Forum - Le Magicien d'Oz - La dépression s'éloigne...
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Forum : Le Magicien d'Oz

Sujet : La dépression s'éloigne...


De Impétueux, le 30 octobre 2006 à 16:25
Note du film : 5/6

Il n'est pas donné à tout le monde de faire rêver les jeunes filles, qu'elles soient grandes, ou petites. C'est pourtant ce à quoi réussit Victor Fleming en présentant, dans le même millésime de 1939 Autant en emporte le vent (dont j'ai dit déjà toute la fascination que j'en éprouvais) qui avait été immédiatement précédé sur les écrans par Le magicien d'Oz. Il doit y avoir peu d'exemples de quasi concomitance de deux immenses succès du même réalisateur à quelques mois d'intervalle, succès, qui plus est, encore vivaces presque soixante-dix ans après leur révélation.

Il n'y a aucun rapport, d'aucune manière, entre ces deux films sauf à dire qu'ils sont l'un et l'autre inspirés d'un livre (ce qui n'est tout de même pas bien rare au cinéma), mais que celui de Margaret Mitchell survit encore un peu (et, je crois a donné lieu, il y a quelques années à une suite sans doute poisseuse) alors que celui de L. Frank Baum n'a pas dû beaucoup réapparaître sauf dans le Zardoz de John Boorman où il donne la clef du titre.

Tout le monde a vu Le magicien d'Oz, n'est-ce pas ? Enfin…Tous ceux qui ont plus de vingt ans… La télévision, lors des longues après-midi de vacances automnales ou hivernales, passait le film régulièrement et a fait découvrir à plusieurs générations l'étrange aventure de Dorothy (Judy Garland) jetée par un de ces songes terrifiants que vit l'enfance inquiète dans un monde coloré et invraisemblable où, mandatée par un peuple de nains amateurs de sucettes et de rondes enfantines, elle affrontera d'horribles sorcières, sera secondée d'un lion peureux, d'un épouvantail qui perd son chaume et d'un homme de fer-blanc qui rouille, se collettera avec d'affreux soudards patibulaires, découvrira un pot-aux-roses assez surprenant dans le genre sarcastique et finira par se réveiller au milieu de la ferme où elle vit, entourée des personnages qui ont fourni la substance de son rêve…

Tout le monde a vu ce film qui scotche les enfants sages (et les chenapans aussi) à leur siège, mais chaque fois qu'on le regarde, on y découvre une invention nouvelle, dans le traitement de la couleur – ce doit être une des premières réalisations de ce type – dans le soin extrême apporté à la dégaine, au costume des acteurs ou des figurants (la scène de l'arrivée de Dorothy dans le pays d'Oz est une pure merveille) aux décors (le château terrifiant de la Sorcière de l'Ouest)…Puis il y a bien sûr une partition musicale éclatante, pas seulement pour ce standard indestructible de Over the rainbow que l'on peut entendre jouer ou fredonner partout dans le monde…

Il me semble qu'un des plus beaux miracles du cinéma est aussi d'avoir figé à tout jamais pour des yeux éblouis, à la fin de la Grande dépression, Blanche Neige et ce Magicien-là


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De droudrou, le 30 octobre 2006 à 18:48
Note du film : 5/6

D'autant plus vrai mon cher Impétueux qu'il y a un making-of du Magicien d'Oz qui est assez impressionnant et passionnant. Et à l'époque de sa sortie, tout un chacun attendait un cinéma qui le fasse rêver. On a certainement perdu cet aspect important du rêve. On aboutit à des machines techniquement parfaites mais où la part de rêve et d'imaginaire est très lointaine. Il y a un souvenir, certes, mais ces souvenirs n'ont rien de féérique quand on écoute les gamins en parler. Je pense qu'en ce qui nous concerne, nos souvenirs étaient beaucoup plus longs que ceux de la génération actuelle bien trop sollicitée par autre chose. Nous reparlions beaucoup des films ou des dessins animés que nous voyions. La question serait de poser la question à cette jeune génération de savoir comment elle perçoit Blanche-Neige ou Bambi hors les attentes mercantiles des producteurs. Pour ma part, depuis "Il faut sauver la peau de Roger Rabbit" ou quelque chose comme cela, j'ai perdu cette vision du rêve et de l'imaginaire. Les remakes ou les suites de ces grandes productions ont un autre goût qui les éloigne beaucoup des visions issues de la création.

C'est un peu comme nos "dames de Paris" dont la niaiserie aujourd'hui laisse quelque peu pantois, mais en termes de marketing, pour l'époque, les sujets apparaissaient bien étudiés. Les attentes d'une classe ou d'un public. La réponse en termes de rêve.


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De starlight, le 30 octobre 2006 à 19:56
Note du film : 5/6

Le rêve (cinématographique) était d'une toute autre mesure pour les enfants et ados des années 50/60.

En matière de "dessins animés" notamment, on précédait le film par la lecture de contes fantastiques où l'esprit se prenait à inventer des mises en scène et des couleurs… L'émerveillement était "avant" "penfant"

et "après"… Par ailleurs : le cinéma était aussi une récompense… On attendait impatiemment la séance du jeudi après-midi…

Enfin l'intensité du rêve est différente selon les pays…. En Suisse par Ex des films comme Mary Poppins ou The Sound of music, ont occasionné à leur sortie des queues impressionnantes pour retirer les ticket,alors qu'en France… bah !…Puisque nous parlons du Magicien d'Oz, il faut citer en 1978 le film "The Wiz" avec Diana Ross et Michael Jackson… Mon propos n'est pas de faire un rapprochement avec le film de V. Fleming, mais de souligner ce besoin de renouer avec le rêve… J'étais à Genève à cette époque et je peux vous dire que les gamins sortaient de la salle émerveillés… je ne pense pas que la présence de M.Jackson suffise à justifier cet engouement pour le féérique…

A chaque génération ses rêves… Enfin espérons-le !


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De droudrou, le 31 octobre 2006 à 07:19
Note du film : 5/6

Ouaip ! Mais les comédies musicales ne sont pas dans l'esprit… Gaulois.

Nous décrions l'opérette mais y retournons volontiers si ça nous arrange. Par contre, la comédie musicale est typiquement anglo-saxonne. Je connais Impétueux qui risque fort de bondir : Mary Poppins ou La mélodie du Bonheur, les chants en français même si c'est la voix de Mathé Althery… moi, ça me laisse quelque peu rêveur. Je prévère de loin Julie Andrews chantant My Fair Lady en version originale. Ce qui est amusant c'est de constater néanmoins qu'il suffit de traverser la frontière pour voir d'autres moeurs, d'autres façons d'aborder le cinéma et les choses. Cà, par contre, c'est très intéressant pour illustrer nos comportements.


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De Impétueux, le 31 octobre 2006 à 10:45
Note du film : 5/6

Se serait-on mal compris ? Si je tiens La mélodie du bonheur pour un film délicieux, réconfortant, bienveillant et tutti quanti, je ne conçois pas de le regarder autrement qu'en version originale, en tout cas au minimum minimorum pour la partie lyrique ! Outre que Julie Andrews y est excellente, l'idée saugrenue de l'avoir fait doubler, dans la version française par la divette Mathé Altéry ridiculise complètement le film ! Parce que, de surcroît, la traduction livre alors quelques nouilleries obligées du plus grand acabit !

Mais il existe bien, pourtant, une comédie musicale française qui est un chef-d'œuvre : Les demoiselles de Rochefort, diamant isolé dans une production qui, vous avez raison, Droudrou, n'existe guère (les opérettes filmées, d'après Francis Lopez sont ringardissimes, et les productions du type Nous irons à Paris, d'ailleurs confinées aux années Cinquante, sont un tout autre genre).


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De gaulhenrix, le 31 octobre 2006 à 11:29

Quoi ?! Le mot "Gaulois" employé malicieusement par "droudrou" n'a pas déclenché les foudres "impétueuses" ! Mais que se passe-t-il donc ?!


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De starlight, le 31 octobre 2006 à 12:44
Note du film : 5/6

Je voudrais répondre plus précisément à IMPETUEUX en ce qui concerne les "musicals"… Nous sommes bien d'accord… il faut "entendre" en VO, c'est tout l'intérêt… Etant un fan de ce genre de films, j'ai toujours privilégié ce choix, ce qui évidemment m'a conduit à voyager… à l'Etranger!… Etant "difficile,

je cherche la version 70mm – l'écran du style "Cinérama", etc…. Mais tous ces détails font partie d'un tout… Ce qui me gêne, ce n'est pas surtout le problème des voix en "français", mais l'indigence de la traduction…sans compter la différence de tessiture entre la partie chantée et les dialogues du film…

Bon ! il est vrai que ce n'était pas la voix d'A. Hepburn dans "My fair Lady"… mais le choix des chanteurs sont plutôt judicieux en VO…

Je vais en terminer pour dire que "The Sound of Music" va se jouer sur les scènes londoniennes à compter du 03 novembre… Le rôle de l'héroïne sera tenu par Connie Fisher qui a été repérée dans un show télévisé ; show tournant autour des Comédies Musicales… Encore une fois les anglo-saxons sont friands de ce genre de spectacle !… Personnellement j'irai voir la mise en scène (j'ai la chance de pouvoir prendre l'Eurostar le samedi matin et de rentrer le soir, puisque les théâtres londoniens jouent "on Saturday")…

Pour en terminer et faire "bondir" IMPETUEUX…il fut un temps ou je me faisais une "petite collection" de CD des musicals en différentes langues…. disons pour m'amuser !…. Marrant d'entendre "La Mélodie du Bonheur" en "japonais" !!!… C'est encore autre chose par rapport à cette "pauvre" M. Althéry… qui (d'après moi) avait une très jolie voix d'opérette…

  

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De droudrou, le 31 octobre 2006 à 13:39
Note du film : 5/6

Pour Mathé Altery, concernant Impétueux, j'avais cru comprendre… J'ai eu une grande peur ! Ce qui me ferait reprendre la réflexion d'un "forumeur" à propos d'une pièce interprétée par Robert Lamoureux : comment peut-on ? comment peut-on ?… oser traduire en français des chants qui, en anglais, ont une toute autre signification.

Par contre,à propos de My Fair Lady, je précise bien que la version cinématographique avec Audrey Hepburn n'est pas "doublée" par Julie Andrews qui a été bien frustrée de ne pouvoir reprendre un rôle dont elle avait assuré une pérénité (!) pendant quelques saisons… avec Rex Harrison et les autres interprêtes… Pas assez commerciale selon les frères Warner… Ouaip !

Pensant à Mary Poppins, il y a cet instant de "rire" où l'acteur nous chante "I love to laugh" par exemple qui sonne tout autrement que "J'aime rire" ou "rigoler"…


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De Impétueux, le 31 octobre 2006 à 16:20
Note du film : 5/6

Je vois donc avec plaisir que nous sommes tous d'accord ! Et je trouve que l'idée de Starlight de collectionner les versions exogènes des comédies musicales qu'il apprécie est excellente et a dû lui réserver de bien belles bosses de rire…

Je n'ai pas d'avis musical sur les qualités de Mathé Altéry qui, aux temps de nos adolescences faisait dans l'opérette et la variété ; mais de toute façon, quelles qu'aient été ses talents, il n'était pas admissible qu'on pût remplacer la voix, la tessiture et…les paroles de la version originale.

Le débat est, à mes yeux, clos : ce n'est pas celui du doublage : Arca a là-dessus des idées fort pertinentes, nourries d'une réflexion sur les co-productions : regarder Mes chers amis en France, en se privant des voix si caractéristiques de Philippe Noiret et de Bernard Blier n'est pas concevable ; de la même façon, j'ai essayé de voir Don Camillo en version italienne, avec une autre voix, donc, que celle de Fernandel : intolérable ! Mais je suppose que nos amis transalpins pourraient dire la même chose "à l'envers" : se priver des VRAIES voix d' Ugo Tognazzi ou de Gino Cervi, qu'ils connaissent bien ne leur est pas possible !

Conclusion : vive le DVD qui, grâce à ses pistes multiples permet ce choix !

(Je vous rappelle que nous sommes sur le fil du Magicien d'Oz et que nous allons nous faire gronder pour cette nouvelle digression).


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De Andrews, le 29 novembre 2006 à 18:39

Pour argumenter sur My fair lady ce qui faut savoir c'est que bien sûr Julie Andrews n'a pas eu le rôle car trop peu connue à l'époque, pour les studios, Mais la même année aux Oscars 1964 elle était en compétition pour l'oscar de la meilleur actrice pour son rôle dans Mary poppins et Audrey pour My fair Lady et c'est julie qui reçut l'oscar. Petite vengeance pacifique qui a du clore le bec aux Studios qui n'ont pas voulu d'elle.


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De starlight, le 29 novembre 2006 à 19:13
Note du film : 5/6

Eh oui… Cela a dû être d'autant plus "râlant" que Julie ANDREWS a joué cette comédie musicale pendant plusieurs années avec notamment Rex HARRISON, le partenaire d'A. HEPBURN dans le film !… Celà dit : le vie est bien faite… on retient aujourd'hui dans notre esprit la silhouette gracile et distinguée d'A. HEPBURN… à tel point que l'on oublie presque que ce n'est pas sa voix pour la partie chantée !


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De Impétueux, le 29 novembre 2006 à 20:03
Note du film : 5/6

Tsss, tsss, tsss ! Je rappelle que c'est le fil du Magicien d'Oz et que si j'ai contribué largement à la dérive, il serait temps de revenir aux fondamentaux !

Vous allez me contraindre d'aller déposer plus tôt que je ne l'avais prévu un blanc caillou sur le fil du Chant du Missouri afin que soit célébrée haut et fort la gloire immarcescible de Judy Garland !


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De Norman Bates, le 7 janvier 2014 à 21:31
Note du film : 6/6

Qu'il est agréable durant les périodes de fêtes de revenir aux fondamentaux du cinéma, au rêve que cet art est capable de transmettre au spectateur.

Car c'est bien de rêve qu'il s'agit dans ce film légendaire, patrimoine de l'entertainment américain, sublimé par la magnificence des décors, le minois de Judy Garland et les étonnants effets spéciaux.

Le co-réalisateur Victor Fleming (co-réalisateur car 3 autres artistes dirigèrent le film mais ne furent pas crédités au générique… ce qui peut surprendre: comment un tel patchwork de cinéaste a-t-il pu accoucher d'un tel chef-d'oeuvre?!), le co-réalisateur donc parvient d'un coup de baguette magique à transposer une oeuvre littéraire enfantine sur grand écran alors même que le pari pouvait paraître impossible.

Je crois avoir lu sur ce forum que certains considèrent Tintin comme une oeuvre impossible à transposer sur grand écran, sans doute les contemporains de Victor Fleming ont-ils eu la même réaction en découvrant le projet. Comment, en 1939, était-il possible de croire que l'on pouvait mettre en scène une tornade, une maison flottant dans les airs, des chimpanzés volants et faire chanter des Munchkins par dizaines?

Ce diable de Fleming y parvint en apportant un soin particulier aux décors et en maîtrisant parfaitement la technique du technicolor (quelle scène magnifique lorsque Dorothy et Toto passent du noir et blanc aux couleurs vives de Munchkindland). Il saupoudre et distille quelques musiques devenues cultes (et oscarisées) et crée des costumes de toute beauté pour obtenir le résultat que l'on connaît.

Malheureusement, le film semble souffrir de terribles raccourcis qui laissent un goût d'inachevé. Peu importe, pour Fleming, l'important est ailleurs, il présentera deux films en compétition pour l'oscar du meilleur long métrage en 1940 (le magicien d'Oz et autant en emporte le vent), exploit tout à fait singulier et improbable de nos jours!


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De vincentp, le 7 janvier 2014 à 22:49
Note du film : 4/6

Selon le bouquin "1001 films" paru chez Omnibus, "il s'agit d'un triomphe du producteur Mervyn Leroy qui s'est chargé de rassembler les éléments d'un film complexe."

Le film That's entertainment ! insiste, lui, sur le rôle de Arthur Freed.

L'oeuvre d'un studio (MGM) par excellence.

Tout le monde a vu Le magicien d'Oz, n'est-ce pas ? Non, pas vu pour ma part.


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De Tamatoa, le 16 janvier 2014 à 21:46
Note du film : 5/6

En tous cas, Hervé Villechaize, acteur français très connu au États-Unis (L'homme au pistolet d'or, L'île fantastique) l'a vu, lui. Juste avant de se tirer une balle dans la tête. Il n'a pas voulu partir avant de le voir une dernière fois. C'était son film préféré … Et chaque fois que je vois ce film, j'ai toujours une pensée pour lui. Et dire que le titre de ce fil s'intitule "La dépression s'éloigne…"


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De Impétueux, le 17 janvier 2014 à 15:19
Note du film : 5/6

La vie de nain n'est pas chose si facile et la gentille vison donnée par Mimie Mathy dans Joséphine ange gardien doit être assez éloignée de la réalité vécue. J'ignorais qu'Hervé Villechaize s'était suicidé. Delphin, le principal du collège de Zéro de conduite s'est asphyxié au gaz en 1938. Lui n'avait pas pu voir ce monde idéal et coloré du Magicien d'Oz où, le temps du rêve de Dorothy, les nains du pays fabuleux vivent une existence normale…


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De Norman Bates, le 13 mars 2014 à 18:35
Note du film : 6/6

J'ai écrit ici même, il y a peu, que la double nomination de Victor Fleming dans la catégorie meilleur film aux oscars de 1940 était tout à fait singulière… Autant pour moi, Francis Ford Coppola a été nominé à deux reprises également aux oscars de 1975 pour conversation secrète et le parrain, 2ème partie. Il est reparti avec la statuette pour ce dernier film…


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De vincentp, le 9 décembre 2014 à 21:44
Note du film : 4/6

Avis très mitigé, pour un film certes bien fait mais surtout mièvre et guère emballant. La réputation de ce film me parait très largement surfaite.


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De Impétueux, le 10 décembre 2014 à 14:53
Note du film : 5/6

Je pense, Vincentp, que pour apprécier Le magicien d'Oz, il faut avoir conservé ses yeux de gamin… ou le regarder en compagnie d'enfants qui s'émerveillent et qui s'imaginent pouvoir faire partie de la guilde des sucettes…


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