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Forum : Le Hussard sur le toit

Sujet : Un couple épatant


De mrsmartinez, le 28 avril 2006 à 13:39

Assez bon film adapté de l'œuvre du formidable écrivain de Manosque Jean Giono. Belle épopée rendant hommage aux magnifiques paysages du Sud-Est.

A noter l'alchimie du couple Binoche-Martinez qui laissait dévoiler leur future relation.


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De Impétueux, le 28 avril 2006 à 13:58
Note du film : 6/6

Si Juliette Binoche possède l'admirable hauteur de Pauline de Théus, Olivier Martinez balourd et fruste est assez loin d'être le personnage naïf, mais virevoltant et plein d'élégance d'Angelo Pardi.

C'est sans doute la faiblesse de ce bon film de l'excellent Rappeneau ; mais il est vrai que le personnage du Hussard était une gageure ; il aurait fallu un Maurice Ronet jeune, séduisant et grave.


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De kim, le 29 avril 2006 à 18:35

Il me semble que c'est l'un des plus beaux rôles d'Olivier Martinez (mais je suis loin de connaître toute sa filmographie), rôle dans lequel l'acteur est inoubliable, tant par sa grâce,sa beauté et son panache. Il n'a rien à envier à Juliette Binoche, elle-même incarnation onirique dans ce monde de désolation.


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De jclafitau, le 22 février 2010 à 00:35
Note du film : 6/6

La musique de ce film presque entièrement placée sous le spectre de Brahms me bouleverse beaucoup.Rares sont les films dotés d'une dimension poétique si forte au service d'un texte.


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De Impétueux, le 5 avril 2013 à 14:43
Note du film : 6/6

Dans le supplément du DVD, la fille de Jean Giono, Sylvie, dit qu'elle a conseillé à Jean-Paul Rappeneau qu'il ne pourrait réussir son film qu'en trahissant totalement le roman, mais en conservant la hauteur des personnages ; c'est en tout cas ainsi que Giono aurait procédé s'il avait pu réaliser une adaptation, à quoi il a longtemps songé.

C'est très difficile, presque impossible d'adapter un texte de Giono, même les plus apparemment simples, ceux de la première période, celle d'avant la guerre. Lorsque Marcel Pagnol tourne Jofroi, Angèle, La femme du boulanger, Regain, il tire les récits de Giono tellement à lui qu'il parvient à les dénaturer – quelquefois de façon particulièrement intéressante – et à se les approprier, à les incorporer à son propre univers. D'où l'animosité durable que nourrira Giono, d'où le refus de sa fille, aujourd'hui, de permettre la réédition DVD de ces quatre films.

C'est très difficile d'adapter Giono, parce que c'est très compliqué, et plus ça ira, plus ça le deviendra, à cause des ellipses, des bifurcations, des non-dits, de l'architecture romanesque particulière de ses œuvres. D'où la catastrophique adaptation des Âmes fortes, qui est un chef-d’œuvre littéraire fondé sur une asymétrie et une incompatibilité totale des deux récits enlacés qui le composent. D'où le ratage niais du Chant du monde ou des Cavaliers de l'orage (un des romans qui a été le plus pris, repris et retravaillé), trop proches de la simple anecdote. (Je n'ai pas vu l'adaptation des Grands chemins par Christian Marquand).

Les seuls films qui fonctionnent sont ceux où l'écrivain a mis la patte : L'eau vive et Crésus, directement écrits pour le cinéma et Un roi sans divertissement, qui est une sorte de miracle où Giono parvient à élaguer le foisonnement complexe de son livre sans en diminuer l'intensité.

Ce long préambule posé, que penser du Hussard sur le toit ? Pour moi, beaucoup de bien, parce que Rappeneau et ses scénaristes, Nina Companeez et Jean-Claude Carrière ont suivi le conseil qui leur avait été donné et ont réalisé une très belle trahison.

Ou plutôt, comme Jean-Jacques Annaud l'a fait avec Le nom de la rose, un très réussi palimpseste, un écrit nouveau sur un parchemin dont n'ont pas pu disparaître les traces anciennes. Il faut donc voir le film sans avoir autre chose en tête que la rencontre magnifique entre Angelo Pardi et Pauline de Théus, dans une Provence ravagée par un choléra qui prend la dimension d'un affreux cataclysme, ce qui révèle, au milieu des horreurs de l'épidémie, la nature de l'Homme, sa couardise, sa veulerie, son égoïsme mais aussi (et parfois chez les mêmes personnages) sa générosité, son courage, son dévouement.

Il n'y a qu'Angelo, pur comme un diamant encore non taillé qui, par son refus de tous les compromis et de toutes les parcimonies prudentielles peut passer à travers les miasmes du choléra et n'en être jamais touché ; même Pauline, qui est de la même haute nature, sera atteinte par la maladie, sans doute parce qu'elle est tout près de céder à l'amour qu'elle sent naître pour son compagnon et qu'elle dévierait ainsi de la rectitude absolue de sa route.

Une fois ces préalables admis, on s'installe dans son fauteuil et on admire le travail de Rappeneau, qui a fait un très bel usage des moyens qui lui étaient consentis par la production, après le grand succès qu'il avait remporté avec son très beau Cyrano. Musique inspirée (de Jean-Claude Petit), image magnifique (de Thierry Arbogast), sens des mouvements de foule, des cadrages, de la lumière, décors somptueux de la Provence et des Alpes du sud, moments d'exaltation et combats, duels, évasions rocambolesques : tout est parfait et il ne manque ni une tuile aux toits de Manosque, ni une dent aux râteaux des faneuses. La distribution secondaire (Isabelle Carré, François Cluzet, Pierre Arditi, Jean Yanne) est excellente.

Et les deux héros ? Je persiste à penser que si Pauline de Théus (au petit visage en fer de lance) trouve son interprète idéale en Juliette Binoche, Olivier Martinez n'est pas un idéal Angelo, épi d'or sur un cheval noir, parce qu'il est trop fruste, trop buté, trop physique, manquant d'une sorte de grâce qu'il est, c'est vrai, bien difficile à trouver…

Mais bon ! Finalement c'est véniel, cela, si l'on accepte de se laisser emmener par Rappeneau dans le flux enchanté de sa belle histoire. Et si, malgré les très belles images de la fin où Pauline rêve à Angelo sous le regard lucide de son mari qui sait qu'il ne pourra la retenir, on aurait aimé entendre, en voix off la vraie fin du roman de Giono, qui est un des plus beau desinit qui se puisse : Il voyait venir vers lui au galop des montagnes roses, si proches qu’il distinguait sur leurs flancs bas la montée des mélèzes et des sapins. “ L’Italie est là derrière ” se disait-il. Il était au comble du bonheur.

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