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Forum : Balzac et la petite tailleuse chinoise

Sujet : Critique


De dumbledore, le 31 juillet 2003 à 17:28
Note du film : 3/6

Jules et Jim dans la Chine révolutionnaire. Voilà comment on pourrait le mieux résumer ce film, et avant lui le livre que réalise ici son auteur. Le principe est le même que le film de Truffaut : un duo d'amis se transforme en trio avec l'arrivée d'une femme libre et impertinente. Cette arrivée, loin de troubler le couple d'amis, va au contraire le renforcer et l'élever à un autre niveau d'amitié.

La référence au cinéma français va même plus loin que Jules et Jim et habite le film sous la forme d'un très bel hommage à la culture occidentale en générale et à la littérature en particulier, hommage qu'un Truffaut n'aurait pas renié. Impossible de ne pas suivre avec émotion l'histoire de ces trois personnages qui découvrent une autre culture à travers des livres formidables.

Le film repose sur cette découverte et donne finalement un principe narratif très ludique, puisque les deux personnages à rééduquer vont au contraire rééduquer les éducateurs en douce. Cela commence par Mozart intégré au Parti parce qu'il aurait écrit un morceau en hommage à Mao, et ensuite c'est Balzac qui aurait écrit pour la cause communiste.

L'humour est sous-jacent durant tout le film, le ton est particulièrement agréable. Il évite les scènes trop lourdes de dénonciation d'une époque violente et pénible pour rester dans les limbes. Certes, la rééducation est une épreuve, mais il n'y a pas de "méchant". En face de nos deux bourgeois se trouvent uniquement des paysans qui ont certes leurs lacunes mais qui possèdent également leur bon sens et leur honnêteté.

Le film possède donc de jolis côtés, il sait toucher et intéresser, mais il manque malheureusement un vrai metteur en scène derrière tout ça. La mise en scène est un peu trop convenue, la photo ne sait pas exploiter le décor et le dernier tiers du film est totalement bâclé, changeant de parti-pris de mise en scène comme pour résumer au maximum, en vingt minutes, ce qui devait être raconté en une heure. On recourt alors à une grande ellipse de plusieurs années et on entrecoupe le tout de flashes-back de scènes qui ont perdu du coup toute force émotionnelle.


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De bastien, le 1er février 2004 à 12:38
Note du film : 0/6

Le roman de Dai Sijie a du suffisemment flatter les égos français pour qu'on donne a son auteur les moyens de le porter lui-mème à l'écran. On se demande quand mème quel était l'enjeu pour lui de s'occuper de ça? En tout cas, ce qui se ressent, c'est la totale absence de regard dans la mise en scène, qui dés lors ne peut s'en remettre qu'à l'académisme français des techniciens mis en oeuvre pour l'épauler. L'ensemble tient plus du téléfilm à l'arrivée… Les décors, plutôt que d'évoquer une quelquonque nostalgie ou sensualité ne sont pris que comme prétexte à dépliant touristique, on se croirait sur la chaîne voyage. Quand Sije montre la boue et les mines, tout y sonne comme une épreuve dans "La Piste de Xapatan"…

Pas de sueur ni de souffre, mais la crétinerie du propos est bien évidemment au rendez-vous (du moins il apparait comme tel dans sa retranscription par images)… les deux potes, débardeur bleu et débardeur rouge, et leur relation Juletjimesque avec la petite Zhou Xun (déception du film au vu des espérances plaçées en elle dans "Suzhou River") apprennent la vie, la liberté, l'émancipation au contac de la littérature "réactionnaire" qu'ils dévorent en cachette… "Balzaké" fonctionne comme une formule magique tandis que "Monte Cristo" inspire les nouveaux vêtements du vieux tailleur… En guise d'évolution dramatique, un gros rebondissement symbolique là aussi tout droit sortis du téléfilm rural france 3 de la veille.

Hormis nos trois héros, les personnages sont de braves abrutis… Incapables de penser par eux-mèmes, ce sont quand mème des paysans relativement sympas. Idem pour toute la nomenclature qui encadre ces camps… Finalement, les scouts français ont l'air bien mal lotis au vu de ces camps de réeducation, on ne parlera mème pas des maisons de réeducation qui sont en train d'ouvrir à nouveau.

Pour achever le tout, on a droit en prime au final Titanico-proustien à base d'effets spéciaux pourris. Et Bernard pivot remercié au générique de fin.

Bon, ça reste relativement innofensif à la télé.

Le mot de la fin à la critique de Clelia Cohen dans les "Cahiers":

"Ni dans la rugosité du réalisme, ni dans la folie de la fable, le film se situe dans l'entre-deux d'un académisme discret qui ne laisse jamais la mélancolie prendre le pas sur la nostalgie".

lol.


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