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Forum : Décès de C. Chabrol

Sujet : Avis


De Impétueux, le 12 septembre 2010 à 13:33

Que de mauvais films, tout de même, sur la septantaine tournée ! Bien plus de mauvais que de bons, de mauvais ou d'insignifiants…

Mais au moins deux merveilles parfaites, La femme infidèle et Le boucher… et quelques pépites… Que la bête meure, Violette Nozière, Poulet au vinaigre, Merci pour le chocolat

C'est tout de même plus honorable que du Mocky


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De fretyl, le 12 septembre 2010 à 13:45

Mes Chrabrol préférés dans l'ordre : d'abord Le boucher, s'en suit toujours avec Jean Yanne, Que la bête meure, la sombre Cérémonie, les austères Noces rouges, la tragique Une Affaire de femmes, le fuligineux Juste avant la nuit, le ricanant Docteur Popaul et Nada sorte de parodie du cinéma politique de l'époque…

J'attends toujours de voir Les Innocents aux mains sales.


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De Arca1943, le 12 septembre 2010 à 17:29

Grand cuisinier du cinoche, spécialiste du noeud de vipères. Pour moi tout un pan de son oeuvre est une contribution originale au cinéma dit de genre, car avec Chabrol on nage souvent dans les eaux du murder mystery, du roman policier (même si on n'y trouve pas forcément de flics). Identifié à ses débuts à la Nouvelle Vague, on voit bien vite que c'est à tort parce qu'il aimait de toute évidence raconter une histoire, nouer et dénouer des intrigues. Voilà pour le Chabrol typique mais il y a aussi l'atypique : contribution originale au cinéma fantastique avec l'étonnant Alice ou la dernière fugue, ou au récit anthropologique avec le magnifique Cheval d'orgueil ou le thriller politique, rocambolesque mais où on ne s'ennuie pas une seconde, avec Nada.

Il y a quelques Chabrol que j'ai trouvés carrément épouvantables. Pochades pas drôles avec La Route de Corinthe et Docteur Popaul, policier croulant sous la prétention philosophico-freudienne avec La Décade prodigieuse, série B filandreuse avec Les Liens du sang (son seul film canadien !). Je n'ai pas vu Docteur M avec Alan Bates mais il paraît que je n'ai pas raté grand chose.

Dans la série de ses récits policiers, seuls quelques-uns m'ont carrément déplu, en raison de leur caractère artificiel, de leur ton forcé : au milieu des années 70, on touche un peu le fond avec Les Innocents aux mains sales et Les Magiciens. À la même époque il y aussi l'agaçant exercice narcissique de son scénariste Paul Gégauff, Une Partie de plaisir, très oubliable.

Mon préféré jusqu'ici, celui qui à mes yeux est du Chabrol concentré et raréfié à son summum, c'est Juste avant la nuit. Et aussi Les Biches, Le Boucher, Que la bête meure, La Femme infidèle, Violette Nozière, Une Affaire de femmes, Betty, La Cérémonie, L'Enfer : ce sont vraiment d'excellents films, tout à fait compétitifs dans le genre "grand auteur".

Mais il y a aussi la catégorie des films peut-être moins grands, de ceux qu'on a pu lui reprocher d'avoir faits, ce qui m'a toujours semblé ridicule car c'est comme reprocher à Agatha Christie d'avoir publié un énième Poirot (ce qui n'exclut pas qu'il y en ait de ratés, comme Le Train bleu). Les critiques, les esthètes voire les cinéphiles "sérieux" cherchent souvent l'oeuvre unique, semblable à aucune autre, mais les simples spectateurs, eux, ne crachent pas forcément sur le film "de genre", fondé sur la énième variation que l'on apporte à une recette éprouvée. Plaisir coupable ou plaisir tout court, j'adore retrouver le bon vieux Chabrol et son canevas immuable : ville de province, noeud de vipères, notables qui cachent tous quelque chose et le grain de sable (événement ou personnage) qui entraîne la révélation de ce qu'on voulait tenir caché. J'ai beau savoir que "j'ai vu tout ça mille fois", je me délecte des deux Lavardin, je goûte fort Au cœur du mensonge ou La Fleur du mal (pour en nommer quelques-uns accusés de répétition), je me languis à l'idée de voir enfin le peu connu Le Cri du hibou ou la récente Fille coupée en deux. Car en "achetant" Chabrol, j'ai acheté la recette…

En voilà un qui va bien me manquer.


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De vincentp, le 12 septembre 2010 à 19:14

Il a été remis en selle par le producteur Marin Karmitz dans les années quatre-vingt (Poulet au vinaigre), après un passage à vide. Ils ont tourné 12 films ensemble (propos contenus dans le coffret 50 films MK2).


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De Gilou40, le 12 septembre 2010 à 20:41

Il va bien nous manquer…A ses proches, surement. Mais il a laissé une telle oeuvre, tellement riche, qu'il est entré et dans la légende, et dans une éternité cinématographique ou nous le retrouverons avec jouissance très régulièrement. J'ai presque envie de dire que sa mort est très anecdotique. Avec tout le respect que je lui dois.


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De fretyl, le 12 septembre 2010 à 22:26

Il y a quelques Chabrol que j'ai trouvés carrément épouvantables. Pochades pas drôles avec La Route de Corinthe et Docteur Popaul,

Je ne suis pas du tout d'accord avec vous Arca en ce qui concerne Docteur Popaul.

C'est un film imparfait, qu'on peut résolument dire "raté". Certains plans sont hideux, la philosophie vulgaire… C'est vrai. C'est un film difforme, mais un peu comme avec Canicule on ressent une espèce d'indulgence tant le récit est abominable, tant c'est cruel, méchamment méchant, c'est un film ou chaque personnage cache un salaud.

Chabrol rigoureusement sévère avec beaucoup de ses films, aimait bien Docteur Popaul. Dans un de ses livres il en prenait la défense, le reconnaissant comme un film inachevé, mais comme une farce, qui a vraiment mis dans le mille.


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De Arca1943, le 13 septembre 2010 à 00:18

(Docteur Popaul) est un film difforme, mais un peu comme avec Canicule on ressent une espèce d'indulgence tant le récit est abominable…

Ah, je ne saurais vous dire, étant sorti de Canicule au bout de 20 minutes !


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De Impétueux, le 13 septembre 2010 à 10:42

Il y a des films un peu, comme ça, qu'on se surprend, s'étonne, est vaguement dégoûté d'apprécier… c'est mon cas pour Canicule ; peut-être essayerai-je un jour de regarder Docteur Popaul


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De vincentp, le 13 septembre 2010 à 17:12

Sa production la plus intéressante est à mon avis celle des années 70-fin des années 60 (je rejoins Arca quant aux titres). Par la suite, il réutilise le même système et ne se renouvelle plus trop… J'ai quitté la salle avant la fin pour L'ivresse du pouvoir, très déçu. Je ne partage pas tout à fait l'enthousiasme ambiant au sujet de son oeuvre, même si je reconnais à Chabrol de très belles réussites (comme Violette Nozière, ou ses premiers films qui n'ont pas été cités comme Le beau Serge).


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De vincentp, le 13 septembre 2010 à 17:37

Oui, c'était moi ! Tu ronflais tellement fort que j'ai préféré m'éclipser !

Chabrol ne ressassait-il pas toujours la même histoire depuis 20 ans ? L'ivresse du pouvoir se meut comme un escargot ! L'idée de départ était pourtant bonne. L'âge avancé de Chabrol peut expliquer aussi cette façon de traiter le sujet planplan.

Mais on lui a reproché aussi de tourner pour raisons alimentaires à la fin de sa carrière, avec toute sa famille à ses côtés.

Disons que je suis un peu surpris par l'ampleur médiatique liée à ce décès, pour un cinéaste que je considère comme bien moins important que Eric Rohmer. Question de goût, sans doute.


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De fretyl, le 13 septembre 2010 à 18:31

Disons que je suis un peu surpris par l'ampleur médiatique liée à ce décès, pour un cinéaste que je considère comme bien moins important que Eric Rohmer. Question de goût, sans doute.

Claude Chabrol était plus populaire, plus abordable aussi. Alors que Rohmer était souvent emmerdant, intello, emphatique, vois même bobo !


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De Arca1943, le 13 septembre 2010 à 19:27

Claude Chabrol était plus populaire, plus abordable aussi.

Oui Fretyl, voilà justement pourquoi il est moins important que Rohmer selon une doxa encore largement hégémonique : Chabrol s'adresse moins à un cénacle restreint d'initiés, son oeuvre est donc trop publique, sociologiquement parlant elle ne vise pas d'abord une clientèle-cible de cinéphiles et d'esthètes raffinés. Et en plus, chez Chabrol les dialogues sonnent souvent justes et naturels, ce qui est mal vu, tandis que chez Rohmer les interprètes ont un jeu "délicieusement décalé" (traduction : ils jouent faux) et les dialogues sont littéraires, ce qui est le fin du fin. En revanche le cinéma américain semble échapper à ce régime, heureusement pour lui.


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De vincentp, le 19 septembre 2010 à 11:05

Vos points de vue se défendent. Mais je ne suis pas un admirateur de Chabrol pour d'autres raisons. Je reconnais le caractère novateur de ses premiers films, spontanés et modernes, la qualité de plusieurs de ses films des années 70 comme Violette Nozière, son descriptif des moeurs de la bourgeoisie de province et des passions humaines (La femme infidèle). Mais je ne trouve pas toujours une grande profondeur dans ses films, souvent inégaux et je n'accroche pas énormément à son cinéma des années 1990-2000, qui reposent sur un système usé jusqu'à la corde. A mon avis, il s'agit d'un cinéaste d'une importance moyenne (par rapport à des grands maîtres comme Bergman ou Antonioni). Je respecte néanmoins les goûts de Alholg, le provincial, qui lui voue une véritable vénération. Quant à Isabelle Huppert en chaudes larmes quand il s'agit de rendre hommage au cinéaste décédé, je dirais qu'il ne faut pas exagérer. S'il ne lui avait pas rempli son compte en banque, elle aurait un autre point de vue. Il faut raison garder. D'autant que quand on est un grand fumeur, il ne faut pas s'attendre à vivre éternellement.

Rohmer, contrairement à ce que dit Alhog, a constamment évolué. Son cinéma des années 80 (ex :Pauline à la plage) est en phase avec les années 80, celui des années 90 (ex :Conte d'automne) en phase avec celui des années 90. Mais il s'agit de deux cinémas extrêmement différents (par rapport à celui de Chabrol), et mes goûts me portent davantage vers le cinéma de Rohmer.

Et Frétyl, je me suis "royalement emmerdé" en salle pour L'ivresse du pouvoir.


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De Gilou40, le 19 septembre 2010 à 14:05

Je ne suis pas la seule à dire des âneries, cher Vincentp… Depuis quand juge t'on les larmes ? Il lui a rempli son compte en banque…Encore un peu elle passe sous la table. Ca veut dire quoi, ça?


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De fretyl, le 19 septembre 2010 à 14:19

Et Frétyl, je me suis "royalement emmerdé" en salle pour L'ivresse du pouvoir.

De même pour moi. Je n'ai pas finit ce Chabrol là, diffusé Dimanche dernier sur France 2. J'ai trouvé Huppert assez mauvaise, Benguigui insignifiant comme à son habitude – même Berléand était assez fade.

Je n'essayerai pas d'ailleurs aucun Chabrol sortit après 1995. Le dernier vrai Chabrol ça a été La cérémonie ! Tout ce qu'il y a après n'est que de la reprise essoufflée.


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De Gilou40, le 19 septembre 2010 à 22:11

Avez vous entendu Mocky dire qu'il avait l'intention, dans son prochain film, de faire jouer Chabrol et Godard ? Il aurait eu l'accord des deux. C'est ce qu'il a déclaré dans l'hommage rendu à Chabrol dans "CinémaS", sur la 5 .


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De fretyl, le 27 septembre 2010 à 14:34

Hélas, Mocky est toujours vivant…


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De vincentp, le 27 septembre 2010 à 15:39

Ou plongez dans de l'eau bouillante, de manière à moins frétyller.


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De Gilou40, le 27 septembre 2010 à 17:00

Vous me semblez être Un drôle de paroissien, Frétyl, qui n'avait pas La grande frousse de faire La grande lessive en espérant la mort de L'étalon Mocky. Serait ce La Candide Madame Duff qui vous aurait promis Le pactole pour tenir de tels propos ? Tout est calme et pourtant, tel le fûret au milieu des Les araignées de la nuit, vous êtes le bénévole dans la ville à vendre qui ne veut pas laisser au cinéaste L'ombre d'une chance ! En solo, vous faites fi des saisons du plaisir et optez pour le grabuge ! Mais vous n'êtes que le roi des bricoleurs et demeurez noir comme le souvenirAlholg a raison : Il n'y aura pas de miracle et vous gèlerez en enfer  !

Bonsoir !

C'est fou ce que j'm'emmerde…


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De Arca1943, le 27 septembre 2010 à 20:34

Bravo à Gilou40 qui dans cette course à relais porte haut le témoin !


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De Impétueux, le 27 septembre 2010 à 22:48

Ouais, n'empêche que Frétyl a raison ! Quand est-ce que l'affreux, insupportable Mocky va crever ?


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De Gilou40, le 27 septembre 2010 à 23:02

Assassin(s) !! Vous êtes Fou(s)….Je vous péfère de loin dans vos bons conseils "

Chaque mort me diminue parce que je suis l'humanité . Et peu importe qui est celui qui se lance vers ce triste appel… (John Donne)


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