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Forum : Pain, amour et jalousie

Sujet : Et de deux !


De Arca1943, le 21 février 2006 à 11:58
Note du film : 4/6

Comme je viens de voter pour Pain, amour et fantaisie, je ne pouvais décemment pas laisser en plan son excellent sequel, co-scénarisé en plus par Eduardo de Filippo ! Ah, Gina Lollobrigida… (soupir).


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De Impétueux, le 21 février 2006 à 12:21
Note du film : 3/6

Et oui ! Même réaction ! Même vote !

Et comme j'avais un an de plus, c'est sûrement à ce moment-là que je suis, dans mes culottes courtes, tombé amoureux de Gina Lollobrigida, prenant violemment son parti contre la plus nouvelle venue, Sophia Loren !

(Nous avons déjà débattu de cela, mon cher Arca !)


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De Arca1943, le 21 février 2006 à 12:33
Note du film : 4/6

« C'est sûrement à ce moment-là que je suis, dans mes culottes courtes, tombé amoureux de Gina Lollobrigida, prenant violemment son parti contre la plus nouvelle venue, Sophia Loren ! »

Vous connaissez ma position : le débat (pour ne pas dire la Guerre froide) entre partisans de Loren et de Lollobrigida était pour ainsi dire l'arbre qui cachait la forêt…

Quelle forêt ? Eh bien ! Silvana Mangano, Carla Del Poggio, Antonella Lualdi, Silvana Pampanini, Anna-Maria Ferrero, Eleonora Rossi Drago, Lucia Bosè, Rossana Podestà


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De Arca1943, le 21 février 2006 à 12:46
Note du film : 4/6

Chut ! Ne parlez pas du loup !


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De RdT, le 21 février 2006 à 15:31

J'espère que Jitka Cerhová et Ivana Karbanová me pardonneront d'apporter ici mon suffrage à Gina Lollobrigida. Mais je dois avouer une petite faiblesse et je suis curieux de découvrir ce Pain, amour et jalousie que je ne connais pas. Chère Jitka Cerhová et Ivana Karbanová, rassurez vous, je ne vous oublie pas pour autant, et je continue à militer pour vous, ainsi que pour Vera Chytilovà. Internautes curieux n'hésitez pas à suivre ma campagne pour elles. Pour ce combat là, j'ai besoin de votre aide, cinéphiles qui fréquentez ce site.


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De Impétueux, le 15 février 2009 à 19:32
Note du film : 3/6

Pain, amour et jalousie commence exactement là où s'achève Pain, amour et fantaisie. On est au lendemain de la fête de saint-Antoine et les deux couples d'amoureux sont réunis : le Maréchal des logis-chef Antonio Carotenuto (Vittorio De Sica) et la sage-femme fille-mère Annarella (Marisa Merlini) pour les aînés et, pour les jeunes, le carabinier Stelluti (Roberto Risso) et la sauvageonne, la bersagliera Maria (Gina Lollobrigida).

Il s'agit donc de faire rebondir l'attention alors que les carottes paraissent cuites dans le doux pot-au-feu de l'hyménée promis (je sais ! l'image est hardie !) ; d'où la jalousie, inévitable, évoquée dans le titre.

Et bien, à vrai dire, j'espérais que la suite serait meilleure que la première livraison et les premières minutes me confortaient dans cette attente : d'abord un excellent carton de pré-générique signalait que les événements survenus dans la fictive bourgade de Sagliera, située dans les Abruzzes (et non en Calabre comme je le supposais) sont parfaitement fictifs et que les carabiniers qui y sont mis en scène dérogent donc à (je cite) la sévère tradition de l'Armée qui, bien que pétrie d'humanité latine, astreint chacun de ses membres à une inflexible discipline morale et militaire qui, depuis, plus d'un siècle, est son legs le plus glorieux.

Cette goguenardise distante et la rencontre du Maréchal des logis-chef avec l'orchestre qui a joué, la veille, lors des festivités placent le film sur des bons rails ; mais il faut bien avouer que ça patine presque tout de suite et que, comme pour Pain, amour et fantaisie, ça ne décolle jamais.

En fait, là où l'on s'attend, grâce au nom de Comencini à une comédie italienne, à une préfiguration du Pigeon, des Monstres, du Fanfaron et de tant d'autres merveilles, on demeure dans le registre assez banal d'une farce, d'un vaudeville monté sur d'éternels ressorts de méprise, de suspicion, de quiproquos, de caleçonnades…

Pour être juste, il faut admettre qu'il commence à y avoir un petit peu de la rassurante amertume qu'on trouvera quelques années plus tard : c'est ainsi que l'histoire entre le Maréchal et la sage-femme est vraiment rompue par la survenue du père de l'enfant du péché ; mais c'est à peu près tout : il n'y a rien de féroce, rien d'aigu, rien d'acide dans ce brave petit film misanthrope…

J'ai écrit misanthrope ; j'aurais dû préciser qu'il est surtout misogyne, tant les racontars de toutes les pestes du village (la servante de la sage-femme, la nièce du curé) présentent les femmes sous un jour minable, alors que les hommes sont plus positivement éclairés (l'excellent prêtre Don Emidio (Virgilio Riento), le carabinier Stelluti, généreux comme le bon pain).

Me reste à découvrir Pain, amour, ainsi soit-il, qui est de Risi et non de Comencini ; mais je crains d'être pareillement déçu…


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De Arca1943, le 15 février 2009 à 20:40
Note du film : 4/6

« Là où l'on s'attend, grâce au nom de Comencini à une comédie italienne, à une préfiguration du Pigeon, des Monstres, du Fanfaron et de tant d'autres merveilles, on demeure dans le registre assez banal d'une farce, d'un vaudeville monté sur d'éternels ressorts… »

Voilà que votre déception s'éclaire d'avantage à mes yeux. La commedia all'italiana fut l'invention d'un nouveau genre comique, mais elle n'est qu'une des formes du cinéma comique italien en général – qui roule depuis Fregoli – et ne se cristallise pleinement qu'à la fin des années 50, avec Le Pigeon, qui pour le genre comique en Italie fut une véritable révolution. S'attendre à retrouver cette autre comédie – celle que les scénaristes emblématiques Age et Scarpelli appelaient fort justement « notre deuxième souffle » – dans un film de 1952, c'est se condamner à la déception (et ce, quel que soit le nom du réalisateur, car la logique des auteurs s'applique très mal à ce cinéma : ce sont les transformations du genre qui comptent ici.)

Bien qu'il existe aussi des satires grinçantes et tragicomiques avant 1958 – Années difficiles, L'art de se débrouiller, La Spiaggia – elles étaient plus souvent considérées comme des drames. Généralement, la comédie italienne des années 40-50 est beaucoup plus "classique" et repose en effet, comme sa soeurette française, sur les "éternels ressorts" et les "types" de la farce qui ne sont qu'occasionnellement transgressifs (ne serait-ce qu'en raison de la censure omnipotente et paranoïaque des curés – voir la fiche de Totò et Carolina); cela, même si elle introduit un plus grand réalisme au moins dans la description des conditions de vie (misérables).

Autrement dit, on n'est pas dans le même univers, ni dans la même Italie, ni dans le même humour. L'insouciance et la bonne humeur ont le dessus ici, comme il est du reste bien courant dans la comédie toutes époques et pays confondus : sur ce point, c'est la commedia all'italiana des années 58-78 qui est hors normes. Donc, même dans Gendarmes et voleurs (1951), je ne m'attends pas à retrouver Le Pigeon (1958), et c'est pourquoi je suis heureux et non déçu !

Je vous renvoie aussi au fil de La Grande pagaille sur lequel j'ai reproduit une longue citation de Luigi Comencini, qui donne une bonne idée de cette mutation d'un type de comédie à l'autre, particulièrement du point de vue des personnages.


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De Impétueux, le 16 février 2009 à 10:03
Note du film : 3/6

Votre mise au point historique est excellente, Arca et elle est identique à ce que dit, dans un des suppléments du DVD, Jean A. Gili, grand spécialiste du cinéma italien : chacun s'accorde à situer l'acte de naissance de la comédie italienne à 1958, c'est-à-dire à la parution du Pigeon. La trilogie Pain, amour et fantaisie, qui s'étage de 1953 à 1955 est donc, évidemment, en deçà de l'acte fondateur.

Je conviens bien volontiers avec vous que, tels quels, les trois films sont donc à peu près identiques aux farces paysannes sympathiques et optimistes qui faisaient florès en France ; mais c'est précisément là que le bât me blesse (ou, plutôt, que je m'interroge) : comme il n'est pas question de placer ces films dans la même veine que les Pagnol d'après-guerre (Naïs ou Manon des sources) – à la fois plus tragiques et plus spirituels, plus émaillés de dialogues brillants – à quoi peut-on les comparer ? A Ni vu ni connu d'Yves Robert, et à son braconnier Blaireau (Louis de Funès) qui berne le garde champêtre ? Ou pire encore à toute une série de petites choses grasseyantes jouées par Jean Richard ou Bourvil (hélas !) ?

En ce cas, qu'est-ce qui a valu que la trilogie bénéficie d'une diffusion internationale et d'une réputation au dessus de leur valeur ? Sans doute la présence de Vittorio De Sica et – surtout ! – l'éclatante sensualité de Gina Lollobrigida… Et je conviens que ce n'est déjà pas mal…


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De Arca1943, le 17 février 2009 à 01:13
Note du film : 4/6

« En ce cas, qu'est-ce qui a valu que la trilogie bénéficie d'une diffusion internationale et d'une réputation au dessus de leur valeur ? »

Comment ça, au-dessus de leur valeur ? N'oubliez pas que je donne 4 au sequel, ce qui est mieux que votre 3. Je ris beaucoup à regarder ces deux films, que je trouve divertissants et très bien faits. Les mésaventures de la truculente bersagliera et du suave officier des carabiniers sont pour moi succulentes, et bien sûr le don de sympathie de Vittorio de Sica et Gina Lollobrigida y contribue beaucoup. À mes yeux, ce sont des classiques.

Rappelons également l'immense succès du film à sa sortie. Ce fut à son époque un blockbuster. Quant à la diffusion internationale de la tétralogie, elle concerne surtout les deux premiers volets. Pour le troisième, c'est moins sûr : comme vous pouvez le constater sur votre coffret, ce Pain, amour-là n'eut pas de doublage français. Quant au quatrième volet, Pain, amour et Andalousie, même les éditeurs de coffrets semblent en ignorer l'existence, alors…


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De Impétueux, le 17 février 2009 à 12:12
Note du film : 3/6

Votre mauvaise foi dans le domaine du cinéma italien est toujours aussi stupéfiante, Arca !

Je demande Qu'est-ce qui fait le succès de la diffusion internationale de la trilogie ? et vous me répondez que c'est son immense succès ! Mmouais ! J'avais au moins donné un bout d'explication en évoquant les courbes de Lollobrigida et l'œil fripon de De Sica !


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De Arca1943, le 17 février 2009 à 15:22
Note du film : 4/6

Que notre opinion sur ces films diffère ne prouve pas que je sois de mauvaise foi ! Les deux premiers Pain, amour font partie de mon paysage audiovisuel depuis toujours, je les connais par cœur comme les Don Camillo. Et votre question a changé d'une fois à l'autre. Vous avez demandé « Qu'est-ce qui a valu que la trilogie bénéficie d'une diffusion internationale? » et non « Qu'est-ce qui fait le succès de la diffusion internationale de la trilogie ? » Ce n'est pas la même chose. Son immense succès au box-office a valu au film une diffusion internationale, à l'époque bénie où l'importation de films autres qu'américains ne dépendait pas des prix remportés dans les festivals de critiques. Maintenant, qu'est-ce qui a fait son succès à l'étranger? Outre la bien nommée Lollo et l'humour constant des situations et des dialogues, probablement une certaine image « pittoresque » de l'Italie, ou même le contraste entre la bonne humeur communicative de ces comédies et l'univers très sérieux des drames néoréalistes qui conquéraient le monde au même moment.


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De vincentp, le 8 août à 22:18
Note du film : 4/6

4,5/6. Ce second volet est nettement moins réussi que le premier : bavard à l'extrême, répétition à outrance des mêmes ressorts scénaristiques (la tentation des femmes, le sermon du curé,…) … Mais les quinze dernières minutes combinent parfaitement drame et comédie. Les ingrédients, c'est certain, de la grande "comédie à l'italienne" à venir.


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