarrable Pauley, qui est tout à fait incapable d'avoir le moindre avis sur un film qu'il évoque, pour la bonne raison qu'il n'en a jamais vu un et qu'il va chercher sur Imdb ou ailleurs des titres oubliés de réalisateurs inconnus pour essayer de perturber le site.

J'ai été à deux doigts d'effacer son message idiot, alors que je me félicitais que vos insomnies (ou votre tempérament de couche-tard) vous aient permis de nous commenter magistralement cet Amok que j'ai malheureusement raté.

Laissez vagir ce Pauley/ qui éructe dans le désert de sa nullité et qui a toujours été incapable de donner un commentaire sur un film…

Et continuez de nous régaler !


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De Nicoco, le 26 mars 2013 à 23:20

Tamatoa, vous omettez d'indiquer que Amok est une nouvelle de Stefan Zweig écrite en 1922, que je viens justement de lire et dont le titre original est "Amok ou le fou de Malaisie".

Ce n'est pas la meilleure de Zweig, mais elle reste une lecture agréable sur la folie de l'homme et la passion amoureuse. Et toujours dans ce style simple, délicat, raffiné, élégant, propre à Zweig.


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