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Forum : Rashomon

Sujet : Un sommet du cinéma


De paul_mtl, le 15 novembre 2006 à 14:35
Note du film : 3/6

Je me demande si pour la majorité des critiques japonnais ce film a autant d'importance que pour les critiques occidentaux qui ont découvert Kurosawa a travers ce film.

J'ai trouvé la réponse sur http://en.wikipedia.org/wiki/Rashomon_(film):

Most critics said that the film was a failure "for visualizing the style of the original stories," "too complicated," "too monotonous," and contained "too much cursing." Japanese critics didn't understand why the film got a good reputation from Western countries. They came to the conclusion that the film was "exotic."

Une esthetique tres travaillé avec le style du théatre japonnais (kabuki) mais un propos qui frise le ridicule et m'a assez ennuyé.

On nous parle d'une histoire banale racontée de facon extra-ordinaire à la maniere du kabuki avec un Mifune affichant un masque grimacant, dont les mécanismes psychologiques sont souvent sacrifié sur l'autel de l'esthetique et de la tradition artistique.

A petite dose, j'aime assez cela comme dans Le chateau de l'araigné avec la sorciere mais ici la surenchere m'a ennuyé voir dégouté.

Sur plusieurs sites, il n'y a que des louanges sur ce mélodrame: chef d'oeuvre, bla bla.

La forme est tres originale, tres esthetique dans sa mise en scene mais je n'adhere pas car le contenu n'a que peu de valeur pour moi, tres stéréotypé contes et legendes japonnais.

L'accusé et les témoins du meurtre apres le viol mentent oh la belle affaire.


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De vincentp, le 15 novembre 2006 à 16:33
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Je confirme : c'est un chef d'oeuvre. Libre à vous de préférer Totò, Peppino e… la malafemmina ou les autres films de Kurosawa.


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De PM Jarriq, le 15 novembre 2006 à 17:06

Qui a vu "L'outrage", le remake U.S. de Martin Ritt, transposé (comme Les sept mercenaires, d'ailleurs) au Mexique, avec Paul Newman en bandido, Claire Bloom et Laurence Harvey ? Just curious…


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De paul_mtl, le 15 novembre 2006 à 18:40
Note du film : 3/6

Vincentp (alias paul_XXL),

Relisez ce que vous écrivez avant de valider je vous prie et si vous souhaitez une réponse de ma part, essayez à l'avenir de ne plus écrire des insultes +/- déguisées. C'est sans doute la déformation du critique qui pousse à critiquer l'autre mais le forum est l'ocassion pour beaucoup d'entre nous d'avoir une communication plus intelligente, efficace et respectueuse. Sur un forum japonnais on vous aurrait completement ignoré avec de tel propos. Mais je suis d'origine italienne et j'ai un penchant comme vous pour la polémique et la confrontation intelectuelle à condition qu'elle ne dérappe pas comme ici. Que repondez vous a ces critiques japonnais qui ne comprenent pas le succes en occident ? (à part d'attribuer ca sur le gout de l'exotique) Si vous n'arrivez pas à me comprendre depuis le temps que je suis sur ce forum (9 mois) pour quel raison doit on porter credit à votre comprehension de la mécanique interne des personnages d'un film (1h30) ?


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De droudrou, le 15 novembre 2006 à 20:04

On est quand même confronté à une civilisation qui a ses critères particuliers surtout quand on sait le cadre des différentes histoires mises en image. Quand je compare "Les 7 samouraïs" et "Les 7 mercenaires", les rythmes ne sont pas les mêmes. On se trouve néanmoins confronté bien souvent dans les remakes hollywoodiens à un style très rythmé ou très loupé par rapport aux oeuvres originales. Mais quand Hollywood copie Hollywood, alors là… Houk ! Houk !


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De vincentp, le 15 novembre 2006 à 20:57
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Rashomon est le film qui fit connaître Kurosawa (et le cinéma japonais) au delà de son pays, en 1950. C'est un film brillant, tant sur un plan visuel -la photographie en noir et blanc est superbe- que sur un plan narratif. Il ne pouvait que marquer les esprits de son époque, car très en avance sur celle-ci. Le metteur en scène met en oeuvre la technique narrative qui consiste à relater un même événement selon différents points de vue. On retrouve à la même époque dans des films américains réputés, tels Les girls ou Chaînes conjugales, ce dispositif narratif, utilisé avec autant de brio.

C'est aussi un film qui est extraordinairement bien filmé, et qui montre l'exceptionnel talent de narrateur de Kurosawa, qui atteint alors le sommet de son art avec ce film d'une fluidité et d'un intérêt qui ne faiblit jamais.

Enfin, c'est aussi une brillante réflexion dans la lignée de La règle du jeu sur l'existence, dans une société, de plusieurs vérités possibles. "Chacun a de bonnes raisons" disait Renoir, dans son célèbre film. Kurosawa creuse le même sujet, en montrant pourquoi et comment des vérités parallèles peuvent se développer. Un film monument, qui mériterait d'être étudié sous toutes les coutures à l'école, et qui a sa place, sans discussion possible, parmi les 100 plus grands films de tous les temps.

Il faut rappeler que Kurosawa, qui a avoué avoir été influencé par John Ford, a lui-même influencé un grand nombre de cinéastes contemporains (Spielberg, Lucas, Coppola,…).

On invite donc les plus jeunes internautes qui fréquentent ce site (et à qui est destiné ce message), et qui découvrent le cinéma, à regarder ce film, que l'on peut se procurer en dvd (édité par "le monde" notamment, à un prix modique) pour en apprécier toutes ses qualités.


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De vincentp, le 15 novembre 2006 à 21:36
Note du film : Chef-d'Oeuvre

"J'aurais été ignoré sur un forum japonais ?" (sic). Sur un tel forum, je serais vénéré pour la mise en valeur systèmatique et habile du patrimoine national nippon. A ce jour, je n'ai pas encore rencontré l'ambassadeur du Japon, mais il devrait bientôt me rendre visite, et me remettre au minimum une enveloppe bien méritée et bien épaisse.

Quant à vous, Paul-MTL, on espère que vous n'allez pas alimenter une V pour vendetta sur ce site, avec vos opinions provocatrices et outrancières sur des oeuvres phares et réputées du patrimoine cinématographique mondial. Vous avez une responsabilité à assumer vis à vis des jeunes qui fréquentent ce site, aussi quand vous voyez qu'il est question -à la quasi-unanimité- de chef d'oeuvre, est-il bien judicieux de dénigrer un film ? Si oui, alors il faut avoir de solides arguments, et j'ai le regret de vous dire, que vos arguments sont plutôt faiblards, sur Rashomon.

Pourquoi quelques japonais peuvent-ils s'étonner que ce film soit si réputé, ailleurs qu'au Japon ? Parce qu'ils n'ont pas forcément le recul nécessaire pour comprendre que les films de Kurosawa (et Ozu, Misoguchi) ont une dimension universelle, et qu'ils s'adressent à la planète entière, contrairement à d'autres auteurs plus typiquement nippons.

 

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De droudrou, le 15 novembre 2006 à 21:49

que voulez-vous mon cher vincentp : "seuls sont les indomptés"…


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De Impétueux, le 15 novembre 2006 à 23:12

Mais l'indompté (et indomptable !) Vincentp a raison : il y a des monuments unanimement reconnus pour des chefs d'oeuvre à quoi on ne s'attaque pas sans une solide, vraiment solide argumentation ! Moi qui ne suis pas sensible au cinéma d'extrême-orient (voir mon message sur Printemps, été, automne, hiver… et printemps), que je ne comprends pas et qui m'intéresse moins encore, j'évite d'aller déposer une récrimination sur un de ces films qui font, qu'on le veuille ou non, partie du patrimoine cinématographique mondial, Les sept samouraïs, Les contes de la lune vague après la pluie ou, précisément, ce Rashomon

Après tout, il y a tant et tant de films que nous n'avons pas vus, ou revus et qui ne demandent que notre regard..


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De paul_mtl, le 16 novembre 2006 à 04:01
Note du film : 3/6

Pour le forum japonnais, je parlais des commentaires désagréables et pas des éloges du film.

Ca me semblait pourtant clair mais Vincent ne l'a pas compris ou fait semblant de ne pas comprendre.

Le scenario de Kurosawa repose sur un livre "In a Grove" de Ryunosuke Akutagawa (1921)

Lien:In a Grove

Kurosawa creuse le même sujet, en montrant pourquoi et comment des vérités parallèles peuvent se développer.

Vérités ?! drôle de vérités que vous nous dites là. Comment peut on parler de chef d'oeuvre et se tromper sur le sens et les ingredients qui le composent ? Condamnez mon interpretation d'un film qui parle justement de plusieurs interpretations possibles d'un crime.

Comment vous ne traitez pas de fou les témoins du crime ? Etrange. Chaque protagoniste donne sa vision des choses. Chaque vision est exacte pour un certain nombre de choses et fausse pour d'autres. Le bucheron par exemple ment par omission en oubliant de dire qu'il a trouvé le poignard. Bien sur il n'y a qu'une réalité que le juge doit essayer de redécouvrir avec les recoupements de ces versions.

Ce que je n'ai pas aimé c'est le style tres théatral, tres appuyé avec un Mifune qui attaché se comporte comme un hysterique alors qu'il vient de réaliser un plan astucieux. Les longueurs aussi l'introduction avec ces commentaires des témoins sur l'histoire, cet emphase, le bucheron qui marche longtemps dans la foret, cette femme sans charme pour mon gout, la morale désuete, les sentiments tres marqués …

Alors vincent dit que c'est un chef d'oeuvre, je dit que pour un chef d'ouvre c'est tres décevant.

Ou se situe a travers ces deux interpretations, la réalité et le mensonge ?

La réalité est que le chef d'oeuvre au sens universel est une vision de l'esprit, une chimere que les gens à force de repeter et d'entendre croivent de bonne foi comme une vérité universelle.

Le mensonge c'est cette tour d'ivoire que certains critiques montent haut sur un sol argileux qui peut à tout moment s'écrouler comme la Tour de Pise.

Elle a son utilité mais elle peut faire aussi de l'ombre à d'autres oeuvres qui ne rentrent pas dans ses criteres pré-établis et faire fuir certains amateurs qui ne l'apprecient pas.


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De droudrou, le 16 novembre 2006 à 10:02

Mon cher Impétueux : mais j'ai vu avec mon épouse "Printemps, été, automne, hiver… et printemps" Eh bien, ce n'est pas si mal que cela. Compte-tenu de votre réaction, j'avais quelque peu différé et, de fait, n'ai pas été déçu. Mais c'est vrai qu'il y a quantité d'autres films à voir et revoir. Je vous suggérerais cet excellent nanard que vous aimez beaucoup et qui s'intitule "Catwoman"…

Je sens qu'il risque fort d'y avoir des poursuites…


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De vincentp, le 15 mai 2016 à 23:14
Note du film : Chef-d'Oeuvre


L'argumentaire de Paul_mtl, publié ci-dessus, est discutable ! Rashomon, revu ce soir, est bien évidemment l'un des chefs d'oeuvre de Kurosawa et l'un des meilleurs films de l'histoire du cinéma. Ses qualités sont énormes : interprétation, mise en scène, scénario, mais aussi aspects sonores, aux sommets. Le film démarre avec en arrière-plan une musique répétitive inspirée du… boléro de Ravel, qui cède la place dans la seconde partie, aux bruits de respiration ou de suffocation des personnages, plongés dans un univers de fureur. Réflexion sur la vérité et le mensonge, sur ce qui constitue le coeur de l'activité humaine (des agissements égoïstes, des pulsions malsaines, des dogmes stupides).

Réflexion sur ce qui devrait la constituer (un engagement pour le bien collectif, au service de l'humanité). Passons sur l'interprétation ahurissante de Mifune, l'un des plus prodigieux acteurs vus sur grand-écran. Sa capacité de transformation est phénoménale. Je retiens la grande variété de plans de Kurosawa, tous parfaitement employés, les changements de rythme également, la gestion des mouvements et déplacements -exceptionnelle-. Egalement des regards hébétés de personnages dont on ne sait finalement pas s'ils sont victimes ou coupables. Du très, très grand art cinématographique, qui sera regardé dans 2000 ans comme on regarde aujourd'hui les pyramides d'Egypte.


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