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Sujet : Radio-Boisset

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De gilou40, le 5 mars 2010 à 20:20
Note du film : 4/6

J'aime beaucoup le cinéma de Boisset ! Et pourtant, il n'a pas trop bonne presse près des cinéphiles. Cinéphile que je ne suis pas, je me contente d'être spectatrice. Alors, bien sur, je vais encore évoquer et même ressasser LE Dupont Lajoie, l'excellent (peut être son meilleur) un taxi mauve, le glauque Canicule et le très réussi Le juge Fayard dit le shérif pour ne parler que des principaux.

Mais ce Radio corbeau, à l'affiche imbécile, se laisse voir sans déplaisir. Pas un chef-d'œuvre, que non. Mais ce côté "chronique d'une ville de province" le fait ressembler à un poulet au vinaigre, je veux dire à un Inspecteur Lavardin du cher Chabrol. L'idée du Corbeau n'est pas nouvelle. Mais le radio émetteur a remplacé enveloppe et timbre poste. Et les saloperies cachées des bourgeois sont dénoncées avec un appétit, une jouissance sans pareille de la part du cinéaste.

Et c'est avec une méticulosité de gourmet que Boisset démonte la mécanique bien huilée des cochoncetés cachées des notables. Il ne brouille pas trop les pistes. Juste assez pour que l'identité du corbeau ne soit pas devinée trop vite. Et ce sont des acteurs pris en flagrant délit de plaisir qui l'accompagnent dans sa tâche.

Un Brasseur fils, journaliste bien sur blessé en Algérie (c'est du Boisset, pas du Verneuil….) malicieux et complice, qui comprendra vite le pourquoi de l'acharnement de l'inspecteur Arditi. Lequel sera aidé dans ses recherches et dans son lit par une Évelyne Bouix toute de douceur et d'admiration. Et un grand coup de chapeau à tous les deuxièmes et troisièmes couteaux du film ! Bien vicelards, bien suintants…

Il faut vous dire que le petit bourg de Saint Mérand se retrouve un jour inondé de messages révélant la vraie nature de ses illustres concitoyens. Dans tous les transistors, à heure fixe, se fait entendre un sinistre croassement qui précède une avalanche de révélations les plus obscènes qui soient. Qui couche avec qui, qui n'a pas payé ses impôts, qui organise des parties fines et des ballets dont la couleur m'échappe, qui fait travailler ses employés au noir, tout, absolument tout est révélé aux habitants médusés !

Roger Planchon le maire, doit il s'en inquiéter ?…Jean-Claude Dreyfus, boucher indélicat, doit il s'en émouvoir ? Louis Gerfaut doit il craindre pour sa vie pour avoir magouillé une fois de trop ? Ou un secret plus terrible encore se cache t'il au fond de ces consciences apeurées ?… Vous le saurez en regardant le DVD, c'est à dire avec un peu de patience….

Un Boisset honnête… Le reflet bien dégueulasse d'une société (ciblée) bien crade. Pas de surprises. Mais le cinéma de Boisset se voulant plus reportage que fiction, je ne vois pas en quoi nous pourrions être surpris. Boisset est un cinéaste….comment dire ? Pratique. Un bon journaliste d'investigation.


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De droudrou, le 6 mars 2010 à 08:37

chère Gilou si vous n'êtes pas cinéphile plus d'un cinéphile envirait vos dernières interventions pour leur qualité ! moi en premier ! Continuez ! quand je pense que vous alliez nous quitter !


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De Impétueux, le 6 mars 2010 à 15:34

Je m'associe, sur le fond aux propos de Droudrou, naturellement, et me félicite que Gilou40 se soit bien (ré)installée dans notre paysage DVDtoilien……

Sur le film, que dire sinon qu'il va de soi que l'on est parfaitement libre d'apprécier Boisset (et, à un degré évidemment supérieur, Chabrol, mais que ce qui les limite, à mes yeux, c'est de taper toujours du même côté de l'échelle sociale, celui duquel, d'ailleurs, ils sont originaires ; les turpitudes, mesquineries, bassesses de la bourgeoisie, les millionnaires (en euros) du chobizze s'en repaissent à grandes goulées ; ils sont plus rares à montrer les monstruosités, horreurs, immondices du prolétariat, tout autant répugnantes…

C'est pourquoi j'aime tellement Autant-Lara et, en littérature, Michel Houellebecq : personne n'en sort indemne, à juste titre…


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De fretyl, le 6 mars 2010 à 16:21
Note du film : 1/6

Si je n'aime pas trop Radio Corbeau c'est parce-qu'il n'est qu'un ramassis de clichés sur les petites villes de province. Le maire ne peut être qu'un magouilleur, tous les politicards des salauds, le journaliste est courageux, les immigrés sont des pauvres victimes, les habitués du bistrot des alcooliques monstrueux.

Radio Corbeau a toute les caractéristiques du téléfilm quelconque. La seule chose que l'on retient c'est le jeu de Claude Brasseur. Pour le reste aucune surprise.

Sur le film, que dire sinon qu'il va de soi que l'on est parfaitement libre d'apprécier Boisset (et, à un degré évidemment supérieur, Chabrol, mais que ce qui les limite, à mes yeux, c'est de taper toujours du même côté de l'échelle sociale, celui duquel, d'ailleurs, ils sont originaires ; les turpitudes, mesquineries, bassesses de la bourgeoisie, les millionnaires (en euros) du chobizze s'en repaissent à grandes goulées ; ils sont plus rares à montrer les monstruosités, horreurs, immondices du prolétariat, tout autant répugnantes…

N'oubliez pas Impétueux que comparé à Chabrol qui lui n'a toujours visé que les familles bourgeoises provinciale, Boisset a souvent raillé la mesquinerie, la vulgarité des couches sociale populaire.
Dupont Lajoie est-il par exemple un pamphlet anti notable ?

Dupont Lajoie que l'on retrouve désormais sous un angle sympathique et souriant dans Camping. Comme d'ailleurs les Chti's de La femme flic sont repoussant comparé à ceux de Dany Boon.


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De Impétueux, le 6 mars 2010 à 19:04

Vous n'avez pas tort, Frétyl, sur Dupont Lajoie : je donne acte que je me suis exprimé trop vite et sans trop réfléchir ; dans mon cher Canicule aussi, les baffes sont distribuées avec une certaine équité…


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De fretyl, le 6 mars 2010 à 21:53
Note du film : 1/6

De même dans Le prix du danger, dans lequel les salauds ne sont pas seulement les milliardaires perchés sur leurs buildings, mais surtout la masse de téléspectateur abruti, smicards, chômeurs et aigri en quête de sensation.

On remarquera aussi que les jeunes tortionnaires de R.A.S n'ont rien de bourgeois, ni de fils à papa.


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