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Forum : Le Roi des rois

Sujet : Avis


De droudrou, le 13 juillet 2008 à 11:08
Note du film : 3/6

La note qui suit s'intègre dans le cadre d'une réflexion globale que j'ai faite à propos des films suivants – il vous est possible de la retrouver en totalité sur le fil de La plus grande histoire jamais contée

La plus grande histoire jamais contéeLe Roi des RoisBen-HurBarabbasLa Tunique

En ce qui concerne Le roi des rois j'avouerai être quand même assez mal à l'aise.

Voilà un film d'une durée de 171 minutes au générique duquel on trouve des noms comme Philip Yordan et Nicholas Ray qui ont de belles réputations. Philip Yordan apparaît au générique de El Cid – Bravados – Plus dure sera la chute – La lance brisée – Johnny Guitare entre autres. On l'a donc connu mieux inspiré par ses sujets. Nicholas Ray, ce sont : Johnny Guitare – les amants de la nuit – les diables de Guadalcanal – la fureur de vivre – Traquenard qui ont conféré une aura certaine au réalisateur.

Eh bien, j'avoue avoir quitté en cours de route le film pour regarder The long gray line et ne l'avoir terminé qu'après avoir achevé la vision de La plus grande histoire jamais contée.

On ne peut reprocher à Jeffrey Hunter son Christ aux yeux bleus. Son interprétation est crédible. Il figurait au générique de The Proud OnesLa prisonnière du désertLe sergent noirRobert Ryan nous donne une interprétation valable de Jean-le Baptiste… Grégoire Aslan est conforme à sa tradition – Frank Thring troque son habit de Ponce Pilate dans Ben-Hur pour celui de Hérode Antipas – Ron Randell__ abandonne le petit écran pour le grand en devenant le centurion romain qui reconnaîtra au pied de la croix Jésus comme le fils de Dieu – Harry Guardino est Barrabas – …

C'est un film inégal qui entre dans le cadre des productions de Samuel Bronston, producteur qui s'est installé en Espagne et à qui on doit, entre autres, El CidLes 55 jours de Pékin – La chute de l'Empire RomainThe Carpetbaggers, et dans lequel on retrouve ces poncifs du cinéma à grand spectacle destiné à attirer un public large où l'action prime par rapport à la réflexion.

Et en fait, Le roi des rois pâtit de ce manque d'inspiration. Voulant absolument nous plonger dans le spectaculaire, on aboutit à ce que Barrabas est en fait un révolutionnaire rom… pardon ! juif qui n'a en tête que comploter contre l'envahisseur Romain ! – De là des scènes spectaculaires mais qui nous éloignent du sujet quand certaines séquences se référant à l'évangile sont parfaitement réalisées –

En ce qui concerne les derniers instants où l'on voit Jésus sur la croix, l'aspect dramatique des scènes n'apparaît pas et par rapport aux autres films cités, là encore on note la faiblesse du film.

Si je devais donner un classement pour certains personnages, je préférerai Max Von Sydow dans le personnage de Jésus, Charlton Heston en Jean-le Baptiste, Anthony Quinn en Barabbas, en disant quand même que malgré ses défauts, la production de George Stevens se détache avec les scènes spécifiques de Ben-Hur pour nous donner une vision des Evangiles…


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De DelaNuit, le 13 juillet 2008 à 15:09
Note du film : 5/6

Peut-être que la version du Nouveau Testament par Nicholas Ray dans Le roi des rois n'est pas la plus fidèle, mais il est intéressant de voir comment le cinéaste y traite des thèmes qui lui sont chers en les incluant dans la fresque biblique.

Je pense notamment à son intérêt pour les personnages de parias et de rebelles à l'ordre social, auxquels tout au long de sa filmographie, il voue une affection particulière (Les amants de na nuit, La fureur de vivre, Johnny Guitar).

Ainsi, il ne peut se résoudre à faire du personnage de Barabbas un simple truand, et invente une justification à ses agissements en en faisant un résistant contre l'envahisseur romain, ce qui permet d'ajouter dans le film un peu d'action et de rapprocher le sujet des spectateurs de l'époque, encore marqués par la fin de l'époque coloniale et la résistance pendant la seconde guerre mondiale…

Par ailleurs, on voit clairement son affection pour le personnage de la femme perdue repentante, à laquelle le Christ apporte paix et pardon. Personnage qui annonce celui que Nicholas Ray créera exprès pour Ava Gardner, dans Les 55 jours de Pekin, réalisés par lui peu de temps après dans les mêmes studios de Madrid pour le même producteur Samuel Bronston


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De jipi, le 16 août 2008 à 12:08
Note du film : 4/6

Ce film malgré sa bonne volonté reste désespérément fade et incomplet. Quelques personnages hautement complémentaires ne divulguent que des faciès surchargés de transcendances imposés par l'offrande du plan unique et la contrainte d'évoluer dans des bases soumises à une morale de forteresse.

Judas mort dans les bras d'un Barrabas idéaliste et révolutionnaire trop filmé frise le canular de premier ordre. La danse limitée de Salomé devant un roi médiocre et dépendant ne mérite pas la tête du Baptiste. Marie n'offre que des parcelles de tendresses naïves sans décoller comme d'habitude d'un rôle de mère emmurée désespérément dans le faire valoir. Marie Madeleine iconisée par la génuflexion permanente n'est condamnée qu'à l'adoration et au baise main.

Toutes ces surcharges cloisonnent hélas plusieurs ressources primordiales dans des scénettes simplistes ou le ravissement de certains visages illuminés par la révélation respectent trop un créneau officiel.

Nicholas Ray opte pour un Christ visible beau et aux yeux bleus se promenant dans un best-off de vie reproduit dans un cinémascope luxueux de combats et de scènes intimistes en alternance.

Les arrêts sur images de certaines plates formes d'un parcours emblématique sont fournies sans aucunes prises de risques ce qui valorise l'intuition d'un film de commande.

Le casting reste curieux pas de grosses cylindrées à part Robert Ryan physiquement trop imposant pour un rôle d'éclaireur sacrifié.

Mention spéciale pour Franck Thring Hérode Antipas halluciné qui grâce à un personnage complètement débridé peut en faire des tonnes en offrant un peu d'aération à ce film long presque ennuyeux annonçant dans un déclin à son rythme la fin du concept péplum.


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