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Sujet : Profond et touchant


De sartorius, le 1er août 2003 à 18:06
Note du film : 5/6

Un des films les plus mélancoliques et les plus sombres d'Ozu sur la vieillesse. Un film très profond et particulièrement touchant. A voir absolument.

C'est une très bonne nouvelle de trouver une nouvelle édition de ce film en DVD (juste dommage pour moi d'avoir déjà acheté le film aux éditions "Les films de ma vie", les seuls à sortir des films d'auteurs mais toujours et hélas sans aucun bonus) et rendre hommage à ce grand qu'était Ozu. Quel bonheur pour la France de pouvoir découvrir ou redécouvrir ses films et l'homme.


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De vincentp, le 25 juin 2006 à 21:38
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Un excellent film !


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De vincentp, le 28 juin 2006 à 11:07
Note du film : Chef-d'Oeuvre

"Voyage à Tokyo a été élu 5e plus grand film de l'histoire du cinema par la revue britannique Sight and Sound en 2002. Le classement était alors établi par 250 critiques et cinéastes internationaux" (source allo cine).

Il ressort au cinéma en copie neuve dans plusieurs salles françaises. Il faut en profiter.


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De RdT, le 12 juillet 2006 à 11:34
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Indiscutablement ce film est un chef d'oeuvre. Setsuko Hara y est bouleversante. La façon dont Ozu fait passer le spectateur des apparences à la réalité des sentiments est d'une justesse et d'une efficacité rarement égalée au cinéma.

Un film foncièrement humaniste dont on sort grandi. Je rejoins Vincentp pour qualifier ce Voyage à Tokyo de chef d'oeuvre. J'y ai retrouvé les formidables qualités esthétique qui m'avaient impressionnées dans Bonjour.


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De vincentp, le 8 février 2011 à 23:44
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Revu ce soir sur grand écran, un peu fatigué après une journée de travail. Pas d'émotion ressentie peut-être en raison de cette fatigue (ce bon film perd donc quelques places dans mon hit-parade personnel), juste l'impression d'avoir affaire à un récit impeccablement écrit et filmé. Une émotion se dessine toutefois petit à petit autour du personnage central interprété par Setsuko Hara, qui prend sur elles tous les défauts de ses beaux-frères et belles-soeurs, développe un comportement humaniste sans faille, et finit par être récompensée de ses actes par une leçon de sagesse et d'intelligence comportementale et sociale dispensée par Chishu Ryu. Et des dialogues étourdissants sur les relations enfants-parents (universelles) et frères et soeurs aussi. J'ai tout particulièrement apprécié le final, magistralement réalisé (à la fois synthèse des développements précédents, et ouverture vers d'autres thèmes, montrant aussi par des scènes à deux personnages comment la psychologie des individus est en constante évolution et jamais figée). Mais il y aurait beaucoup à dire encore, et j'attends maintenant l'analyse de Jfr, du forum, qui était ce soir également dans la salle…


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De Impétueux, le 18 décembre 2013 à 18:31
Note du film : 4/6

Mon manque total d'empathie envers les rituels et modes de pensée japonais ne m'empêche pas d'avoir pris beaucoup d'intérêt à Voyage à Tokyo. Le film est mesuré, triste, intelligent. Il présente avec une grande finesse le paysage désolé de la vieillesse, les chemins qui s'écartent de plus en plus entre les vieux parents et les enfants qui sont partis, qui ont fait leur vie, qui portent désormais sur leurs épaules la charge lourde des soucis professionnels et affectifs qui envahissent l'âge adulte.

Et ce qui est bien, c'est qu'il n'y a pas, ou à peine, ou guère de condamnation emphatique, de reproches cruels, de réprobation facile de l'attitude de ces enfants devenus grands, même si les vieux parents constatent avec amertume que c'est leur belle-fille Noriko (Setsuko Hara) qui leur aura donné le plus de douceur et de tendresse. Mais tout le monde a ses raisons, comme disait Jean Renoir et Koichi (Sô Yamamura), Shige (Haruko Sugimura) et Keizo (Shirô Osaka), les deux fils et la fille de chair ne sont pas des monstres, des ingrats ou des indifférents : ils sont simplement englués dans leur propre vie, qui n'est pas particulièrement gaie, ni réussie. C'est peut-être, d'ailleurs, parce que Noriko est veuve et seule qu'elle peut s'ouvrir avec bonté à ses beaux-parents ; va savoir ! Les vieux comprennent sans révolte ce qui leur arrive, d'ailleurs : Quand les enfants vivent, ils deviennent lointains.

Ce film de 1953 préfigure d'ailleurs avec talent une réalité qui va devenir de plus en plus prégnante, du fait du ridicule allongement de l'existence humaine et de la déchéance évidente qu'elle induit pour les vieillards : l'admirable Amour de Michael Haneke montre avec une lucidité plus crue l'extrême solitude du personnage de Jean-Louis Trintignant face à sa fille Isabelle Huppert : quoi qu'on fasse, on ne peut combler un fossé béant.

Un autre film, d'avant-guerre (1937) montrait aussi, sans doute de façon plus spectaculaire que Voyage à Tokyo, de façon moins pudique en tout cas les ravages de la vie qui passe ; c'est Au crépuscule de la vie (Place aux jeunes), de Leo McCarey : les vieux, quoi qu'on en dise, ça finit par gêner. Ce qui n'empêche pas de les pleurer, sincèrement, et de vouloir garder d'eux des souvenirs et des oripeaux.

Il paraît que le film d'Ozu figure régulièrement dans la liste des meilleures œuvres cinématographiques de tous les temps, ce qui m'interloque tout de même beaucoup et me laisse penser que ces listes-là sont toutes pénétrées du politiquement correct qui exige qu'on glisse dans ses choix quelque chose de non-occidental ; parce que classer ce film subtil, mais aux images assez banales, filmé assez frontalement dans un Panthéon du Septième art est plutôt gonflé. Et en écrivant ceci, je m'efforce de faire abstraction de mon agacement devant la multiplication des courbettes que se font à tout instant les protagonistes et de ma stupéfaction de leur apparente impossibilité de s'embrasser ou seulement de se donner une accolade… Quel pays !


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De vincentp, le 18 décembre 2013 à 21:41
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Encore un petit effort et vous deviendrez féru de Ozu, Mizoguchi, Kurosawa, et nous pourrons enfin discuter de choses sérieuses sur ce forum, loin des plaisanteries échangées sur des fils relatifs à par exemple Ah, les belles bacchantes ! !

A eux trois, les cinéastes japonais cités ci-dessus ont du réaliser une petite vingtaine de chefs d'oeuvre pouvant figurer parmi les cent meilleurs films de l'histoire du cinéma. Le cinéma japonais est plutôt sous-représenté dans les listes occidentales censées énumérer les "cent meilleurs films de tous les temps". On y trouve Voyage à Tokyo mais il pourrait y avoir nombre de ceux que j'ai énumérés dans le fil parallèle de Voyage à Tokyo. A savoir :

Chien enragé
Rashomon
Les Sept samouraïs
Le Château de l'araignée
Entre le ciel et l'enfer
Printemps tardif
Printemps précoce
Eté précoce
Voyage à Tokyo
Le goût du riz au thé vert
Fin d'automne
La Rue de la honte
L'Impératrice Yang Kwei Fei
Le Héros sacrilège
Les Amants crucifiés
L'Intendant Shansho
Les Contes de la lune vague après la pluie

Tous ont été réalisés entre 1949 et 1963.


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De Impétueux, le 18 décembre 2013 à 22:54
Note du film : 4/6

Dites-moi Vincentp, je vous connais d'admiration facile et inflationniste sur les chefs-d’œuvre… Mais tout de même, ce Voyage à Tokyo, gentil petit film intimiste, plein de qualités mais sans éclat ni brio, il faudrait que vous disiez ce que vous lui trouvez d'extraordinaire…

J'ai plutôt apprécié, mais ça n'a vraiment rien de commun avec ce que j'appelle chef-d’œuvre, La Maman et la putain, Shining, Autant en emporte le vent ou Le voleur de bicyclette (je m'efforce d'aller chercher mes exemples dans des domaines extraordinairement différents).

Et il va de soi que si je devais partir pour une île déserte avec le seul choix de Voyage à Tokyo et de Ah ! les belles bacchantes, c'est évidemment le film de Jean Loubignac, vu vingt fois et toujours délicieusement aimé que j'emporterais, et non pas la banalité d'Ozu.

Au fait, pourquoi me souhaiter, comme une purge, d'aller regarder Kurosawa et Mizoguchi ? Je vis très bien sans.


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De vincentp, le 18 décembre 2013 à 23:11
Note du film : Chef-d'Oeuvre

C'est promis : je vous répondrai en 2014, après avoir revu le film (ce sera la 4° vision). Ozu : je pense qu'il faut arriver à rentrer dans son cinéma, et certains habitués à un cinéma ou tout est explicité, peuvent ne pas y arriver. Heureusement pour moi, je n'ai pas rencontré ce problème face à l'écriture cinématographique de ce cinéaste. Je me souviens notamment d'un choc de cinéphile à Lille en 2006 avec Printemps précoce : j'y ai tout simplement mesuré le génie de Ozu (avec un final de film vraiment grandiose).


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