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Sujet : Le meilleur Doinel ?


De frychar, le 10 décembre 2005 à 17:24

La scène ou Antoine Doisnel répète le nom de sa bien aimée : »Christine Darbon » me semble une scène d'anthologie…

Il prend beaucoup de plaisir à s'entendre évoquer son nom. Un peu comme Proust répétant le nom de Gilberte Swann et mâchonnant ce nom en savourant tout ce qu'il évoque…

Un peu dans une sorte de prière laïque a l'évocation de je ne sais quelle sainte…


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De Impétueux, le 10 décembre 2005 à 21:01
Note du film : 6/6

Il me semble que Baisers volés est, d'assez loin, le meilleur de la tétralogie consacrée à Antoine Doinel. Tout y est juste et harmonieux ; je peux fort bien comprendre que le jeu de Jean-Pierre Léaud exaspère, mais il est là moins crispant ; et Claude Jade ou Marie-France Pisier sont extraordinairement bien dessinées….!

Et oui, les amis ! Votre vieil oncle Impétueux qui a connu les jeunes filles de 1968 peut vous dire qu'elles étaient exactement comme ça…


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De Arca1943, le 10 décembre 2005 à 21:19

Si vous le dites, je veux bien y jeter un nouveau coup d'oeil !


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De Arca1943, le 21 décembre 2005 à 13:36

« Bref, la mise en abîme par excellence, qui d'ailleurs avait déplu à JL Godard qui accusa Truffaut de trahison. »

Voilà bien un vocabulaire typique de Godard. Et c'est croustillant de trouver (à maintes reprises) ce genre d'anathème idéologique qui fleure bon l'intolérance et la "ligne de parti" dans la bouche d'un monsieur qui pose volontiers au libertaire…

Par ailleurs, comme je suis un chercheur de petite bête, je signale que l'expression "mise en abyme", empruntée à l'héraldique et popularisée par la "narratologie" de Gérard Genette (Figures III, au Seuil, 1979 ou 1980), s'écrit bel et bien avec un beau « Y ».


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De lych666, le 21 décembre 2005 à 13:59
Note du film : 5/6

Merci pour l'ortograffe, je suis confus si mes propos ne sont pas appréciés, mais j'en suis également touché. "Tout le monde a le droit de se contredire et le droit de s'en aller"(JP Léaud dans un film qui mériterait d'être édité en DVD mais c'est pas demain la veille)


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De Impétueux, le 21 décembre 2005 à 14:05
Note du film : 6/6

Puisque le jeu de Jean-Pierre Léaud vous séduit, allez donc voter pour l'édition de La Maman et la putain où ses caractéristiques trouvent une justification bien plus forte que dans les aventures d'Antoine Doinel…


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De Arca1943, le 21 décembre 2005 à 14:41

Où voyez-vous que vos propos ne sont pas appréciés? Je suis un honnête pirate neutre (comme on dit dans Astérix en Corse) et ça fait plusieurs fois que je vois passer l'expression "mise en abîme" au lieu de "mise en abyme", voilà tout.


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De lych666, le 1er février 2006 à 21:33
Note du film : 5/6

Je ne trouve pas le jeu de JP Léaud exaspérant, cette façon de parler comme s'il écrivait est plutôt interessante. D'autant plus que j'ai un ami qui parle de cette façon, le perso de Leaud me parait donc crédible.Le cycle Doinel est une oeuvre fascinante et le dernier volet "L'amour en fuite" en tant que récapitulatif et cloture est selon moi une grande prouesse cinématographique. J'ai d'ailleurs compris l'enjeu du film "La nuit américaine" qui reprend des scènes de tous les films de Truffaut pour les transposer dans des contextes différents, dans le réel comme dans le cinéma. Bref, la mise en abîme par excellence, qui d'ailleurs avait déplu à JL Godard qui accusa Truffaut de trahison.


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De Arthur Fauvert, le 6 décembre 2006 à 18:39
Note du film : 6/6

Merci JIPI pour l'adresse ce site consacré à Claude Jade Je le conseille à tous les internautes de DVDtoile, excellente biographie, nombreux liens, de quoi rendre hommage à cette formidable actrice que je regrette tout autant que vous.


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De Gu1970, le 11 décembre 2006 à 12:18

Cher Arthur, une grande site des souvenirs: grand site consacré à Claude Jade


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De Impétueux, le 24 décembre 2011 à 19:44
Note du film : 6/6

Le plus frais, le plus charmant, le plus drôle épisode de la pentalogie d'Antoine Doinel (je compte là-dedans le court métrage Antoine et Colette dans L'amour à vingt ans). Il n'y a pas plus gracieux, plus désinvolte, plus tendre que ce moment où la vie d'Antoine, toute d'incertitude, va basculer dans ce qui sera plus tard Domicile conjugal puis, de façon plus amère, L'amour en fuite.

Il n'est sûrement pas indifférent que le film ait été tourné au début de l'année 68, dans un moment où le monde basculait et allait, quelques mois plus tard, exploser. Il y avait, à ce moment là, une sorte d'optimisme, de confiance dans l'avenir, d'indifférence aux soucis collectifs qui se perçoit bien dans Baisers volés. Ni chômage, ni insécurité, ni incertitude : la seule préoccupation est la quête d'un équilibre personnel, c'est-à-dire, tout bonnement, du Bonheur, à la manière de Stendhal

Il y a plein d'histoires, dans Baisers volés, plein de gags aussi. C'est souvent un peu le travers de Truffaut : coudre ensemble des anecdotes à lui survenues, ou à lui contées ; c'est plutôt bien fait ici, davantage que, par exemple, dans L'argent de poche. Il est vrai que la plongée dans la vie quotidienne d'une agence de recherches privées est généreuse en péripéties surprenantes, trucs de métiers (la façon de récolter une adresse à partir d'un numéro de téléphone, celle de faire constater un flagrant délit d'adultère grâce à un culot infernal et à un aplomb angélique !), récits bizarres (la nurse qui, au lieu d'emmener les enfants dont elle est en charge au square, s'exhibe sur une scène de strip-tease permanent, le type qui fait enquêter sur lui-même pour connaître les raisons de sa solitude sociale), tranches de vie (l'homosexuel qui pique une crise de furie lorsqu'il apprend que son ami vient de se marier).

Et Truffaut met, comme souvent, en scène sa propre vie : sa révocation de l'Armée, où il s'était engagé par désespoir amoureux, les mille métiers qu'il a accomplis, les incertitudes de son cœur, qui fut vaste et accueillant. Il est bien certain que ça n'a pas dû forcément être tous les jours drôle, mais le regard est constamment tendre et complice. Moqueur aussi, narquois, souvent, du type C'était donc moi, ce garçon à la fois fragile et impérieux, timide et hautain ? … Eh oui, c'était lui…

Je sais que Jean-Pierre Léaud passe pour agaçant ; c'est peu contestable, de façon générale, sinon que, dans Baisers volés, ce jeu un peu tordu s'accorde bien avec le personnage. Claude Jade est une jeune fille délicieuse, sensible, pure, incertaine et équilibrée tout à la fois.

Et Delphine Seyrig est féérique, et apparaissant comme telle, d'emblée, dans le cadre pourtant convenu de la boutique de chaussures possédée par son mari (parfait – déjà ! – Michael Lonsdale). Son allure, son élégance, sa voix, sa façon d'être… Quel dommage qu'elle se soit confinée trop souvent dans des machins abscons de la Nouvelle Vague…

Très beau film léger, ce qui ne l'empêche pas d'être grave…


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