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Forum : La Planète des singes

Sujet : Avis


De droudrou, le 1er octobre 2006 à 18:30
Note du film : 5/6

Après les déviations de la "Traversée de Paris" et pour évoquer diverses fins de films, dont en particulier "La planète des singes", nous sommes bien revenus sur Terre puisque nous avons une vision de la statue de la liberté…


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De PM Jarriq, le 1er octobre 2006 à 18:36

Il n'y a jamais eu la moindre ambiguïté sur la fin du film de Schaffner. Evidemment qu'on est sur terre. C'est même ce qui donne tout son sens au film. Par contre, il y a eu moult controverses sur l'épilogue du remake de Burton, auquel personne n'a rien compris. Et là, par contre, il y a eu des tas et des tas d'interprétations !


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De droudrou, le 1er octobre 2006 à 21:12
Note du film : 5/6

Celui de Burton, je ne l'ai pas vu et je me refusais à le voir.

Je vais rechercher une information et je reviens à mon message.

Wouaip ! De Tim Burton je n'ai vu que "Ed Wood" (!). J'ai beaucoup aimé. Mais je crois qu'avec l'âge (eh oui !…) trop de films revus avec les moyens de l'informatique au niveau des masses mises en scène me fatiguent. Certains sont amusants et bien faits mais il y a quelque chose de cassé si bons soient les trucages.


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De droudrou, le 1er mars 2007 à 12:32
Note du film : 5/6

Tout d'abord, je vais modifier ma notation, passant de 4 à 5 après avoir revu le film.

Quelle vision est-il possible d'avoir de ce film qui date de 1969 ? Et comment fallait-il ou faut-il le regarder ?

D'abord, on ne peut que saluer le travail des scénaristes qui ont transposé le bouquin de Pierre Boule. Transposer Le pont de la rivière Kwaï était déjà un travail magistral. Adapter La planète des singes sans aboutir au ridicule mérite un sacré coup de chapeau.

A l'époque de sa sortie, il n'était qu'une superproduction qui, comme tant d'autres, mettait en scène notre Charlton Heston… j'allais presque écrire national. Il a été mis à toutes les sauces et le dernier film de Tim Burton nous l'a carrément transformé en singe…

En revoyant le film, on s'aperçoit qu'il est nettement moins anodin qu'il ne pourrait le paraître d'une première vision extrêmement rapide où l'on n'y verrait qu'un film d'aventures (un de plus) mettant en scène des hommes et des singes… L'homme est toujours très heureux quand, se rendant dans un zoo, il retrouve ses frères simiesques…

Avec plus ou moins de bonheur, depuis 2001, l'Odyssée de l'Espace Hollywood s'est efforcé de poser la question en images de savoir d'où nous venions et où nous allions. Les premières images du film s'essayent à nous faire comprendre le phénomène de la relativité du temps et de l'espace… Et par ailleurs, la fuite dans le caisson de pressurisation de la cabine nous fait comprendre les risques inhérents aux longs voyages interplanétaires qui sont l'objectif vers lequel nous nous dirigeons afin de pouvoir retrouver nos origines.

La question qui se pose hors Darwin et l'évolution relative des espèces est de savoir si l'homme est natif de la terre ou s'il n'est un phénomène venu de bien ailleurs. L'autre "question" est évoquée en filigrane dans le film puisque, hélas, la morte, outre sa contribution scientifique, était de participer à essaimer un nouveau monde ou un monde nouveau avec ses trois compagnons…

S'il ne nous est pas possible de comprendre la mutation qui a pu s'opérer entre "l'homme et le singe" ou "le singe et l'homme", c'est selon, pour le moins le singe parle tandis que l'homme est privé de la parole.

Pour le moins, répondant à un archétype de construction, nous apprenons qu'il est une zone interdite et qu'au delà de celle-ci, le singe ne peut plus prétendre de rien… Et le comportement final de Zaïus correspond à un comportement type de nous ou notre civilisation (et ses responsables) qui va être de supprimer les preuves en faisant exploser l'entrée de la grotte où des vestiges nous apportent non une vérité, mais une réalité.

On ne peut qu'apprécier le travail des scénaristes qui nous apportent une vérité qui nous concernent, nous les hommes, dans nos comportements : il ne nous semble guère possible d'innover dans nos schémas à la fois actifs et penseurs. Dès l'instant où nous nous trouvons confrontés à devoir innover, en fait, nous nous retranchons derrière des clichés que nous semblons vouloir reproduire et user à satiété. Le monde créé par les singes est issu de nos modèles. On y trouve tout y compris les bases d'une religion avec tout ce qu'elle peut représenter. L'être parfait ou l'être divin tandis que le margat (*)(le gamin singe) très intéressé par ce que nous dit "l'orateur" (orare en latin) ou prêcheur ne peut s'empêcher de reporter son attention sur un Taylor en fuite (le pauvre Taylor, plus très riche donc, qui est vêtu de hardes et qui en voit de hard).

Peut-être qu'innovant, sortant de nos schémas, arriverons-nous à créer un monde meilleur ? Pour le moins, je ne pense pas que les singes, imitant les hommes, y parviendront puisqu'ils ont des armes et semblent avoir abandonné la cueillette pour se livrer à de gigantesques battues à l'homme.

Les comportements, nos comportements, sont très bien rendus même si, à première vue, ce que nous semblons voir sur l'écran peut nous paraître désuet, insignifiant.

Pourtant, les dernières images sont sans équivoque quand nous découvrons la statue de la liberté et que l'action du film se déroulant à l'origine en 1972, l'holocauste nucléaire a eu lieu, ramenant les survivants à l'état primitif des cavernes et à devoir vivre au sein d'une nature transformée et hostile.

Le pauvre Taylor, si égoïste, va devoir se dépenser pour reconstruire avec Nova un autre monde, peut-être notre propre monde de l'origine (l'enfant venu des étoiles du film de Stanley Kubrick)… Nul n'a de réponse pour l'instant et c'est bien ce qui nous amènerait à avoir plus d'humilité face à la création et face à ce que nous appelons "la nature divine"…


Il y a dans le film une scène que j'ai redécouverte et qui m'a beaucoup plu et que je réserve à votre vision si les détails ne vous en étaient pas apparus : Taylor est confronté à un tribunal de singes. 3 singes sont là pour le "juger". Observez les attitudes des simiesques : l'un se bouche les oreilles, l'autre se cache la vue et le dernier a la main posée devant la… bouche. Ne rien dire, ne rien voir, ne rien entendre.

C'est très fort. C'est même très très fort. Et c'est ce qui m'amène à m'interroger sur la volonté de l'équipe réalisatrice à l'origine de ce projet et à modifier d'autant plus ma notation… Loin d'une innocence apparente, il est une véritable question qui se place entre ces trois films : 2001 : l'Odyssée de l'espace – Soleil Vert – La planète des singes.

(*) chez nous, dans le Nord, un margat est un gamin…


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De Gaulhenrix, le 1er mars 2007 à 19:32
Note du film : 5/6

Le film de Schaffner est très réussi, comme tu le montres, droudrou. Mais le roman de Pierre Boulle est, également, excellent. Et je le considère volontiers comme un authentique conte voltairien : on y trouve en effet la même ironie – tout à tour subtile et mordante – au service d'une réflexion sur l'être humain et sa prétention (Cf. Micromégas, en l'occurrence !).

Le roman, sensiblement différent, s'ouvre sur un couple, Jinn et Phyllis, qui « passe des vacances merveilleuses dans l'espace »,. Ils découvrent une bouteille, la récupèrent et en extraient un manuscrit qui raconte l'histoire d'un certain Ulysse Mérou en 2500. Le livre est le récit de cet explorateur de l'espace et correspond, peu ou prou, aux événements présentées dans le film. Le dernier chapitre est un retour au point de départ avec Jinn et Phyllis qui achèvent ainsi leur lecture et dont l'étonnement est à son comble : « Des hommes raisonnables ? Des hommes détenteurs de la sagesse ? Des hommes inspirées par l'esprit ?… Non ce n'est pas possible ; là, le conteur a passé la mesure. » Une toute dernière phrase – coup de théâtre – révèle que Jinn et Phyllis sont deux singes.

Pierre Boulle, de formation scientifique, raille l'aveuglement du dogmatisme, le refus de l'esprit critique et de la vérité qui l'emportent sans cesse sur la raison. Il prend même un malin plaisir à démontrer que toute conclusion scientifique erronée peut être présentée comme vraie avec la plus grande cohérence. C'est ainsi que nos arguments évolutionnistes en faveur de la supériorité de l'homme sur le singe sont repris par Zaïus pour justifier l'inverse, à savoir l'inéluctable triomphe du singe sur l'homme. C'est irrésistible !


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De droudrou, le 1er mars 2007 à 23:11
Note du film : 5/6

D'accord avec toi, Gaulhenrix – Il y a divers bouquins de Pierre Boulle dont j'ai oublié les titres. Sa "littérature" apparaît toujours plus ou moins bizarroïde. Mais il me semble aussi qu'il a écrit un bouquin racontant l'apocalypse atomique et qui a été mis en scène au cinéma… Le récit se déroule dans un village du sud de la France (j'allais écrire : de la Gaule…).

A bientôt. Merci de tes compléments.


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