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Sujet : Critique


De dumbledore, le 31 mars 2004 à 10:20
Note du film : 4/6

Ridley Scott a été longtemps le réalisateur de la haine. Non pas le film bourgeois de Mathieu Kassovitz mais cette pulsion interne qui fait des ravages dans tous les aspects qu’il peut prendre. A savoir la paranoïa dans l’incarnation d’un officier napoléonien qui traque sans merci et sans raison un adversaire dans Les Duellistes ou bien encore une manifestation encore plus destructrice sous une forme "pure" avec Alien ou bien encore dans une problématique de la gestion de la haine que connaît chacun d’entre nous et la difficulté de la sublimer : Blade Runner, Gladiator.

Avec Les Associés, Ridley Scott change de sujet, de genre et de ton. Virage à 180 degrés en offrant une jolie comédie policière faisant preuve tout à la fois d’une réelle sensibilité pour ses personnages et une légèreté dans le récit et la mise en scène.

Ce récit se joue sur le mélange de genres. Le film démarre comme un polar, un film d’arnaque comme il y en a eu bon nombre à hollywood (Roy et Franck gagnent leur vie en organisant des arnaques efficaces et perverses à souhait) et se voit percuter par une comédie de mœurs (Roy découvre qu’il a eu une fille de la seule femme qu’il a pu aimer et cette fille – 14 ans – débarque chez lui. Or, Roy est un névrosé obsessionnel qui ne peut évoluer que dans une vie parfaitement maîtrisée).
Le mélange de genre est toujours séducteur et le film tient la longueur, même s’il propose une fin un peu trop "facilement moral". Heureusement, un épilogue  – qui aurait pourtant être pu sacrifié au profit de l’action – permet de revenir un peu sur les personnages et d’atténuer la morale très facile, énonçable par une phrase du genre "il ne faut pas voler car on est toujours puni par là où on a pêché".

Ridley Scott déploie une mise en scène étonnante pour ce film. Lui que l’on sait être un spécialiste des scènes d’actions et des éclairages ocres/rouges avec grand déploiement de fumées, inverse la tendance. L’image tourne autour des bleus et surtout la mise en scène joue la lenteur, prend son temps pour s’intéresser aux personnages.

Trois personnages joués avec brio par trois comédiens. Nicolas Cage incarne un tocqué dans la même lignée que Jack Nicholson dans Pour le pire et pour le meilleur. Nicolas Cage est d’autant plus à l’aise dans ce rôle qu’il en raffole… sans doute par incapacité à jouer avec aisance autre chose. Il est vrai que jouer des personnages excentriques est finalement à la fois ludique et surtout facile.

Sam Rockwell, vraiment découvert avec son premier rôle dans le film de George Clooney, Confessions d'un homme dangereux, confirme son talent dans une perfomance pas évidente : toujours en retrait et surtout le plus « normal » des trois personnages, il a peu de zone d’action pour développer son personnage. Pourtant, il arrive à lui donner corps et consistance.

La vraie découverte (pour moi en tous cas sera la jeune fille de 14 ans, Alison Lohman qui dégage énormément de charme et de grâce, avec des faux airs de Julie Gayet. A suivre.


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