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Sujet : Un beau et grand psychodrame contemporain


De vincentp, le 25 décembre 2006 à 15:21
Note du film : 6/6

Intérieurs imposa Woody Allen comme un auteur "sérieux", capable de réaliser un drame psychologique majeur.

Woody Allen opère une sorte de synthèse entre le cinéma de Cassavetes et celui de Bergman. A Cassavetes, Woody emprunte ces visages inquiets et perdus, qui reflètent le désarroi d'individus éprouvant les pires difficultés pour vivre en collectivité dans une société qui met en avant la réussite individuelle, et qui précipite dans le fossé ceux dont le comportement n'est pas normatif.

Allen reprend de Bergman le thème des névroses familiales, qui ont pour origine le cadre rigide de la société et la dimension biologique de l'être humain.

La conjugaison de ces deux styles, et l'apport personnel de Woody Allen, produisent un récit original et brillant, qui s'appuie sur une alternance entre des séquences silencieuses et d'autres marquées par des éclats sonores, sur une profondeur de champ variable qui associe ou éloigne les personnages, sur une entrée progressive dans le champ et un angle de prise de vue spécifique de ces personnages (vus de face, de profil, ou de dos), et aussi sur des couleurs et des formes, le tout bien sûr en parfaite adéquation avec le sujet abordé : la famille est un noyau social complexe, dont l'équilibre est fragile ; composée d'éléments rendus instables par l'état de la société, elle est susceptible d'être désintégrée à tout instant.


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De PM Jarriq, le 25 décembre 2006 à 20:23
Note du film : 4/6

Il y a des choses effectivement magnifiques dans Intérieurs, entre autres la confrontation des deux épouses de E.G. Marshall : la froide cérébrale, intellectuellement supérieure, et la femme plus commune, un peu vulgaire, mais drôle et spontanée. L'effritement du personnage de Geraldine Page (extraordinaire !) est émouvant, mais Intérieurs est un film maniéré, "à la manière de", manquant de vraie personnalité. Dans un même genre, Woody Allen a su s'extirper des influences bergmaniennes avec Une autre femme (pourtant pas une oeuvre facile non plus), Crimes et délits, et surtout Hannah et ses soeurs, parfaite osmose entre les deux tendances de sa filmo. Il reste que Intérieurs est un film difficile à oublier : ses plans fixes, le profil de ces femmes tourmentées, la mer grise, le vent… Tout cela renvoie évidemment à Bergman, mais après tout, ce n'est pas une si mauvaise référence. Entre parenthèse, il est vraiment étonnant qu'une collection prestigieuse comme Criterion, continue d'ignorer superbement les films de Allen, et qu'aucun film de celui-ci, y compris Annie Hall (le plus populaire aux U.S.A.) n'ait connu une belle édition avec suppléments et tutti quanti. Ils attendent quoi, exactement ? Qu'il soit enterré ?


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De vincentp, le 25 décembre 2006 à 23:00
Note du film : 6/6

A la manière de ? Cela se discute car émerge ici véritablement un style original et authentique, qui diffère du style de Bergman, notamment par la verve des dialogues, typique du style de Woody Allen.

 

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