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Forum : Les Prédateurs

Sujet : Vampirisme érotique


De mlompe, le 3 décembre 2002 à 01:52

Un film exceptionnel à voir absolument !


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De Vampyre, le 3 décembre 2002 à 13:53

C'est vrai qu'en voyant ce petit bijou esthétique, on ne peut deviner la tournure qu'allait prendre la carrière de Tony Scott. C'est un des meilleurs rôles de Deneuve, bien dirigée, sans tic ni grimace.


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De Impétueux, le 5 avril 2006 à 15:53
Note du film : 4/6

J'avais omis de voter pour ce film très intéressant, rare, sulfureux, qui renouvelle assez bien les thèmes vampiriques et y plaque une sensualité intéressante : le vampire – en l'espèce Catherine Deneuve – n'a pas besoin que de sang, mais d'un compagnon ou – c'est le cas ici – d'une compagne de plaisir.

Mais au final, je classerais très volontiers ce film dans ma DVDthèque.


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De DelaNuit, le 24 juin 2007 à 19:40
Note du film : 5/6

Pour les amateurs de ce beau film de vampires, je conseille la lecture du roman de Whitley Strieber dont le film est tiré, édité notamment au format de poche chez "J'ai lu".

Il complète avec avantage la vision du film en expliquant la psychologie des personnages, et en revenant sur le passé de Myriam (Catherine Deneuve) depuis l'Antiquité, passé dont elle se souvient dans ses rêves.

A noter que si l'essentiel de la trame du livre est bien rendu, la fin du roman est très différente de celle du film (ce qui a permis au romancier d'écrire une suite, dont je ne peux vous parler car je ne l'ai pas (encore) lue, "Le dernier Prédateur", éditée au "Fleuve noir".

La lecture du roman "Les Prédateurs" permet de faire le lien entre cette histoire de vampires et les origines mythologiques antiques du thème. Il est ainsi fait allusion dès la première page aux Lamies, vampiresses de la Mythologie grecque (la mère de Myriam se nomme d'ailleurs dans le livre "Lamya") et au mythe de Tithon (qui inspira un poème de Tennyson), beau prince aimé par la déesse de l'Aurore, qui lui donna l'immortalité, mais ne put lui donner la jeunesse éternelle et assista impuissante à sa déchéance physique éternelle.

Au terrible "tue-moi, libère-moi" de Tithon à la déesse font écho les mêmes paroles de David Bowie à Catherine Deneuve. Car le thème du film n'est pas seulement le vampirisme mais la douleur de vivre éternellement, et aussi l'impuissance devant le vieillissement ou la maladie fatale des proches. Le vampirisme y est aussi présenté comme un virus que l'on transmet et qui finira par causer la perte de l'autre…

Est aussi mis en avant le lien entre la jeunesse, la force vitale et le sommeil. Bref, un film qui renouvelle le genre par tous ces éléments, au delà de ses superbes images, du talent des acteurs et de sa musique envoûtante (Schubert, Bach, Delibes, Ravel…)


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De DelaNuit, le 12 novembre 2008 à 18:01
Note du film : 5/6

Il semblerait que Les prédateurs ressorte sur les écrans après 25 ans…

L'occasion de vérifier un curieux changement des couleurs constaté dans le dvd actuellement sur le marché.

Il s'agit des deux scènes nous montrant la vampiresse Myriam (Catherine Deneuve) se rendant au grenier de son hôtel particulier afin de s'y recueillir auprès des nombreuses boîtes contenant les restes (extrêmement défraichis mais toujours vivants, souffrant d'une agonie éternelle) de ses anciens amants et amantes. Des oiseaux volètent autour d'elle, symbolisant les âmes captives, tandis que plane le "miserere" de Giorgio Allegri, le tout en teintes très pâles dans la version d'origine sortie en 1983… remplacées dans la version dvd par des couleurs orange vif ! Ce qui change toute l'atmosphère… et lui fait perdre – à mon avis – beaucoup de sa mélancolie pour un "psychédélisme" déplacé et vulgaire au regard du reste de l'oeuvre.

Une volonté de moderniser le film ? Mystère. Il y a décidément des réalisateurs (ou producteurs ?) qui feraient mieux de ne pas retoucher leurs oeuvres… On se demande à quoi ça rime.

Quoi qu'il en soit, je serais curieux de savoir si les mêmes teintes oranges criardes ont été ajoutées sur la version visible en salles en 2008…

Si quelqu'un a la réponse…


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De DelaNuit, le 22 juillet 2009 à 11:52
Note du film : 5/6

Eh bien je réponds moi même à ma propre question, ayant eu l'occasion de revoir ce film récemment sur un écran de cinéma, lors de sa nouvelle sortie.

On peut constater sur le dvd mis sur le marché il y a quelques années (comprenant la Vo et la Vf, édité par Turner Entertainment dans une version destinée aux Pays Bas) des couleurs oranges criardes pour certaines scènes, ne correspondant pas à la version du film projetée en France à sa sortie en 1983.

Il s'agit notamment des scènes très belles et émouvantes où la déesse vampire Deneuve monte au grenier de son hôtel particulier (sur la musique du "miserere" de Giorgio Allegri) visiter ses amants et maîtresses déchus réduits à l'état de loques humaines dans des cercueils, mais condamnés à ne jamais mourir, le tout au milieu de rideaux flottants et d'oiseaux voletant dans la pièce, symboles des âmes humaines captives.

Dans la version actuellement projetée au cinéma, la couleur est fidèle à l'origine (et même restaurée). Point d'orange vif. Ces couleurs étaient-elles donc uniquement destinées au peuple néerlandais ?

Mystère…


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De DelaNuit, le 29 juin 2015 à 11:24
Note du film : 5/6

Je me rends compte que mes commentaires sur ce film que j'aime beaucoup étaient insuffisants. J'y remédie par le message suivant :

La Mythologie raconte comment Eos, la déesse de l’Aurore, tomba amoureuse d’un mortel, le prince Thiton. Elle lui fit don de l’immortalité mais ne put lui accorder l’éternelle jeunesse. Ainsi finit-il par vieillir et dépérir, mais sans pouvoir mourir car les dieux ne peuvent reprendre leurs dons. Le poète romantique anglais Lord Alfred Tennyson en fit un poème intitulé Thitonos, et c’est sur une citation de celui-ci que s’ouvre le roman Les prédateurs de Withley Strieber :

Le bois dans les forêts pourrit, le bois pourrit et tombe Les nuées sur le sol versent leur poids de larmes. L’homme vient, cultive le champ et repose dessous Et après bien des années meurt le cygne. Moi seulement, la cruelle immortalité me consume… Et je dépéris lentement, ici même aux confins insonores du monde, Ombre aux cheveux blanchis parcourant comme en rêve ces espaces insonores du levant. (…) Tue moi… Libère-moi… Rends-moi au sol des humains. Toi qui vois tout, tu verras aussi mon tombeau, Et moi, glaise en la glaise, j’oublierai ce palais vide Et toi qui revenais sur tes essieux d’argent.

Le ton est donné : ce qui fait l’originalité des Prédateurs, c’est que cette histoire de vampires s’inspire davantage de la Mythologie classique gréco-romaine que de l’environnement traditionnel gothique. Myriam, l’héroïne vampiresse, qui avoue 3000 ans, fait ainsi partie d’un peuple très ancien remontant à la plus haute Antiquité et évoluant discrètement parmi les humains. Elle a notamment traversé l’Egypte ancienne, l’Empire romain et la Renaissance italienne florentine. Une autre citation du roman renvoie à un poème romantique – de John Keats cette fois – lequel fait référence à Lamia, personnage fantastique de femme serpent séduisant les hommes inspirée des vampiresses de la Mythologie grecque. Le roman précise d’ailleurs que la mère de Myriam se nommait Lamia…

Aucun jugement manichéen ici puisque ces vampires sont issus d’un monde païen antérieur au monothéisme. Ils ne sont ni bons ni mauvais. S’ils tuent des humains, c’est pour se nourrir, exactement comme nous nous nourrissons des animaux ou de la terre, parce qu’ils sont au sommet de la pyramide alimentaire, d’où le titre français Les prédateurs. De même, Myriam est ouvertement bisexuelle et tombe amoureuse d’un homme ou d’une femme sans distinction. Ce qui compte pour elle, c’est la personnalité intéressante et la force de la personne, qui lui permettra de survivre à la métamorphose. Cette bisexualité qui renvoie à celle des hommes et femmes de l’Antiquité n’a ici rien de diabolique. C’est celle de la diversité des possibles sans culpabilité décrite par la Mythologie.

Un autre aspect de cette histoire est le thème du vieillissement, de l’inéluctable décrépitude du corps dans une opposition entre l’éternelle jeunesse du personnage divin ou surhumain face à la faiblesse des hommes. C’est le thème de Tithonos et tout autant celui de ce film. Car Myriam ne peut vivre seule. Alors elle s’adjoint la compagnie d’humains qu’elle transforme à son image en les rendant vampires à leur tour et en leur promettant l’immortalité. Mais elle omet de leur préciser que leur jeunesse ne durera que quelques siècles et qu’ils passeront ensuite une éternité végétative à l’état de loques humaines dans des boîtes entreposées au grenier de son élégant hôtel particulier… D’où la reprise dans le dialogue du « tue-moi, libère-moi » de Thitonos dans la bouche de David Bowie, prière bien inutile puisque « les dieux ne peuvent reprendre leurs dons »…

Point de crucifix, de gousses d’ail ou de crainte du soleil pour les vampires de cette histoire. En revanche, la jeunesse du corps y est liée à la nécessité d’un sommeil réparateur. C’est quand le sommeil commence à faire défaut que les humains transformés commencent à dépérir, conformément aux études scientifiques sur les liens entre sommeil et vieillissement.

Thème remarqué dans ces années 80 qui virent l’émergence du sida, le vampirisme est ici décrit comme une maladie qui se transmet par le sang, fait de ses victimes des prédateurs et leur promet un dépérissement impressionnant… Le parallèle avec le sida est flagrant et fait de ce film – au-delà de ses références mythologiques – une œuvre ancrée dans son époque par son sujet et pas seulement par son esthétisme de grand vidéo-clip (du à la longue expérience de réalisateurs de clips et publicités des frères Scott). Rassembler l’ouvertement androgyne David Bowie, la sulfureuse Susan Sarandon révélée par le Rocky Horror Picture Show où on la voit séduite par un « transsexuel transylvanien » et l’icône Catherine Deneuve dans cette histoire de bisexualité et de prédation tout autant sexuelle que sanguine marqua les esprits en ce début des années 80 où les thèmes LGBT étaient encore bien timides au cinéma. La scène saphique sur le lit à baldaquin avec en accompagnement musical le duo de Lakmé de Delibes est instantanément devenue culte.

La musique contribue à l’atmosphère autant que les images. Le classique (trio en mi-bémol de Schubert, concerto pour violon de Bach, Gaspard de la nuit de Ravel, Miserere d’Allegri, duo de Lakmé et Malika de l’opéra Lakmé de Delibes) se marie au moderne dont le remarqué Bela Lugosi’s dead undead de Bauhaus entendu dès la scène d’ouverture dans le night-club.

Enfin, le film est jalonné de références mythologiques omniprésentes : outre les statues de dieux et déesses décorant l’hôtel particulier de Myriam, on y voit notamment :

  • Le « Ankh » ou croix ansée ou croix de vie égyptienne au cou de Myriam, symbole de vie éternelle
  • La salamandre en bijou sur le col de sa veste, animal capable de vivre et survivre dans les flammes
  • Le caducée d’Hermès sur l’hôpital
  • Les oiseaux voletant dans le grenier parmi les voilages et les cercueils, symbolisant les âmes captives… (Ridley Scott, frère de Tony Scott utilisa l’année précédente le même symbolisme de l’oiseau/âme à la fin de son Blade Runner)

La fin du film n’est pas conforme à celle du roman, lequel a connu deux suites (les trois romans sont édités aux éditions Fleuve noir). Leur auteur, Withley Strieber, a également écrit Wolfen, histoire de loups divins errant dans New York, adapté au cinéma en 1982. Il prétend avoir rencontré de vrais vampires et intelligences non humaines et s’en être inspiré dans ses romans !

Remarque : les couleurs orange vif des scènes de grenier de l’édition DVD Néerlandaise (la seule actuellement disponible) sont spécifiques à ce pays… Nul ne sait pourquoi.


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De Impétueux, le 26 septembre 2015 à 19:42
Note du film : 4/6

Lorsque je l'ai vu, lors de sa sortie sur les écrans français, en 1983, ce film bizarre, atypique et violent m'avait particulièrement plu. Je l'ai sans doute un peu moins apprécié lorsque je l'ai revu en DVD, il y a quelques années. Je viens de le regarder à nouveau : sans aller au sommet, il est tout de même très plaisant, très séduisant, très intéressant. Esthétique des années 80, certes, type rock gothique, tenues en latex, lunettes noires, couple libéré, esthétique recherchée, troublante, audacieuse. Datée mais efficace.

Le début du film est éblouissant de sauvagerie, la violence de l'immolation du petit couple dragué par les tueurs dans une boîte de nuit alternant habilement avec les beaux panoramiques sur les longues perspectives de San Francisco à l'aube et la furie des singes qui servent de cobayes à l'équipe médicale dirigée par le docteur Sarah Roberts (Susan Sarandon). Je tiens, au demeurant, que le mélange habile entre les billevesées scientifiques de cette équipe, ses doutes, ses interrogations, ses recherches et la réalité démoniaque de l'existence des Prédateurs est excellent ; j'ai songé à ces mêmes pauvres interrogations de la Science impuissante face à la force de Satan dans L'Exorciste, dix ans auparavant…

Je trouve, en revanche, que le titre français de Prédateurs traduit bien imparfaitement la destinée monstrueuse des pauvres êtres condamnés à l'immortalité ; il me semble que la traduction de l'anglais The Hunger aurait dû être Les assoiffés ou, mieux encore Les affamés ; mais tout cela fait un peu film d'horreur porno (et d'ailleurs l'inénarrable Jesus Franco a bien réalisé des Prédateurs de la nuit qui ne sont pas absolument dépourvus d'agrément). J'aurais pour ma part balancé entre Les damnés et Les maudits, sans me dissimuler que ces deux titres ont déjà utilisé au cinéma dans d'autres orientations. Cela pour dire que le destin épouvantable des victimes de Miriam (Catherine Deneuve), qui va se perpétuer avec Sarah est moins de devoir se nourrir hebdomadairement de jeunes sangs frais que de devoir survivre des millénaires, pour toujours et toujours

La première moitié du film est une belle réussite, mais la seconde sombre graduellement dans le grotesque et le mauvais goût. En fait, à partir du moment où le pauvre John (David Bowie) revient à la maison, vieillissant et se craquelant de minute en minute, ça commence à sentir le roussi, si je puis dire. Ça va mettre plus de temps à se dégrader que John, qui tombe en ruine à vue d’œil, mais il y a des tas de scènes ridicules qui font s'esclaffer, comme celle où John, précisément, mendie à Miriam un baiser qu'il n'obtiendra pas.

Plein de belles idées, toutefois encore, comme la scène – devenue, paraît-il, icône du cinéma lesbien (!) – où Catherine Deneuve séduit Susan Sarandon, sur le fond musical du célèbre duo de Lakmé et de Mallika et dans une lumière poudrée élégante ; que la nouvelle contaminée subisse ensuite des spasmes de dégoût n'est pas mal conçu non plus.

Mais la fin du film, nettement moins réussie, sent le carton-pâte. Certes, les effets spéciaux de 1982 n'étaient pas aussi perfectionnés que ceux d'aujourd'hui ; n'empêche que le recroquevillement du singe artificiellement vieilli et surtout la révolte des monstres, exaspérés par Miriam qui leur a promis la lune et ne leur a donné que la géhenne éternelle est assez grotesque : on pourrait se croire dans une sorte de Nuit des morts-vivants, ce qui dénote un peu dans un film par ailleurs très élégant.

C'est plein d'idées, trop souvent mal maîtrisées, mais le spectacle en vaut la peine…


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