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Sujet : Un très grand Maugham. Quid du film ?


De Arca1943, le 11 février 2006 à 15:44

Avec «Of Human Bondage», le roman «The Razor's Edge» est probablement la plus grande réussite du célèbre écrivain britannique Somerset Maugham. Je me demande ce que ça peut donner à l'écran, avec la talentueuse Gene Tierney


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De DelaNuit, le 23 septembre 2007 à 14:37
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Le film est sorti en zone 2. Un peu long peut-être mais original dans son propos et bien réalisé. Tyrone Power et Gene Tierney y sont excellents. Lui fuit l'argent et la réussite faciles, et même l'amour de cette créature de rêve, pour partir en quête du sens de la vie à travers le monde, à commencer par Paris, jusqu'en Inde… Il en revient changé, en paix, fort de sa bienveillance… Elle, aussi égoïste que splendide, ne cherche qu'à le reconquérir…

Le mondain Clifton Webb, qui fut le vénéneux mentor de Gene Tierney dans Laura (et dans la vie selon les amateurs de potins sulfureux l'un des amants de James Dean qui l'aidèrent à faire carrière !) oppose sa superficialité et sa supériorité aristocratique à l'humilité et à la profondeur du personnage de Tyrone Power.

Citons aussi Anne Baxter en femme détruite par la souffrance et l'alcool (elle obtint une récompense pour le film. Un oscar ?) et Elsa Lanchester en secrétaire particulière effacée.

Un grand et beau film pour tous qui cherchent autre chose dans la vie et dans les films et au cinéma que les empiternelles bagarres ou "love stories".


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De DelaNuit, le 27 juillet 2009 à 19:52
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Je reviens sur ce fil pour réagir à la phrase de résumé avec laquelle je ne suis pas tout à fait en accord. Je pense que si le personnage de Tyrone Power a été "désillusionné" par la guerre (il s'agit de la première guerre mondiale), le propos du film est surtout que ce qu'il en a vécu lui a ouvert l'esprit. En effet, il a vu l'un de ses amis mourir en lui sauvant la vie, et s'interroge surtout à partir de ce moment là sur le sens qu'il pourrait donner à cette vie qui est la sienne, et qu'il doit à un autre.

La motivation de sa démarche n'est donc pas la désillusion (ce qui serait un sentiment négatif) mais la quête d'un sens à sa vie, ce qui est une démarche positive.

C'est pour cela qu'il abandonne la vie bourgeoise qui lui était promise parce qu'elle lui paraît superficielle et aliénante, et qu'il cherche autre chose.

Ensuite, il ne se rend pas directement en Inde auprès d'un sage, il parcourt d'abord l'Europe de l'entre-deux guerres pendant des années, y rencontre beaucoup de monde, y effectue les tâches les plus variées, y compris difficiles, afin de connaître le monde, l'humanité, et de se connaître lui même.

C'est après un long parcours enrichissant qu'il arrive en Inde et y trouve calme et sérénité auprès d'un vieux sage, toute une philosophie de vie basée à la fois sur le détachement et la bienveillance, qu'il emploiera ensuite de retour dans le monde auprès des personnes qu'il a connues, suscitant en retour les réactions les plus diverses.

Zanuck n'a peut-être pas eu tort de ne pas respecter à la lettre le beau roman d'origine de Somerset Maugham. En effet, le roman insistait surtout, dans mon souvenir, sur la superficialité des moeurs bourgeoises et le contraste avec le héros. Le film se veut ouvertement le récit d'une quête initiatique, tout en étant romanesque, l'histoire d'un homme singulier qui a décidé de ne pas vivre comme les autres.


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De vincentp, le 18 juillet 2015 à 00:37
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Drame psychologique appuyé réalisé par Edmund Goulding en 1946, évoquant The best years of our lives de William Wyler. The Razor's Edge est sans doute un peu grandiloquent et sentencieux, franchit par moments la barrière du ridicule, accuse des longueurs mais au final on peut avoir le sentiment forcément subjectif d’une œuvre artistique de grande qualité collective et très réussie. Selon « 50 ans du cinéma américain », 89 décors et un budget semble-t-il de quatre millions de dollars de l’époque (ce qui ferait 43 millions de dollars au cours actuel) furent employés. Un budget conséquent, qui donne l'impression de visiter par moments les salons d’une multitude de palaces parisiens.

Des mouvements de caméras spectaculaires et des plans-séquences à foison (certains telle la séquence introductive, d’une durée de plusieurs minutes), une direction d’acteurs de premier ordre, des acteurs talentueux, un scénario ambitieux et bien dialogué, conduisent Le fil du rasoir vers la réussite. La photographie de Arthur C. Miller et la musique de Alfred Newman sont à citer également. Le caractère reconnu comme excentrique de Goulding se traduit par un traitement du sujet atypique. Une belle réussite du studio Fox, recommandée pour les cinéphiles endurcis, qui s’intéresseront à la version commentée en anglais par deux historiens du cinéma américain.


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