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Forum : L'Étrangleur de Boston

Sujet : Di Salvo


De PM. Jarriq, le 1er mars 2004 à 11:40
Note du film : 4/6

Tony Curtis en serial killer malsain, Henry Fonda en enquêteur intègre, l'emploi du split-screen (révolutionnaire à l'époque), l'inégal Fleischer à la caméra… Je me demande comment tout ça a vieilli, mais je suis très curieux. A la revision, pas mal de films du réalisateurs ("Les vikings", "Mr. Majestyk", "Soleil vert") tiennent étonnamment bien la distance.


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De dumbledore, le 1er mars 2004 à 12:18

Je l'ai revu il y a trois, quatre ans et le film tient la route. Le split-screen est intelligemment utilisé, de façon très psychologique, Tony Curtis extraordinaire et une film totalement étonnante (le personnage se retrouve seul dans une pièce blanche et s'affronte lui-même)… Fin piquée par le Jeanne d'Arc de Besson.


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De PM. Jarriq, le 2 mars 2004 à 23:35
Note du film : 4/6

Après revision, je trouve effectivement le film intéressant, mais il s'écroule nettement dès la capture de Di Salvo (Tony Curtis) et n'arrive pas à retrouver son rythme. La simplification de la pathologie du tueur (personnalité dédoublée), le manque de profondeur du personnage de Henry Fonda font que l'affrontement déçoit. Certains détails (le faux nez ridicule de Curtis, par exemple) datent terriblement le film. A noter un excellent numéro de maniaque de William Hickey (le parrain de "L'honneur des Prizzi") qu'on n'avait jamais vu aussi jeune.

Typiquement le genre de film qui mériterait un remake.


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De Crego, le 14 mai 2004 à 17:31

A noter que Fleischer a tourné un autre film de serial killer : "L'étrangleur de Rillington Place", bien supérieur à celui-ci. Tiré de l'histoire vraie d'un assassin anglais, tueur de femmes dans le Londres des années 40, c'est une oeuvre glauque, étouffante, assez horrible dans sa description du tueur. Richard Attenborough méconnaissable, est extraordinaire dans le rôle de Christie. A se demander si Anthony Hopkins ne s'en est pas un peu inspiré pour créer Lecter…

Le film est sorti dans un excellent zone 2 anglais. A quand chez nous ?


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De Oeil-de-Lynx, le 7 février 2005 à 01:58

J'ai visionné le long métrage "L'Étrangleur de boston" à trois reprises et je dois dire que j'ai, malgré le sadisme du sujet, bien aimé la manière dont le réalisateur a dépeint la vie de ce célèbre "serial killer". Le choix des acteurs était très judicieux (Henry Fonda et Tony Curtis) et leur jeu particulièrement convaincant.

 

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De verdun, le 12 février 2005 à 19:07
Note du film : Chef-d'Oeuvre

je n'arrive pas à comprendre les avis mitigés que recueille sur ce site ce très grand thriller alors qu'on commence un peu partout à reconnaitre cet "étrangleur" comme ce qu'il est:peut_etre le plus grand film consacré à un serial killer.

Je ne sais qu'admirer le plus.

La structure en deux parties est magistralement orchestrée par le toujours sous-estimé Richard Fleischer avec l’enquête menée et conçue avec la méthode dite du split-screen et sans personnage principal jusqu'à l'arrivée tardive de Henry Fonda puis un face à face incroyable entre l'assassin et les experts.

Le scénario est d'une intelligence exceptionnelle et nous venge de tous les thrillers idiots qui abondent ces dernières années. Il faut ainsi saluer ce parti pris qui consiste à ne jamais montrer les scènes de meurtre.

On n'entend aucune véritable musique si ce n'est pour quelques fonds sonores tels la télé de la première victime ou la boite inspectée à un moment par Fonda.Encore un choix qui marque un admirable refus du sensationnalisme.

Et bien évidemment, il convient de souligner la gigantesque interprétation de Henry Fonda dans un très beau rôle de procureur en proie au doute et à la culpabilité d'avoir anéanti psychologiquement l'étrangleur. Enfin Tony Curtis donne non seulement la plus grande interprétation de sa carrière mais l'un des sommets de la composition. Hélas,il ne recevra pas un oscar largement mérité et se perdra dans des productions sans intérêt.

Autant de qualités qui font de cet "étrangleur de Boston" un thriller indispensable!

 

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De vincentp, le 8 juillet 2006 à 10:20
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Une description exemplaire de la pathologie d'un tueur en série, des désordres qu'elle engendre dans la société, et des efforts menées par celle-ci -via l'appareil judiciaire, policier, médical- pour traiter ce problème vital, tant pour les personnes menacées que pour elle-même.

Tout est parfait dans ce film : citons bien sûr l'utilisation du split screen, qui permet de montrer par le biais de différentes images projetées en parallèle, les différents attitudes au sein de la communauté confrontée aux meurtres en série. Ce procédé astucieux s'arrête de manière opportune dans le bureau de l'attorney général, quand le personnage de Henri Fonda nous est présenté avec un magnifique travelling arrière, puis une contre-plongée, qui caractérisent de manière immédiate la stature et la prise de recul de ce personnage face à l'événement.

La construction du film, avec une entrée à tour de rôle des différents protagonistes et leur croisement tout au long du film, est prodigieuse. Pas de musique certes, mais une utilisation très inspirée des informations saccadées de la télévision, qui sont autant d'échos de la perception quasi-hypnotique du monde par l'assassin.

Un très beau descriptif d'une société en activité, avec ses policiers, des êtres normaux, qui parfois se trompent, parfois font preuve d'intuition (relevons au passage la superbe construction de la scène ou Fonda comprend qu'il a débusqué celui qu'il traque).

Une brillante réflexion également sur ce qu'est la normalité et l'anormalité, avec un message en filigrane de tolérance par rapport aux minorités sexuelles (le sujet n'était alors guère évoqué à l'écran), mais aussi un message de fermeté par rapport à la violence criminelle : il faut la débusquer, et la combattre de manière résolue et pacifique, en respectant les règles de droit (comme le rappelle Henry Fonda, sermonnant son collègue qui veut emmener de force un suspect).

Et enfin une plongée sans équivalent au cinéma dans les méandres de la pensée d'un individu à double personnalité, qui découvre progressivement cette caractéristique. Les séquences finales (et la confrontation visuelle et auditive entre Fonda et Curtis) atteignent des sommets.

Un énorme chef d'œuvre de l'inspiré Richard Fleischer !


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De PM Jarriq, le 8 juillet 2006 à 21:53

Mon avis personnel est effectivement mitigé, mais plus sur la forme que le fond. Un autre film de cette période que j'avais en haute estime (Madigan) m'a semblé avoir tout autant vieilli au niveau visuel : photo plate, costumes antédilluviens, scénarios exagérément schématiques… Le film de Fleischer reste supérieur à celui de Siegel, c'est certain. A présent, et dans un tout autre style, je crains que L'arrangement de Kazan (enfin annoncé, d'ailleurs !) n'ait également perdu quelques plumes avec les années qui passent…


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De Citizen Dave, le 23 août 2006 à 10:15
Note du film : 1/6

Ma note est de 1/6. Hyper motivé à l'idée de voir des films avec Henry Fonda, j'ai plongé sur L’étrangleur de Boston et Le Faux coupable (Hitchcock) qui se sont révélés être des navets du point de vue du scénario. Surtout, je n'admire dans aucun de ces deux films les arguments décisifs censés les faire tenir. Dans L’étrangleur de Boston, je ne vois rien d'intelligent à ce tissu de considérations plus qu'hénaurmes sur le dédoublement de personnalité et l'indulgence qu'on en vient à pouvoir y supposer. Le film prend acte d'une réalité de fait de la question du dédoublement de la personnalité pour laisser digérer aux spectateurs des spéculations outrancières sur l'autonomie aggravée des deux personnalités qui coexistent dans le personnage interprété par Curtis. On bascule dans le schématisme vain, la grossièreté, prétexte à une morale compréhensive qui n'a pas de ventre. C'est vrai qu'il y a une recherche dans la mise en scène, mais le film n'est quand même pas intelligent.

Je n'ai pas aimé non plus Le Faux coupable d'Hitchcock. Je ne comprends pas pourquoi on encense tant Hitchcock: La Cinquième colonne, Les Oiseaux ou Le Faux coupable sont tous trois assez mal montés, mal truqués, naïfs; bref, ça ne passe pas à mes yeux. Quand je songe à des merveilles comme M le Maudit ou Le Testament du docteur Mabuse, je me demande bien ce que les gens trouvent à Hitchcock. Dans tous les cas, Le Faux coupable me convainc que son cinéma n'a d'âme que pour des sensations penaudes. Je trouve ridicule cette séquence d’Henry Fonda qui s'effondre moralement en prison avec la caméra qui tournoie, comme je trouve sans force d'intérêt filmique la façon presque détachée avec laquelle Hitchcock nous montre la dépression particulière à la femme d'Henry Fonda prise à partager le tourbillon de malchance accablante (c'est le cas de le dire).


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De PM Jarriq, le 23 août 2006 à 12:12

Oh là ! Une attaque frontale contre l'idole absolue des réalisateurs U.S., l'icône totale ! Autant je m'agace de voir sanctifié Hitchcock, comme le fit Truffaut pendant des années, autant je vous trouve quelque peu sévère. Bien sûr, les F/X de The birds, La mort aux trousses, ont vieilli et frisent le ridicule, bien sûr les effets de mise en scène trop voyants semblent aujourd'hui un peu superflus, mais "Hitch" a ouvert la voie à tout un cinéma primant l'image avant tout, quitte à ce que la forme supplante le fond. Ils n'étaient pas tant que ça, à cette époque… Néanmoins, quelques uns de ses films comme Psychose, Rebecca et à un degré moindre Marnie, n'ont rien perdu de leur force et de leur modernité.


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De vincentp, le 23 août 2006 à 16:29
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Un grand merci pour votre éclairage de "jeune gachette" qui corrige les jugements erronés de Alholg (pour Hitchkock), Verdun et moi-même (pour Fleischer), qui sommes des vieilles badernes, proches de la retraite.

Vous avez sans doute raison : ces deux réalisateurs, avec leur technique approximative, ne valent guère plus que des pets de chèvre aujourd'hui.


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De vincentp, le 11 avril 2009 à 20:38
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Le film est ressorti en salles récement. Il est à voir, vu ses caractéristiques, tel le "splitscreen" (plusieurs images en parallèles). Vu aussi la puissance du sujet et des images. Verdun, le chroniqueur chouan de dvdtoile, a eu raison de souligner, faucille à la main, il y a déjà un certain temps dans ces colonnes, l'énorme talent de Richard Fleischer.

Nb : en dvd, on ne ressent pas forcément cette dimension "artistique". Les 15 ou 20 chocs que j'ai eu face à des films furent quasiment tous en format grand écran. Exemple, Aventures En Birmanie projeté à l'auditorium du forum des images, sur écran géant, très près du public, et qui n'a rien à voir avec l'impact que l'on peut ressentir avec le support dvd.


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De vincentp, le 17 juin 2014 à 23:07
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Revu ce soir en blu-ray, proposant une image et un son de top niveau. L'étrangleur de Boston est sec, carré, brutal, dérangeant, et atypique, très représentatif du style et des thèmes de Richard Fleischer de la fin des années 1960 – début 1970 (L'étrangleur de Rillington place, Terreur aveugle,…). Fleischer ausculte au plus près les criminels et leurs victimes, les policiers qui enquêtent obstinément, et la société nord-américaine et ses déviances qui gravitent tout autour d'eux. Le cinéaste fait se succéder des plans courts, et des angles de prises de vue divergents…

… et emploie de façon brillante la technique du split screen, multipliant et confrontant les points de vue, visuels, psychiques. Une séquence -fabuleuse- présente le tueur dans un décor ordinaire de salon d'un appartement, assis impassible et silencieux, à coté d'enfants jouant à des jeux de leur âge. La bande-son cabalistique diffusée sur le téléviseur, liée à des événements d'actualité, agit de toute évidence sur la perception mentale de cette personne : les troubles mentaux de cet individu sont produits selon Fleischer au moins en partie par le cadre de la société qui l'environne.


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De Steve Mcqueen, le 12 avril 2017 à 21:06
Note du film : 5/6

Mille fois d'accord avec verdun et vincentp.

Une vertigineuse plongée dans la banalité du Mal et dans la psyché perturbée d'un homme ordinaire. Le procureur général Bottomly, interprété par un Henry Fonda tenace et intègre, met tout en oeuvre pour arrêter l'homme qui terrorise Boston au cours de l'année 1962, étranglant des femmes seules.

Fleischer livre un film froid comme un constat, sec comme un couperet. Dans la première partie, très documentaire, il utilise avec brio le split screen, cette technique qui divise l'écran en plusieurs parties, permettant ainsi de suivre plusieurs actions simultanées. Avec un soin exhaustif, il décrit les errements de l'enquête et la succession des coupables potentiels.

Le cinéaste joue aussi avec l'ellipse, faisant l'impasse sur les meurtres et renforçant ainsi le pouvoir suggestif de ces derniers. Ainsi la caméra subjective adopte à plusieurs reprises le point de vue du tueur, distillant un malaise palpable.

Mais c'est dans la seconde partie du film que Fleischer laisse éclater son génie, à partir de l'arrestation d'Albert DeSalvo (Tony Curtis), un modeste ouvrier sur lequel planent de sérieux soupçons. Homme travailleur et père de famille en apparence tout ce qu'il y a de plus banal, il est en réalité un homme à la psyché scindée en deux, un individu ordinaire gangrené par de profondes pulsions de sexe et de mort. Tout l'art du cinéaste réside dans la façon de montrer comment Bottomly va faire craquer DeSalvo, ou plus précisément pénétrer dans son inconscient et révéler la scission en lui.

Entre les cloisons blanchâtres et immaculées d'une cellule d'hôpital calfeutrée, Fleischer filme alors le duel entre les deux hommes, une guerre d'usure psychologique où Fonda érode peu à peu les défenses de Curtis, en l'amenant avec finesse à reconnaître et mettre des mots sur son trouble psychique.

Ce jeu d'échec mental est porté à bout de bras par l'interprétation saisissante de Tony Curtis, qui donne corps à un monstre attachant, qui donne à voir de façon éblouissante le Mal qui rôde sous l'écorce ordinaire d'un homme comme il en existe des milliers.

Fleischer continuera trois ans plus tard son exploration des dédales d'une psyché dérangée avec l'Etrangleur de Rillington Place.

Un fabuleux diptyque sur la folie dans ce qu'elle a de plus terrifiant, quand elle est dissimulée sous le vernis de la respectabilité et le glacis du quotidien.


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