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Sujet : L'âme russe éternelle


De vincentp, le 8 décembre 2007 à 23:21
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Un miroir reflète la vie d'une famille russe, sur plusieurs générations, et au-delà l'âme russe éternelle. Pouchkine, Dostoievski, Andrei Roublev, l'armée rouge sont appelés en renfort. Sur un plan cinématographique, un chef d'œuvre absolu, impressionnant de bout en bout. Car Tarkovsky, en état de grâce artistique, dit ce qu'il veut, comme il veut, quand il veut, en maniant sa caméra de façon virtuose.


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De Impétueux, le 24 mars 2013 à 11:35
Note du film : 0/6

Je lis, dans un bouquin passionnant, Haneke par Haneke, entretien du cinéaste par deux critiques de Positif (Cieutat et Rouyer) que Le miroir est le film préféré du cinéaste d'Amour : il va falloir que je regarde ce que Vincentp qualifie, sûrement à juste titre, de chef-d’œuvre…


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De vincentp, le 4 juillet à 11:18
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Un des sommets absolus du cinéma d'auteur, réalisé par Tarkovsky en 1975, revu sur grand écran, dans d'excellentes conditions, au sein d'une salle de 412 spectateurs qui affichait complet (c'est une surprise). La première impression que l'on peut avoir en tant que spectateur est le caractère intemporel de l'oeuvre. Le style du cinéaste ne se rattache à aucune époque, ce film pourrait avoir été réalisé de nos jours. Tarkovsky retraçe à sa façon dans Le miroir son parcours (tous les éléments de cette histoire ont été vécus par le cinéaste, explique-t-il lors de la sortie du film à Yves Mourousi (document INA, accessible sur youtube), s'intéressant à l'âme russe, souhaitant associer l'âme du spectateur à son oeuvre, avec l'aide de poèmes écrits par son père Tarkovsky. Le cinéaste a été abandonné par son père à l'âge de trois ans et a développé une relation fusionnelle avec sa mère, parfaitement évidente dans Le miroir.

On remarque le poids dans le récit des quatre éléments de la nature (air, terre, feu, eau) qui possèdent une réalité palpable, agissent sur la psychologie et le physique des personnages. Tarkovsky organise avec ces éléments la circulation des personnages, sons, et lumières dans le passé, présent et futur (cf analyse Jean Douchet accessible sur youtube). Certaines briques du récit m'ont paru difficiles à comprendre mais cet aspect mystérieux sert l'oeuvre, obligeant le spectateur à s'investir. Tarkovsky bâtit son oeuvre à partir de plans-séquences très sophistiqués suivant de près ou de loin la déambulation des personnages sur de longues durées. Le cinéaste, dans le documentaire de Michal Leszczylowski qui lui est consacré, se définit comme un sculpteur de temps. La forme est au service du propos : une conception mystique du monde, ou les artistes occupent le premier plan, et permettent aux anonymes de transcender leurs souffrances du quotidien.

http://www.ina.fr/video/CAA7801492001

Andreï Tarkovski par Jean Douchet – 'Un(..)


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De Impétueux, le 11 septembre à 22:07
Note du film : 0/6

Je crois qu'il ne me serait pas très difficile de donner au Miroir une note maximale et, dans un grand débordement lyrique, d'évoquer l'extrême beauté des images captées ici et là par Tarkovsky, qu'elles soient en noir et blanc ou en couleurs, la parfaite adéquation de la musique, qui intervient de façon rare, mais parfaitement adaptée et qui est de Bach, Pergolese et Purcell, la liberté de ton du cinéaste qui bâtit son film sur un enchantement de souvenirs tristes, drôles ou gais. Et d'ajouter, ce à quoi je suis toujours sensible, ce chant d'amour à l'âme russe, si particulière et si profonde, qui culmine lors de la lecture d'une lettre de Pouchkine expliquant que le schisme orthodoxe, en laissant le pays en marge de la Chrétienté en a fait le rempart du monde chrétien (je résume et amalgame un peu, mais l'esprit est là).

Si les films asiatiques passent devant mon jugement avec un solide handicap dû à leur provenance de cet absurde continent, les films russes, au contraire bénéficient d'un traitement de faveur aussi totalement arbitraire (et surtout qu'on ne vienne pas, la gueule enfarinée, essayer de m'apprendre que les trois quarts du territoire russe se situent en Asie : ça n'a aucun rapport et je ne veux pas le savoir). Ah oui, pour qui a, comme moi, des partis pris, des préjugés et des outrances, Le miroir est un film qui devrait être aimé, célébré, défendu bec et ongles. Un film dont on aimerait pouvoir détester les détracteurs et les sceptiques, qu'on prendrait de haut de toute l'abondance de son mépris orgueilleux. Comment faire autrement ?

Eh bien je me suis copieusement enquiquiné, avec la meilleure volonté du monde cette après-midi, devant ce salmigondis languissant qui ne manque évidemment pas de qualités esthétiques mais où le mélange de séquences écartelées, de poèmes abscons et d'images pluvieuses finit par lasser le spectateur le mieux disposé.

Est-ce que c'est ça, le cinéma ? Des scènes de lumières et de pénombres à peine reliées par ce qu'on devine être l'évocation inconsciente de mille souvenirs rappelés aléatoirement à la mémoire (après tout, pourquoi pas ? c'est le régime des rêves…), des paysages de forêts noyées de froid ou de soleils pâles, des conversations qu'on surprend sans les comprendre, des insertions d'archives (de la guerre d'Espagne à la Révolution culturelle maoïste), des séparations et des désamours ? Est-ce que c'est ça ? Oui peut-être, si l'on veut, une pensée fugace captée par une caméra qui multiplie les travellings avant et arrière et l'exploration minutieuse des objets, les plus rares et les plus banals…

N'empêche que si on n'entre pas à pas furtif dans la chambre chaude de l'enfance et de l'adolescence du réalisateur, dans l'amertume de sa quarantaine, on reste – forcément ! – devant la porte et on attend patiemment qu'il ait fini d'évoquer une réalité à quoi on demeure radicalement étranger. Au milieu du chemin de notre vie, je me perdis dans une forêt obscure ; on a reconnu, cités dans le film, les premiers vers de La divine comédie de notre vieux camarade Dante Alighieri ; certes, mais on n'est pas plus avancé lorsqu'on ne ressent pas d'empathie pour qui vous conte ses misères, surtout avec un fil directeur si ténu qu'on n'en perçoit qu'à peine la trace.

C'est bien beau de filmer une grange qui brûle sous la pluie battante, une chambre dont une autre pluie battante fait s'effondrer le plafond, la douceur d'un soir d'été sur l'immense terre russe. C'est bien beau mais on en reste vite là…

Au fait, je viens de lire sur Wikipédia que Tarkovsky avait été lié à, admiré et aidé par deux des plus célèbres emmerdeurs du cinéma mondial de tous les temps, Antonioni et Bergman ; je m'explique mieux les choses…


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