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Sujet : Bourvil, pas que "La Grande Vadrouille"


De paul_mtl, le 7 juillet 2006 à 19:30
Note du film : 5/6

Dans la famille Lachesnaye, la tradition est de ne pas travailler. Georges, le dernier du nom, s'y refuse également et, à la veille d'être expulsé de leur appartement, il a une idée : piller les troncs d'église. Petit à petit, la famille retrouve un bon train de vie. Mais l'inspecteur Bridoux, chargé de la surveillance des églises, enquête…

Voila sans doute ma comedie preferée de Jean-Pierre Mocky avec Bourvil

et l'inspecteur chef Francis Blanche sans oublier le jeune inspecteur Jean Poiret.

Mais attention ne vous prenez pas sur Georges qui ne voles pas.

Il emprunte nuance et il remboursera tout dés que sa situation financiere le permettra.

Car Georges est un honnête homme.

Oh, oui vous pouvez rigoler.


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De fernand, le 19 avril 2008 à 15:48
Note du film : 4/6

Pour une de mes rares incursions dans le Noir et Blanc, j'ai décidé de glisser dans mon lecteur , ce film avec Bourvil , signé Jean-Pierre Mocky . Et moi qui ai dit à plusieurs reprises que le Noir et Blanc ne me "parlait" pas, j'avoue avoir reçu une paire de torgnoles bienfaisantes !

Quelle étrange histoire ! Et surtout , quel curieux bonhomme que ce Georges Lachaunaye qui arrive à nous faire devenir , en l'espace d'une heure trente, fainéant, voleur, croyant et surtout par des raisonnements simplistes et judicieux, à nous ôter tous remords qui auraient l'étrange idée de venir déranger notre conscience…

Parce qu'il est crédible , le Georges !
- Les troncs d'églises sont faits pour les pauvres . Or , je suis pauvre et j'ai une famille à nourrir. Je ne pille pas les troncs , je prends ma part…-

Pourtant cette famille que l'on devine en d'autres temps au firmament de la bourgeoisie est aujourd'hui à la bourgeoisie ce que les rutabagas de la guerre étaient au homard Thermidor. Il y a là , Mattieu, le père , Jean Yonnel , le visage comme une carte routière , attendant majestueusement des jours meilleurs et les initiatives de son fils. Claire , la mère , Denise Péronne , qui attend aussi mais en s'accordant les plaisirs d'une infidélité d'autant plus jouissive qu'elle a la bénédiction de son mari. Et puis Françoise , la soeur de Georges, la jeunesse et la frivolité malgré les jours sans pain. Et tout ce petit monde, catholiques bien pensants, n'a qu'une devise : "Tout , plutôt que travailler !" Comme une conduite à tenir , comme un honneur d'avoir opté pour cette bannière là !

Or donc , notre Georges, qui parle avec le bon Dieu comme moi avec mon père, décide de prélever sa part de pauvre dans les troncs. D'abord, de façon artisanale : humble fil et caramel mou. Puis , les "affaires" se faisant florissantes, il va passer la seconde et nous allons voir apparaitre une suceuse électrique, dont il expliquera naivement le fonctionnement à l'inspecteur Cucherat, merveilleux Francis Blanche venu l'appréhender dans son rôle de "Brigade de surveillance des églises"…

La brigade de surveillance des églises : Tous de trés bons catholiques ! C'est l'inspecteur en chef ''Raillargaut" Marcel Péres qui l'affirme ! Pas vraiment des flics , pas encore retraités mais c'est une question de semaines , surtout pas des héros et encore moins "reconnus". Oeuvrent à cette belle mission, Jean Tissier , Rudy Lenoir , Jc Rémoleux , et chapotés par un Bernard Lavalette préfetisé pour la circonstance…

Et nous allons assister, pendant toute la durée du film , à cet étrange jeu du chat et des souris, entre notre Georges et son acolyte Raoul Jean Poiret et nos Zorros catholiques. Dans les églises , en dehors, la nuit, le jour, sous les déguisements les plus fous. Et avec, en fond, cette naiveté tellement attendrissante de Bourvil. Voilà que nous perdons, pendant quelques minutes, tous repères. Lui , qui devrait être le méchant et immoral de l'histoire nous est particulièrement sympathique. Et les gentils inspecteurs sont des imbéciles de première bourre ! Malaise… Mais un malaise dans lequel on se sent bien ! Il faudra qu'un rêve de Georges , astucieusement filmé en couleurs, surgissant dans notre laisser-aller de conscience, vienne nous rappeler à notre devoir d'honnêteté, que désormais nous reconsidèrerons… Car Georges est réveillé en pleine nuit par une flèche rêvée qui lui transperce le coeur, sur le parvis de l'église Ste Geneviève…Et j'ai l'impression que nous prenons tous avec lui cette flèche maudite dans la conscience!

Demain, il nous faudra reprendre le travail  ! Georges Lachaunaye, lui, deviendra peut-être moins niais devant une existence moins simpliste qu'il ne l'aurait voulu… Les troncs continueront à se remplir et les pauvres à proliférer. Mais que c'est beau une famille qui respecte son blason !

Profitons en quand même pour écouter Jp Mocky raconter, en bonus, les malices qu'il a déployés pour obliger curés et évêques à ouvrir leurs églises pour le tournage. Et en l'écoutant parler de cette faune là, on se dit que, mon Dieu , les Lachaunaye avaient une foi, eux, inébranlable….


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De droudrou, le 19 avril 2008 à 22:48

Dites-donc, Fernand ! Faudrait voir à voir ! Vous allez déclencher des émeutes ! Si c'est cela que vous voulez ! Bon : je vous efface ! Par contre, je vous rappelle qu'au dessus de la zone "message" il y a deux cadres : un film – un artiste – eh bien, vous suivez les instructions qui vous sont données et vos héros favoris ou vos films préférés apparaissent comme par enchantement ! – Droudrou


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De fernand, le 19 avril 2008 à 23:09
Note du film : 4/6

Je ne comprends rien…Cà ne marche pas ! Et puis , y si tout pitit et personne y m'aime , alors…tant pis , je vais marcher droit devant moi. C'est bien le diable si je trouve pas une gravière pour me noyer…


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De droudrou, le 20 avril 2008 à 09:06

Fernand ! Cinq "Pater" et Soixante "Ave" ! Là, tu deviens un drôle de paroissien !


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De Impétueux, le 20 avril 2008 à 09:32

fernand : ALt+Shift et en même temps, soit a, pour artiste, soit f pour film…

Quel paradoxe que deux vieux crabes comme Droudrou et moi vous guidions en (micro, très micro !) informatique !!!


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De droudrou, le 20 avril 2008 à 10:58

Y'a plus d'jeunesse, mon pauvre Impétueux ! Du coup, j'augmente ma punition à l'encontre de Fernand ! On a joutera 100 coups de garcette ! Et si demain il ne nous a pas fait une illustration, film ou artiste, on lui coupe les mains !…

- T'as raison, Riton ! Y'a qu'çà ! De la douceur !


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De fernand, le 20 avril 2008 à 14:02
Note du film : 4/6

Monsieur Impétueux, qui n'avait surement rien d'un vieux crabe mais certainement une belle expèrience , je vous dirai que je ne "pianote" que depuis que vous avez vu mon pseudo apparaitre sur votre site…Et , à 17 ans , je ne possède un tel portable que depuis 4 mois ! Comme aurait dit Pierre Desproges: "-Etonnant , non ?-" Et c'est la stricte vérité… Parce que cette époque ne m'intéresse pas ! Elle ne fabrique que des gens bouffés de solitude ! On est beaucoup plus seul dans la ville qu'un navigateur solitaire qui , lui , est repéré au millimètre et secouru dans un océan immense, force Gps , balise Argos , etc…Vous n'êtes pas un vieux crabe , Monsieur. Vous venez d'une époque certainement bénie ou les gens ne se croyaient pas obligés de "communiquer" , mais aimaient à se parler…

Toi , Droudrou , qui veut me couper les mains (hélas , tu n'en auras pas le temps..) que veux tu que cela me fasse ? Si je peux chanter encore et encore pour les vieux…Sans lien-hyper texte , Shift , case machin et case truc. Tout à l'heure , ce sera récital Dranem pour le vide-grenier au profit des démunis de Caupiac :

Y'a un quai dans ma rue , y'a un trou sur ce quai…Tu pourras contempler le quai de ma rue et le trou de mon quai..

Et pendant deux heures , on ne sera plus seuls…Mais je vais me mettre en retard avec tout çà ! Allez ! Salut….


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De droudrou, le 20 avril 2008 à 16:38

Fernand ! Tu ne serais pas un peu provoc, par hasard ? Je dis cela… Hm ?


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De jipi, le 25 août 2008 à 11:11
Note du film : 5/6

« Nous sommes une goutte de paresse dans un océan de labeur »

Cette phrase ô combien significative d'une Aristocratie moribonde désirant conserver par tous les moyens une oisiveté ancestrale oblige les protagonistes d'une diction parfaite préservée de la phraséologie du laborieux à se remonter les manches sans avoir pour autant la perception de travailler.

Voir une police en sureffectif ridiculisée par un personnage en harmonie entre ce qu'il prend et ce qu'il offre ressemble à une course poursuite entre un malicieux et des limités cloisonnés dans des stéréotypes aux aspects poussiéreux et ventripotents.

Jean-Pierre Mocky, comme bien souvent, se pâme en filmant de manière anarchiquement douce les limites intellectuelles d'une certaine catégorie de ses contemporains en les affligeant de physionomies presque felliniennes.

L'intégralité est servie dans des situations cocasses où le poussif aux frontières de la cirrhose en tenue de ville, ou déguisé de manière grotesque, applique des initiatives farfelues surclassées par l'analyse froide et efficace d'un penseur dont les actions malhonnêtes sont argumentées comme des missions divines.

Policiers et Ecclésiastiques servent de boucs émissaires à un cinéaste ravi de manipuler des rouages jugés comme ridicules, détenteurs de procédures plus dominantes qu'idéologiques explorées par un "drôle de paroissien" plein de compassion et de tolérance envers ces ressources de société qu'il faut accepter dans son quotidien.


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De David-H, le 2 novembre 2008 à 22:29
Note du film : 5/6

Jusqu'à sa mort en 1970, Bourvil l'a souvent dit: les rôles les plus intéressants de sa carrière, il les a obtenu en tournant dans ses quatre films avec Jean-Pierre Mocky. Or, la rencontre entre les deux hommes aurait pu ne jamais se faire, l'entourage de l'acteur l'ayant déconseillé de travailler avec le réalisateur contestataire qui de plus, n'avait même pas de cachet à lui offrir, vu les coûts élevé de cette production! Mais voilà, le scénario original du film, la pléiade d'acteurs chevronnés et le discours du réalisateur avaient su aisément convaincre l'un des monstres sacrés du cinéma français d'alors.

Comme "Snobs" un an auparavant, Mocky flingue simultanément tous les pouvoirs (aristocratie, église, police) pour signer une farce corrosive, solide et jouissive. On rappellera qu'il s'agit de l'histoire d'un bourgeois déchu, n'ayant jamais travaillé mais contraint de subvenir aux besoins des siens. Lui vient alors l'idée saugrenue de soutirer l'argent des troncs de toutes les églises de Paris, en compagnie d'un ami (Jean Poiret). A une époque où ces dernières étaient encore très fréquentées, le solde pouvait en effet se révéler très rémunérateur! Intervient ensuite la Brigade de surveillance des Eglises (qui existait bien!), une troupe de sous-flics dans laquelle on retrouve Francis Blanche, afin d'essayer de mettre le grappin sur les deux malhonnêtes.

Une histoire tirée d'un fait réel où un ingénieur temporellement au chômage, pour nourrir sa famille, avait dérobé l'argent des troncs sans jamais être soupçonné. Vindicatif, l'homme souhaitait surtout reprendre l'argent à la paroisse de son village, qui n'avait jamais su l'aider en des moments durs. Plus jeune, le pauvre garçon avait pourtant lui-même gracieusement donné de sa poche aux plus démunis!

Nommé à Berlin pour l'Ours d'Or, ce succès international (l'Australie, le Japon et Les Usa l'ont racheté) mérite plus que jamais une attention. Loin d'être démodée, cette comédie bon enfant aura de quoi ravir les 7 à 77 ans. Bien dommage que les mémoires collectives restent dictées par les programmations télévisuelles, et que ce film soit sans doute simplement victime du …noir & blanc, ce qu'on ne déplorera jamais assez. Car les plus jeunes – dont je fais partie! – devraient savoir que Bourvil, ce n'est pas que "Le Corniaud" et "La Grande Vadrouille"!


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De fretyl, le 2 novembre 2008 à 23:37
Note du film : 4/6

A propos de Bourvil et Jean-Pierre Mocky, France 3 diffuse demain à 14 heures et des poussières, un film réunissant le duo : La grande lessive.
Vu que je n'ai pas vu le film et que la collaboration Mocky/Bourvil a bien fonctionné avec un Drôle de paroissien qui est sans doute l'un des seuls bon Mocky avec Le témoin, j'enregistrerai ce film.

L'histoire d'un instituteur partant en guerre contre l'inculture de la télévision en détruisant les antennes sur les toits d'immeubles, ne doit pas être foncièrement mauvais ; surtout lorsque l'instit en question est Bourvil et qu'il est accompagné par Francis Blanche.


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De Lagardère, le 3 novembre 2008 à 02:26

Oh! mais avec la grande lessive, nous sommes très loin de l'excellent un drôle de paroissien, ami frétyl… Vous en jugerez, malgré les promesses de la distribution. C'est du petit mocky. Vu qu'avec lui, ou c'est trés bon, ou on oublie vite ! Mais c'est un avis très personnel…


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De kfigaro, le 3 novembre 2008 à 09:26

Sans égaler "Le témoin" et "Un drôle de paroissien" (voire "La cité de l'indicible peur"), ce film fait tout de même partie des meilleures farces de son auteur. Cela dit la musique (comme souvent chez lui, voire à chaque fois ! exception faite de celle des "Dragueurs" par Maurice Jarre) est totalement ratée et gâche un peu la vision de ce film, c'est dommage car sinon c'était presque un sans-faute.


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