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Sujet : Chaleur de la Casbah....


De Impétueux, le 15 juin 2006 à 17:49
Note du film : 6/6

Tous les clichés de la France d'avant-guerre s'emmêlent et s'entassent dans ce Pépé le Moko, et, pour autant, par leur redondance même ne lassent, ni n'agacent.

Outre l'exotisme de la Casbah d'Alger, son côté carte postale (délicieuse présentation du site par l'Inspecteur Slimane (Lucas Gridoux) aux policiers métropolitains), il y a le malfrat bourreau-des-cœurs (Gabin, forcément), son emprise sur la petite bande de truands qui voit en lui un père – Pierrot – (Gilbert Gil) ou un frère – Jimmy – (Gaston Modot), voire un neveu doué – Grand-Père – (Saturnin Fabre). Naturellement, il y a le traître gluant de veulerie, Régis (Charpin) qui, son forfait découvert sera exécuté, lors d'une des plus belles scènes du film, sur ritournelle de piano mécanique, par celui qu'il a trahi, Pierrot, mourant et soutenu par tous les autres qui l'aident à tirer.

Il y a bien sûr, la belle amante exotique, Inès (Line Noro), possessive, jalouse, dévorante, qui ne parviendra pas à retenir son mec, happé par Gaby (Mireille Balin) poule parisienne venue s'encanailler dans la Casbah pour supporter l'ennui que lui fait subir le gros porc suant-soufflant qui l'entretient.

Tous les clichés, vous dis-je, y compris la rengaine entonnée à tue-tête par Gabin sur les toits blancs de la Casbah, qui fait croire à Inès qu'il est heureux, alors qu'il ne chante que parce qu'il a rencontré Gaby…

Et donc, forcément, comme toujours dans ces histoires de paumés qui voudraient – et pourraient presque – refaire leur vie, ça finit mal. Comme dans Quai des brumes, il y a du sang de Gabin sur le pavé…

Romantisme du mauvais garçon, romantisme de l'Afrique du Nord (Mon légionnaire – la chanson – date à peu près de la même époque), romantisme des amours idéales, donc impossibles…

Fatalitas ! (comme lance Chéri-Bibi vingt ans auparavant).


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De vincentp, le 2 septembre 2007 à 22:43
Note du film : 5/6

Vous oubliez Impétueux de préciser que le regard porté sur ce petit monde est très colonialiste ("les nègres"…). Les gens du cru sont des grands enfants un peu niais, à la merci de la grande intelligence des colons blancs. Ceci n'enlève rien au charme de ce film, qui a fait l'objet d'une édition dvd de qualité par Studio Canal + avec une présentation synthétique très complète (concernant le fameux "réalisme poétique" à la française de cette époque, les dialogues… ). Tout est dit : il n'y a qu'à appuyer sur la touche "lecture" !

La mise en scène, redoutablement efficace et carrée de Duvivier me fait penser par moments à celle de Fritz Lang.

Curieusement, quelques scènes d'arrière-plan sont apparus floutées sur mon écran, de temps à autres.


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De Impétueux, le 3 septembre 2007 à 00:18
Note du film : 6/6

Il me semble que lorsque j'écris – par deux fois – Tous les clichés de la France d'avant-guerre sont en place, je n'oublie précisément pas de marquer une distance avec un langage ou des attitudes qui peuvent aujourd'hui surprendre, mais qui étaient alors une réalité – pas bien méchante, sans doute un peu condescendante, mais de parfaite bonne foi -.

Je pourrais trouver des pages entières de citations, de Voltaire à Jules Romains, de Diderot à Maupassant, où les Africains sont appelés nègres ; ça ne se dit plus, et ce n'est pas plus mal, mais on ne va pas expurger toute la littérature française (et mondiale !) comme on veut expurger Tintin au Congo !


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De Xaintrailles, le 3 mai 2008 à 14:36
Note du film : 5/6

Contrairement à Vincentp, je ne trouve pas la moindre trace de condescendance dans Pépé le Moko, à part, si on veut, le léger dédain du touriste incarné par Temerson qui pense que "la musique indigène, ça doit être drôle". Mais justement, c'est l'idiot de service, le gros balourd qui se croit malin et qui n'est que ridicule. Quant à "nègre", c'est un terme d'époque comme "heimatloss" ou "indigène". Après, on a dit "un noir", maintenant on dit "un black", mais qu'est-ce qu'on y a gagné, à part une progression du franglais ? D'ailleurs, Léopold Sédar Senghor a parlé de "poésie nègre" et inventé le terme de "négritude", sans, bien entendu, la moindre intention méprisante.


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