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Forum : Furie

Sujet : Avis


De urspoller, le 30 décembre 2007 à 18:47

L'inconditionnel de Fritz Lang que je suis regrette de ne jamais avoir visionné une telle œuvre. Mais il faut citer la "performance" d'un acteur "quasiment" débutant nommé Walter Brennan.

A ce propos, je vais essayer un fugace et subreptice retour, en faisant montre équanimité pour une fois, en gribouillant une courte glose sur le truculent Walter Brennan, lauréat de 3 Oscars grâce à une carrière exceptionnelle placée sous l\'égide des plus grands notamment John Ford, Howard Hawks, John Sturges, Anthony Mann, Raoul Walsh, Fritz Lang ou William Wyler. Bref, à l\'exception de sir Alfred Hitchcock, Brennan mît son talent au service des meilleurs réalisateurs d\'outre-Atlantique.

Comment évoquer un acteur à la fois impayable et sobre, naïf et sérieux, évaporé et sensible, hilarant et bougon… Bref, Brennan possède un éventail de capacités scéniques qui le place au panthéon cinématographique des acteurs. Qui ne se souvient pas du petit vieux irascible de Rio Bravo d'Howard HawksJohn Wayne eut l'outrecuidance et l'impudence d'apposer ses lèvres sur le front dégarni de notre héros sus-nommé. Quel souvenir jubilatoire !

Et que dire, de son rôle, dans Le Port de l'angoisse, croustillant où notre cher Walter Brennan campe une éponge humaine imbibée d'alcool au côté d'un Humphrey Bogart pusillanime et pragmatique mais patriote et défenseur des valeurs humanistes jusqu'au bout des ongles, qui apporte aide, soutien et affection à cette vieille carne portée sur la bouteille interprétée par notre héros d'un soir à savoir notre franchouillard Walter !

Un autre souvenir point dans mes réminiscences cinématographiques, le rôle du prisonnier accusé à tort, dans Une Corde pour te pendre de Raoul Walsh qui rend la vie impossible au shérif campé par Kirk Douglas en fredonnant à l\'envi une ritournelle, avec sa voix de fausset, durant la majeure partie de l\'histoire, le tout ponctué de scènes tantôt poignantes tantôt comiques via des mimiques inimitables. Et comment aussi, ne pas évoquer sa prestation d\'une sobriété inhabituelle dans le sublime pamphlet humaniste de Fritz Lang à savoir Les bourreaux meurent aussi où Brennan s\'efface devant son devoir de père et de patriote.

Autre rôle marquant, celui du juge Roy Bean (dans Le Cavalier du désert) joué avec une sensibilité touchante par le truculent Walter Brennan oscillant parfaitement entre hypocrisie, ire, accès d'humeur et naïveté. Walter Brennan reçut ici pour la troisième fois l'Oscar du meilleur second rôle.

Récemment, ce triple lauréat à la récompense suprême pour un acteur, vint se glisser subrepticement dans mon petit écran sous les traits d\'un geôlier au séant sempiternellement cloué au fauteuil. En fait, de ce métrage mineur, intitulé Le shérif(1956) du tâcheron Robert Webb avec le viril Robert Ryan, ne persistent dans mon esprit que deux souvenirs à savoir la ressemblance avec Rio Grande (alors qu'il lui est antérieur) et le rôle –trop bref- de mon Walter préféré, journal dans une pogne et la crosse de son revolver dans l'autre.

Mais, personnellement, le summum de la filmographique très riche de cet immense acteur reste son interprétation dans Je suis un aventurier d'Anthony Mann au coté de James Stewart où l'inénarrable Walter Brennan façonne à jamais sa légende par le truchement d\'un personnage oscillant entre cabotinage assourdissant, passivité stoïque, amitié inaltérable, envies subites de femme enceinte, stupidité feinte, maladresse réelle, loquacité irréfragable et bien sûr une chaude sensibilité qui pourrait faire fondre la totalité de la banquise arctique (oui, je sais voilà une cruelle perspective pour les ours polaires!).

Comme de bien entendu, je pourrais poursuivre cette liste longuement, tellement cet acteur méconnu mérite que l'on s'attarde un peu plus sur sa longue carrière. Faire un éventail exhaustif des qualités de ce bon vieux Brennan me paraît impossible en comparaison de ce talent à l'état brut. Bref, Brennan mérite indubitablement éloges et dithyrambes pour sa filmographie magnifique. Je vous invite donc tous et toutes à vous procurer les métrages de ce personnage atrabilaire et facétieux !

J\'espère que ces quelques propos vous auront donné envie de découvrir ce merveilleux acteur.

In fine, Brennan irradie de sa verve, de sa gouaille, de ses mimiques tout un pan de l'histoire cinématographique américaine, comme Ingrid Bergman illumine à jamais la pellicule ! Pardiou, ils nous manquent ces deux-là !


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De droudrou, le 30 décembre 2007 à 19:38

Le cadre du "Le shérif(1956)" du tâcheron Robert Webb avec le viril Robert Ryan, n'est pas si mineur que cela : cet homme qui perd peu à peu la vue et qui, néanmoins, va accomplir son devoir. Et comme on a oublié quelque peu ce western, on a donc également oublié son générique dans lequel figurent aussi Virginia Mayo et Jeffrey Hunter et une excellente bande originale Toi dont la lumière, tombe ici sur terre…

  • C'est vrai ! On ne me dit jamais rien, à moi ! Alors, Dudd, c'est vrai ? Chance va se marier ?

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De Freddie D., le 30 décembre 2007 à 19:56

Brennan a un autre fan : le patron de bar vietnamien qui rêve d\'une photo de lui nu, dans Good morning, Vietnam !


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De urspoller, le 19 février 2008 à 18:36

Pour remédier à mes carences béantes et aiguillonné par l'insigne commentaire de alhlog, je viens donc de commander le DVD de Furie afin de me forger ma propre opinion sur les qualités de ce métrage et, comme de bien entendu, sur la prestation de Walter Brennan !


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