Forum - Razzia sur la chnouf - La première fiction sur les trafics de drogue...
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Forum : Razzia sur la chnouf

Sujet : La première fiction sur les trafics de drogue...


De Impétueux, le 27 octobre 2004 à 17:25
Note du film : 4/6

C'est évidemment beaucoup moins bien que Touchez pas au grisbi qui est de la même époque, qui emploie aussi Gabin et Ventura, mais c'est du bon cinéma populaire, avec des trognes, des ambiances (la scène dans la boîte lesbienne de Moune – une hardiesse, à l'époque, pour qui la comprenait !) et un récit bien ficelé…

D'ailleurs, pour le seul titre, qui doit être, dans son argot vieilli, mal compréhensible à ceux qui ont eu vingt ans après 68, ça mérite une édition DVD


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De David-H, le 29 décembre 2005 à 23:01
Note du film : 5/6

La première fiction sur les trafics de drogue : a (re)voir !

Un an après le célébrissime « Touchez pas au grisbi », le tandem Gabin – Ventura se reforme pour notre plus grand bonheur, dans cette fiction de Henri Decoin, alors l'un des principaux réalisateurs français du moment. Film marquant et digne des plus grands polars de l'époque – 1955 -, la première vision reste essentielle pour son dénouement magistral et totalement imprévisible.

« Razzia sur la Schnouf » met en exergue les us et coutumes des milieux du trafic de drogue. Bien évidemment, nous sommes dans un polar des fifties et les éléments caractéristiques de l'époque sont toujours bien présents : règlements de compte, music-hall, cigarettes et whisky…Mais cette fois donc, c'est la Schnouf (la « Came » serait un terme réactualisé) qui est exceptionnellement à l'honneur. Exceptionnellement, car nous sommes au cœur des années 50 et le public n'est absolument pas habitué à un film traitant de ce sujet. En témoigne d'ailleurs ce si beau message plein écran d'avant-film, incitant le spectateur à ne jamais consommer ces substances illicites ( !). A noter aussi, l'évocation d'un couple homosexuel où une scène d'amour en pleine boîte africaine – une scène laquelle l'on devine plus qu'on y assiste bien sûr !- Bref, l'on s'en doute, pour ces diverses raisons, le film en choqué plus d'un spectateur à l'époque, mais la prestation de ces acteurs mythiques nous fait oublier tout le reste, et son scénario bétonné en a fait une fiction inoubliable…


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De Impétueux, le 16 octobre 2007 à 23:42
Note du film : 4/6

La chnouf, naturellement, c'est moins bien que le grisbi, et Henri Decoin n'est pas Jacques Becker. En d'autres termes, à vouloir profiter de l'immense succès du grisbi pour installer Jean Gabin dans ses habits de grande vedette ressuscitée, on risquait de se casser la figure. Le monde des macs, des marlous et des putes, le monde de la nuit, le monde trouble du milieu, des tueurs et des demis-sel présente pourtant une si riche palette !

Mais on n'est pas déçu, pour autant, même si l'anecdote est convenue et archi-prévisible. Razzia sur la chnouf – admirable titre, au demeurant, qui parait introduire le spectateur timoré de 1955 dans un monde à part, où l'argot est aussi fascinant que les revolvers à tout moment exhibés et utilisés – Razzia sur la chnouf, donc, est une sorte de radiographie, d'ethnographie du Paris secret de la drogue du milieu des Années Cinquante, où l'on a enfin quitté les restrictions et les parcimonies des lendemains de la Libération, où la prospérité commence à s'installer.

Les malfrats sont certes à leur aise dans le paysage de Pigalle, mais la drogue est une pratique qui touche tous les quartiers et tous les milieux. Le meilleur du film est bien là, d'ailleurs, dans le regard presque clinique posé sur les petits groupes d'intoxiqués : anciens coloniaux nostalgiques de l'Indochine qui, comme à Hanoï ou à Hué, s'étendent sur une natte pour fumer l'opium ensorcelant, Africains entassés dans un bouge de Montparnasse qui entrent en transes avec de la marijuana, filles paumées à l'apparence sage qui ont succombé à l'attrait de l'héroïne, quidams banals qui se sont laissés aller… Ce marché-là est organisé avec des tas de gagne-petit, de fonctionnaires de la came, eux-mêmes souvent camés, comme Léa (Lila Kedrova) ou marginalisés, comme le petit couple homosexuel…

Un film de production courante, sans doute, mais avec des tas d'idées formidables, comme le duo étonnant des tueurs, quasiment frères siamois, unis dans la cruauté et la violence, Roger le Catalan (Lino Ventura) et Bibi (Albert Rémy, qu'on a, d'ailleurs rarement vu aussi bon que dans ce rôle de franche crapule), comme la boîte lesbienne, comme la distribution, avec un Gabin naturellement souverain, une Magali Noël très séduisante, un Dalio comme toujours excellent, un Paul Frankeur efficace…

Il manque plein de choses, bien sûr et, à l'inverse de Bob le flambeur ou du grandiose Grisbi, Paris n'est pas filmé, ou l'est à peine… Mais si toutes les productions courantes pouvaient être de ce niveau…


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De Arca1943, le 17 octobre 2007 à 02:51
Note du film : 4/6

Hum, description fort appétissante. Et heureusement, les Gabin nous arrivent au Québec, bien qu'au compte-goutte : nous avons eu récemment Le Pacha, La Vérité sur Bébé Donge et Deux hommes dans la ville. La Horse est pour bientôt. Alors cette Razzia, je vais l'attendre avec un préjugé favorable.


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De droudrou, le 17 octobre 2007 à 07:40

Après avoir parcouru l'excellent commentaire de notre ami Impétueux, je me suis plongé dans le générique du film, regrettant de ne pas y voir Raymond Pellegrin… Heureusement Navarro n'est pas là !


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De PM Jarriq, le 17 octobre 2007 à 08:29
Note du film : 3/6

Ni Pellegrin, ni Navarro, c'est vrai, mais avec de bons réflexes, on peut reconnaître un très juvénile et débutant Marcel Bozzuffi, alors figurant : c'est le client de la boîte de nuit, qui planque son revolver, lors de la descente de flics. Difficile à identifier, d'ailleurs : il était chevelu !


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De vincentp, le 4 février 2014 à 00:19
Note du film : 4/6


4,2/6. Oui, c'est un bon film, sur la France des trafics du milieu des années 1950. Le film accuse une légère baisse de régime dans sa seconde partie, après un démarrage en trombe, on ne peut pas dire qu'il y ait un réel suspens (la fonction réelle du personnage principal ne fait aucun doute) mais les ambiances nocturnes et urbaines, le descriptif quasi-documentaire de ce milieu underground et secret, avec ses rites et codes étranges, et l'interprétation de Gabin (fantastique) valent le détour. La relation entre Gabin et Magali Noel est très bien traitée également. Une fin extrêmement réussie.


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De Arca1943, le 25 février 2015 à 00:05
Note du film : 4/6

(Note: 4,5)

Ayant goûté au Gabin des grands jours dans Le Cave se rebiffe, je voulais prolonger mon plaisir, et ce fut chose faite avec ce film d'un genre certes bien différent, un très solide drame policier d'Henri Decoin.

L'aspect "documentaire" du film, qui nous fait faire le tour des différentes étapes du commerce de la drogue, du grossiste au revendeur en passant par le laboratoire de chimie et la fumerie d'opium, ajoute un intérêt indéniable. Et on a su trouver l'intrigue qu'il fallait pour soutenir l'intérêt jusqu'au bout. Gabin domine le film dans le rôle de ce malfrat aux méthodes "modernes" (autrement dit américaines) qui arrive à Paris pour reprendre en main un réseau de stupéfiants en perte de vitesse. Cette reprise en main est le parfait prétexte narratif pour nous balader dans le réseau sans que ça semble didactique.

Je suis moins convaincu par l'histoire d'amour entre Gabin et Magali Noël, histoire qui semble un peu surajoutée pour faire moins sombre. Mais bon, de l'amour, il en faut bien ! Sinon, on s'rait pas là ! Les deux fiers-à-bras incarnés par Lino Ventura et Albert Rémy font vraiment bien la paire et dégagent sans effort apparent une efficace impression de dangerosité. Lila Kedrova fait peur elle aussi, mais d'une autre façon, en junkie au bord de la crise de nerfs. Tous les seconds rôles sont solidement campés. Dalio est antipathique à souhait en chef du réseau (mais comment fait-il pour avoir l'air cauteleux comme ça?) et Paul Frankeur joue son commissaire de police avec autorité.

C'est un film jazz (et l'orchestre est dirigé par Michel Legrand), le noir et blanc est très beau, le rythme plutôt vif pour l'époque nous entraîne vers un très bon dénouement. L'histoire est aussi prétexte à nous montrer des zones de la vie sociale rarement filmées à l'époque, et je ne serais pas surpris que la censure du temps ait froncé les sourcils ici et là.

Bref, ça a beau dater de soixante ans, je ne me suis pas ennuyé une seconde !




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