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Sujet : Sujet fort, traitement puissant


De PM Jarriq, le 6 juillet 2004 à 20:07
Note du film : 4/6

Le seul vraiment bon film réalisé par Schrader, meilleur auteur que réalisateur. George C. Scott y est formidable en père puritain cherchant sa fille dans l'univers du porno. La scène où il la découvre dans un film "hard" et s'effondre sur son fauteuil, est inoubliable ! Ses rapports avec une jeune strip-teaseuse qui l'aide dans sa quête sont également très prenants. Je serais étonné que ce film ait vieilli, tant son sujet et le traitement scénaristique étaient puissants.


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De verdun, le 28 novembre 2011 à 22:07
Note du film : 5/6

Etrange thriller de moeurs dont l'argument fait penser … au Voyage du père de La Patellière avec Fernandel: un père de famille replié dans ses traditions part dans la ville moderne à la recherche de sa fille disparue et découvre avec horreur que sa fille tourne dans des films pornographiques- dans le film français le père découvrait que sa fille se prostituait.

Je n'ai pas trouvé le film daté malgré un ralenti peu inspiré à la fin. En revanche, le seul aspect discutable du film est peut-être ce mélange de fascination et de répulsion pour la pornographie qui brouille un peu le message. Mais ce qui est intéressant est la lutte indécise entre le puritanisme et la pornographie. Le puritanisme est-il vraiment la meilleure solution ?

En tous cas il s'agit d'un film très prenant, servi comme souvent par une superbe interprétation de Monsieur George C Scott.


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De vincentp, le 22 juin 2015 à 23:59
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Hardcore est un très curieux film de Paul Schrader, tombé dans l'oubli -comme son réalisateur-, ou bien dénigré ci et là sur internet, …pour de bien mauvaises raisons. Ce film, en partie autobiographique, est un portrait remarquable de la société nord-américaine de la fin des années 1970 : il cerne bien l'état d'esprit de la communauté luthérienne locale (issue d'une immigration des Pays-Bas), festive, rigoriste, un brin hypocrite, repliée sur ses traditions et une vie qui tourne en rond, confrontée à un environnement extérieur urbain rude et agressif.

Le point de vue de Schrader est relativement indéfinissable, le cinéaste -à la fois scénariste et metteur en scène- adoptant un ton distancié (déroutant) présentant des points de vue très différents sur des sujets de son époque très variés, sans réellement prendre partie, laissant le spectateur seul juge. La photographie de la ville enneigée, les décors urbains intérieurs et extérieurs, la direction d'acteurs, la musique d'une grande finesse, créent une histoire réaliste, prenante, source de réflexion. Un remarquable film d'auteur des années 1970, comme il y en eut beaucoup.


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De Impétueux, le 23 juin 2015 à 10:23

Hummmm, Vincentp, petit point de détail…. Si elle est issue des Pays-Bas, la communauté dont vous parlez n'est pas lutherienne, mais calviniste…

Je me souviens avoir vu le film à sa sortie, y avoir trouvé de l’intérêt, mais pas beaucoup avantage.


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De vincentp, le 23 juin 2015 à 22:21
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Caliviniste, oui. Je connaissais ce film, l'ayant vu il y a vingt ans. Le ton distancié de Schrader, qui rappelle celui de Robert Bresson (?) est original. D'autant plus original que le propos en soi n'est pas très clair (ceci s'explique par le parcours de l'auteur) : cela peut être perçu comme une qualité ou un défaut. Ce qui est intéressant dans ce film, c'est la confrontation des points de vue et le choc des cultures totalement antagonistes.

Le style de ce cinéaste, auteur d'excellents scénarios au demeurant (The Yakuza, Obsession, Taxi driver), peut plaire ou non. J'apprécie ce cinéma posé, ambitieux, réfléchi et sans effets ronflants de mise en scène. Il est amusant de constater que Schrader à pour maître à penser Bresson et Ozu. Il y eut une émulation dans le cinéma américain au cours des années 1970, qui a produit un nombre considérable d’œuvres de qualité. La décennie suivante fait pâle figure à comparer.


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De droudrou, le 24 juin 2015 à 07:43

Grand dommage à la lecture du résumé et des diverses critiques j'aurai volontiers investi dans le dvd mais son prix prohibitif sur Amazon réfrène mon envie!…


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De vincentp, le 24 juin 2015 à 11:25
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Oui, moi j'ai le choix entre 18 000 titres pour 61 euros annuels, via 5 dvd empruntables pour 3 semaines.


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De droudrou, le 24 juin 2015 à 14:01

c'est là que l'on mesure toute la pauvreté d'une bourgade rurale de 586 habitants en constante perte de vitesse depuis un quart de siècle où la notion de culture (sauf celle des tomates et poireaux dans le jardin…) est très relative voire inexistante tant au niveau des élus qu'à celui des natifs consanguins issus des générations passées. Une bibliothèque municipale aux services très limités à l'égal de la responsable des lieux. Les jeunes comme les anciens n'éprouvent aucune attirance pour le cinéma, la lecture, le théâtre ou la musique. Le plus grave : aucune curiosité intellectuelle ou épicurienne…


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De vincentp, le 24 juin 2015 à 15:55
Note du film : Chef-d'Oeuvre

C'est là la loi immuable de la ville et de la campagne. Difficile d'avoir à la fois légumes frais et dvdthèque mastodonte à proximité. A la ville, nous rêvons de carottes, haricots, tomates, poireaux qui ont du goût.


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De DelaNuit, le 24 juin 2015 à 16:29

Ici à Nantes nous avons un lieu qui fait à la fois librairie, vente de dvd, bar et petite restauration de qualité avec régulièrement des animations autour de la culture. C'est lieu magique qui s'appelle Les bien aimés, et qui est situé en plein centre ville, rue de la paix. D'ailleurs je devrais aller en parler sur le fil de ce film. On ne sait jamais, pour ceux qui passent par la ville de Jacques Demy et de Jules Verne


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De droudrou, le 24 juin 2015 à 16:43

Bénissez-moi mon père car je n'ai pas pu résister à la tentation !… Je connaissais par les informations un artiste Nantais qui se prénommait Jean-Marc et possèdait un Combi Volkswagen véhicule avec lequel il aimait sillonner les routes Germaniques pendant ses vacances… Mea culpa mea maxima culpa ! Amen ! Là nous avons fortement dévié du sujet initial…


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De DelaNuit, le 24 juin 2015 à 17:03

Ma foi, nous n'avons pas dévié tant que cela puisque le sujet du film est justement la déviance : en l'occurrence celle d'une jeune fille de bonne famille puritaine bifurquant vers la prostitution. Notre déviance à nous est bien innocente comparée à la sienne…


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De droudrou, le 24 juin 2015 à 19:59

Puisque nous n'avons pas dévié, ce mercredi matin ce même immense acteur aurait déclamé ces instants de la célèbre pièce de Michel Audiard "arrête de parler la bouche pleine quand tu es sur écoute !" écrite en collaboration avec notre ami SteveMcQueen

Bon appétit, messieurs ! – Ô ministres intègres ! Conseillers vertueux ! Voilà votre façon De servir, serviteurs qui pillez la maison ! Donc vous n'avez pas honte et vous choisissez l'heure, L'heure sombre où la Grêce agonisante pleure !

On se croirait écouter La belle Hellène de Jacques Offenbach…

Chut ! Spontex nous écoute !…


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De vincentp, le 27 juin 2015 à 00:14
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Parmi les traits amusants de ce film, une allusion à Antonioni émise par le personnage-metteur scène du film crapoteux à son assistant.

Parmi les qualités de ce film, le suivi psychologique et physique des personnages (par le choix des plans, très performant). Egalement l'emploi de la musique qui génère une perception mentale dans l'esprit du spectateur, en début de séquence, et en quelques secondes : discret et efficace.

Finalement, on se dit que le cinéma n'est pas si compliqué que ça…


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De verdun, le 29 juin 2015 à 22:23
Note du film : 5/6

Un très bon film sur un thème classique: le père de famille qui découvre que sa fille a choisi une voie professionnelle sordide. Cf Le voyage du père avec Fernandel.

Outre les qualités relevées par Vincentp, signalons une des dernières grandes interprétations deGeorge C. Scott.

Un film à la force intacte.


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