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Forum : Conte d'hiver

Sujet : Félicie aussi


De vincentp, le 1er janvier 2007 à 12:20
Note du film : 5/6

Félicie, jeune coiffeuse exerçant son métier de coiffeuse à Paris, vit dans le souvenir d'un amour avec Charles qui s'est achevé de façon abrupte. Le moment présent est marqué par cette absence. Le quotidien du salon de coiffure lui paraît bien terne et Félicie cherche une réponse à ses questions métaphysiques et existentielles auprès de Loïc l'intello, qui véhicule la pensée de Pascal et de Platon. Prenant la forme physique d'un ange (superbe séquence de la 59° minute montrant les rideaux d'une fenêtre en guise d'ailes d'ange), Félicie reçoit néanmoins, à quelques jours de Noël, un message divin qui lui indicte de vivre dans l'attente du retour de Charles, le messie. Félicie aussi.

Conte d'hiver met en scène des individus qui souffrent dans leur vie quotidienne et qui aspirent à un monde idéal. Leurs pensées tournent autour des formes que revêtent le profane et le sacré dans le monde d'aujourd'hui. Elles ne sont néanmoins qu'esquissées : chaque spectateur peut glisser dans ce récit ses propres idées et l'interpréter à sa guise.


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De Impétueux, le 25 mai 2009 à 18:28
Note du film : 2/6

Décidément, dans ses Contes des quatre saisons, Rohmer n'est plus le Rohmer inspiré de ses belles années, l'analyste incisif et si miraculeusement juste des égarements du cœur et de l'esprit et me semble tourner en rond dans des histoires artificielles, fausses, ennuyeuses qui ressemblent, sans doute, comme deux gouttes d'eau à celles des Contes moraux et des Comédies et proverbes, mais n'en trouvent jamais la magie et la subtilité. Je crains, hélas, qu'à l'heureuse exception de L'Anglaise et le Duc (qui était bien, mais pas très bien et dont la qualité du sujet palliait d'autres défauts), je crains que le réalisateur n'ait plus tourné grand chose d'intéressant (et encore !) depuis L'ami de mon amie qui date tout de même de 1987.

Par rapport à Conte de printemps et à Conte d'été, Conte d'hiver atteint un sommet de vacuité et peut-être aussi d'ennui.

Dans un paradoxe qui se veut funambulesque, mais qui n'est que vain, le film commence, donc, en plein été, sur une de ces plages atlantiques familières à Rohmer, par l'invraisemblable et niaise bourde que commet Félicie, jeune coiffeuse de banlieue (Charlotte Véry) qui, à l'heure de la fin des vacances, donne une mauvaise adresse à Charles (Frédéric van den Driessche), son amoureux qu'elle a rencontré quelques jours auparavant, dont elle ne connaît pas même le nom de famille, mais qui lui a fait un bébé (évidemment sans que l'un et l'autre le sachent !) avant de partir pour les Amériques où il envisage d'ouvrir un restaurant…

Cinq ans après, et au début de l'hiver, Félicie vit toujours à Levallois, se partage entre sa mère, sa fille et deux hommes fort différents, mais rêve toujours à Charles. Après quelques péripéties qui sont plus verbeuses que subtiles, mais qui permettent aussi de découvrir l'ennui glacé d'un Nevers hivernal, Félicie retrouve par hasard Charles dans un autobus et hop ! roulez Jeunesse ! voilà que ça repart comme ça n'aurait jamais dû s'arrêter.

Je veux bien qu'il y ait toutes les fantasmagories possibles dans les choses de l'amour et, souvent bon public, surtout avec les auteurs que j'aime, j'admets que les coups de pouce à la réalité soient même des coups d'épaule ; mais il y a des limites à ne pas dépasser, y compris dans le genre, qui sont, là, complètement oubliées…

D'abord, je ne crois pas un instant que Félicie, inculte et dotée d'un physique gentillet mais en rien éclatant, puisse être autre chose qu'une passade insignifiante pour un garçon avide d'aventures, séduisant comme Charles l'est, et l'est vraiment. Puis j'imagine encore moins que, cinq ans après leur brève rencontre, et après quelques heures de redécouverte seulement, Charles soit prêt à s'engager pour la vie avec Félicie, bien qu'il soit, fort justement, ému par sa paternité. Enfin, le lapsus idiot qui scelle le destin des deux amants (l'adresse donnée par Félicie mentionne Levallois et non Courbevoie, deux communes qui, au demeurant, sont situées dans le département des Hauts-de-Seine et ne sont séparées que par le cours du fleuve !), ce lapsus, qui est le ressort du film est terriblement capillotracté et assez bêta.

Me reste à voir Conte d'automne, dont je n'attends plus grand chose ; mais un de ces jours, je me replongerai avec délices dans Le genou de Claire ou dans Ma nuit chez Maud


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De vincentp, le 25 mai 2009 à 21:39
Note du film : 5/6

Mais Eric Rohmer n'a pas réalisé au cours des années quatre-vingt dix les mêmes films que ceux des années 70. Les thèmes sont différents. Les idéologies politiques ou religieuses (Ma nuit chez Maud) cèdent la place au cours des années quatre-vingt dix à d'autres sujets, comme la recomposition de la famille. Le traitement narratif évolue également, laissant plus de liberté au spectateur pour greffer au récit son propre mode de pensée.


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De Impétueux, le 27 mai 2009 à 17:45
Note du film : 2/6

Vincentp, vous m'aviez dit à peu près cela sur le fil de Conte de printemps : Rohmer a changé l'orientation de son regard, et même sa manière… Je n'en disconviens pas, mais je n'accroche plus…


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