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Sujet : Washington en pleine forme, mais pas Jewison


De Arca1943, le 7 janvier 2012 à 05:02
Note du film : 3/6

Mon compatriote Norman Jewison a toujours eu un petit côté à la Stanley Kramer et Martin Ritt. C'est très loin d'être déshonorant – les trois ont signé d'excellents films – mais c'est une façon de dire qu'il lui arrive d'avoir le pied pesant ; et dirais-je, plus pesant avec l'âge.

Hurricane Carter vaut la peine d'être vu surtout pour l'interprétation pleine de fougue de Denzel Washington, aussi convaincu que convaincant dans ce rôle qui lui va comme un gant (un gant de boxe, bien sûr !). Techniquement très bien fait – comme toujours avec M. Jewison – le film m'a agacé par son ton édifiant, voire angéliste, à la limite du film de paroisse, particulièrement sa partie torontoise (malgré Deborah Kara Unger, que j'ai toujours eue à la bonne). On est bien loin de In the Heat of the Night, même si la présence de Rod Steiger (dans un bon jour pour sa courte mais vitale prestation de juge) établit un lien sympathique entre les deux films.

Et puis il y a cette manie de remplacer la réalité par l'affabulation, qui plombe selon moi un film où il est tant question de faits. Cette histoire de policier persécuteur à la sous-Javert n'existe pas, du moins pas comme racontée dans le film : le flic qui a si mal bouclé le dossier Carter n'avait jamais croisé le boxeur avant le triple meurtre, contrairement à ce qu'on raconte dans le film, et il ne pouvait pas non plus assister au crucial procès de 1986 vu qu'il est mort en 1979. Étant donné le type de film dont il s'agit, l'histoire d'événements réels, l'histoire de faits têtus qui finissent par triompher soit de la négligence (?) ou de la mauvaise foi (?) – à vous de choisir – eh bien on doit s'attendre à ce que ce film soit fait par des gens qui aiment les faits plus que tout, qui aiment la réalité et n'ont pas l'intention de la déformer inutilement par des inventions intempestives.


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De Arca1943, le 8 janvier 2012 à 03:59
Note du film : 3/6

Une nuance tout de même, quand je parlais du pied pesant de Norman Jewison. Il arrive aussi que ce soit juste efficace, comme dans cette scène où quelqu'un dit à Hurricane Carter : « Vous avez été trouvé coupable non par un avocat ou un juge, mais par un jury constitué de vos pairs ». Alors on voit les douze jurés blancs.


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De vincentp, le 8 janvier 2012 à 14:10

Il se trouve que j'ai vu plusieurs films réalisés par Jewison, dont Dans la chaleur de la nuit, Le kid de Cincinnati… C'est bien fait, mais pas exceptionnel (si l'on compare à ce qu'on pu faire les deux Sidney, Lumet et Pollack dans un registre assez similaire).


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De Arca1943, le 8 janvier 2012 à 20:47
Note du film : 3/6

Mais ce n'est pas surtout une question de signature, le cinéma – à plus forte raison le cinéma nord-américain – étant un art plus collectif qu'individuel. Les ratages signés Sidney Lumet existent aussi (Lovin' Molly par exemple, une catastrophe notamment à cause des maquillages et aussi pour d'autres raisons, The Last of the Mobile Hot Shots, etc). Il faut y aller film par film, et non en se basant sur le prestige des signatures. Ainsi In the Heat of the Night est un sommet, un monument, qui encore aujourd'hui prend aux tripes. On ferait aujourd'hui un film situé dans le Sud à cette époque, sur un thème similaire, qu'on ne trouverait pas grand-chose à ajouter. Parce que Jewison est un étranger (canadien), il a un côté "équipe B" comparé à Lumet ou Pollack, et se farcit plus souvent des commandes de luxe (L'Affaire Thomas Crown ou Rollerball, par exemple). Il est par contre meilleur que les deux autres dans la comédie (The Russians are Coming !, Moonstruck) et au début des années 70, il tient même haut le flambeau de la comédie musicale ! (Un Violon sur le toit qui est une vraie merveille, Jesus Christ Superstar qui paraït-il a beaucoup vieilli).

Cependant mon parallèle avec Ritt et Kramer me semble plus indiqué, car Jewison est connu pour ses "films de bonnes causes". Mais alors que lui et ses scénaristes déjouaient remarquablement les pièges inhérents à ce genre de film avec In the Heat of the Night, ils mettent parfois les deux pieds dedans avec Hurricane Carter (avec ses vertueux Torontois qui m'énervent).


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