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Forum : Le Cave se rebiffe

Sujet : Du grand Audiard


De verdun, le 6 novembre 2005 à 17:11
Note du film : 6/6

Comment je suis le premier à émettre un avis sur ce film ? Pourtant sans égaler en notiété LES TONTONS FLINGEURS, il s'agit d'une des plus étourdissantes réussites de Michel Audiard et écoutons donc ses dialogues:

  • "Les bénéfices ça se divise et les réclusions ça s'additionne"
  • "Méconnaître son talent, c'est encourager la réussite des médiocres"

Et surtout ce dialogue-ci:

J.Gabin: "j't'enverrai un gonze dans la semaine. Un beau brun avec des bacchantes.Grand, l'air con."

F.Rosay: "ça court les rues les grands cons !"

J.Gabin: "Celui-là, c'est un gabarit. Si la conneries se mesurait, il servirait de mètre-étalon".


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De Impétueux, le 9 novembre 2005 à 16:52
Note du film : 6/6

Ami, vous êtes le premier (mais désormais plus le seul !) à vous exprimer sur cet admirable Cave se rebiffe, parce que ce chef-d'œuvre, déjà édité en DVD (je sais, chez René Château, mais pour une fois, point trop mal) ne se discute pas et qu'il n'a plus besoin de notre courte-échelle pour rassembler aussi bien les vieux comme moi, qui l'ont vu à sa sortie et ne s'en sont point lassés, et les jeunes qui le découvrent avec émerveillement !

Gilles Grangier n'était sans doute qu'un bon serviteur du cinéma français ; n'empêche qu'il a réalisé, avec d'autres bons films (Le sang à la tête, par exemple, ou Le gentleman d'Epsom, l'un et l'autre avec Jean Gabin) ce bijou que nous ne sommes pas que deux à apprécier, croyez-le bien !


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De SACHAT, le 30 novembre 2005 à 13:16

C'est je crois – au niveau – de la "drôlerie" des dialogues l'un des meilleurs. Je le regarde en version "Autant en emporte le vent", les remarques fusent sans temps morts et donnent envie de les entendre encore et encore. Si fait d'un film d'une heure trente, il peut pour moi m'occuper une soirée entière. Mais il n'y a pas grand'chose à jeter me semble-t-il dans les dialogues d'Audiard. Chaque film est un régal d'images et de vocabulaires irrésistibles. Du reste, où sont passés les dialogues dans les films actuels ?


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De arno75, le 16 février 2006 à 22:11
Note du film : 6/6

Effectivement le mot de chef d'œuvre est lâché et c'est le moins que l'on puisse dire en parlant de ce film. je n'arrive néanmoins pas à me faire à cette version colorisée qui n'apporte rien au film et qui plutôt le dessert. Mais qu'est ce qu'ils ont les éditeurs à tout vouloir coloriser. c'est un peu comme mélodie en sous-sol en couleur, c'est embarrassant.


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De Impétueux, le 17 février 2006 à 10:54
Note du film : 6/6

Je l'ai donc échappé belle ! Ma version n'est pas colorisée !!! (vous avez raison : outre que cette trahison du réalisateur est une honte, le résutat sur n'importe quel film est invariablement piteux !).

Cela étant, il me semble qu'on peut régler son poste pour ôter la couleur, non ?


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De PM Jarriq, le 17 février 2006 à 11:20

Oui, on peut ôter la couleur, mais le traitement subi par l'image, pour la coloriser, fait que tous les contrastes ont disparu, au profit d'une image grisâtre, un peu floue, sans rapport avec le noir & blanc d'origine. Sans compter que les films en Scope sont la plupart du temps recadrés. L'argument des défenseurs de la colorisation, affirmant qu'on peut toujours régler son poste en noir & blanc ne tient donc pas. La colorisation est une aberration, c'est tout.


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De Xaintrailles, le 24 mai 2008 à 17:09
Note du film : 6/6

Si ce parfait chef d'oeuvre de la comédie policière ne jouit pas auprès des cinéphiles de la réputation qu'il mériterait, c'est dû, à mon avis, non à un quelconque défaut artistique, mais à la morale abrupte qu'exprime Audiard par la bouche du Dabe : "Dites-vous bien que ne pas reconnaitre son talent, c'est favoriser la réussite des médiocres !" qui n'est pourtant qu'une édulcoration d'un brutal précepte d'Emile Zola : "C'est un crime que d'encourager l'orgueil des médiocres !"


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De Impétueux, le 25 août 2012 à 14:33
Note du film : 6/6

Rassérénante unanimité des points de vue : Le cave se rebiffe est à sa façon une manière de chef-d'œuvre d'un genre qui me semble aujourd'hui disparu et qui a connu des heures de gloire, donnant au cinéma français une sorte de nouvel âge d'or, à la grande irritation de la critique prétendue sérieuse, qui s'étouffait d'agacement devant un cinéma qu'on ne pouvait tout de même pas ignorer.

Qu'est-ce qui confine à la perfection dans Le cave, outre la bluffante allitération du titre magnifique, qui ne pouvait être conçu que par un véritable expert amoureux des richesses infinies de la langue française ? Qu'est-ce qui y est si réussi ?

Le scénario est certes habile, ingénieux, drôle, délicieusement immoral, malgré le vertueux carton final qui précise que naturellement, les protagonistes du mauvais coup ont été rapidement arrêtés et condamnés, clin d'œil majuscule qui n'abuse personne. Mais ledit récit tiendrait presque sur un ticket de métro et, hors la pirouette finale bienvenue, n'offre qu'un minimum minimorum de suspense : on n'est que bien rarement dans l'attente de la péripétie suffisante : on jouit simplement à tout moment de la situation qui s'offre, chaque scène se suffisant à elle-même, et cette volupté est assez rare au cinéma pour n'être pas mise en exergue.

C'est que Michel Audiard, qui n'a pas conservé grand chose du roman d'Albert Simonin, paraît-il, a tout bâti sur le choix idéal des interprètes et sur les mots qu'il mettrait dans leur bouche. Je l'imagine écrivant pour Ginette Leclerc, pour Antoine Balpêtré, pour Franck Villard, connaissant parfaitement leur passé, leur dégaine, leur phrasé, et se régalant à ce tour de force de leur prêter exactement les phrases les plus à même de régaler le public… Et c'est évidemment la même chose pour Françoise Rosay ou Maurice Biraud… Je suis bien conscient d'être un peu excessif, écrivant ceci, mais le talent mimétique d'Audiard m'a fait songer à une des qualités les plus remarquables prêtées à Marcel Proust, celui de faire adopter à ses personnages, servantes, portefaix, concierges ou grands de ce monde le ton exact de leur véracité.

Voyez, j'ai cité cinq noms incontestables, cinq rôles dont tous ceux qui ont vu et revu le film retrouvent sans difficulté aucune les visages et se remémorent les inflexions… Dans quel film récent pourrait-on trouver telle profusion ?

D'autant que je n'ai pas abordé le chapitre des vedettes…

Réglons d'abord le cas de Martine Carol, point faible du film, s'il en est un. Le supplément du DVD indique que l'actrice, en pleine dérive personnelle et financière en 1961 avait été engagée dans ce tournage un peu par charité ; malheureusement la chose se sent, même si l'actrice, qui n'a jamais brillé par l'intériorité de son jeu, n'était pas la moins adaptée pour interpréter une ravissante idiote. Disons que le brio de tous les autres l'écrase un peu, mais que c'est supportable…

Bernard Blier et Jean Gabin, qui parlaient l'Audiard comme leur langue maternelle, s'en donnent à cœur joie et dévident mot sur mot, réplique sur réplique avec une ardeur stupéfiante… Ah ! le regard de Blier venu sortir Gabin de sa retraite des Tropiques sur les avantages et agréments de la jeune indigène qui leur sert à boire : – Il est giron, ton petit sommelier… – Je peux te le bloquer pour la sieste !…
ou le même Gabin à Biraud : J'ai connu un typographe d'une extrême valeur qui s'est gâté la main aux anis…
Quel bonheur !

Bref, voilà un film qui n'a ni un défaut, ni une ride. et à qui il ne manque pas même un joli clin d'œil, lorsque Biraud appelle Carol Ma p'tite reine… C'est ainsi que Blier appelle Arletty dans Hôtel du Nord… hommage d'Audiard à Jeanson, d'un maître à un maître…


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De vincentp, le 27 mai 2014 à 00:06
Note du film : 4/6


4,5/6. Très bon film effectivement (que je ne découvre que ce soir), parce que globalement homogène dans chacun de ses composants : musique, dialogues, interprétation, scénario, décors, costumes, photographie et mise en scène. A mon avis l'élément-clé de la réussite du film réside non pas dans les dialogues de Michel Audiard mais dans la présence de Jean Gabin, endossant les habits d'un personnage amusé et blasé : l'acteur opère le ciment parfait des composants listés ci-dessus. Et c'est au final un beau film sur le sens de l'honneur et de l'amitié.

Le début du film fait craindre une comédie franchouillarde et datée (des acteurs en demi-teinte, des péripéties pieds-nickelés), mais non, cette oeuvre passe parfaitement l'épreuve du temps. Point fort : le descriptif minutieux d'une France et d'un Paris petit bourgeois et populaire -qui ne connait alors pas les affres de la mondialisation et du populisme- brossé par quelques instants de la vie de plusieurs de ses représentants. La fin du film est une grande réussite. Le cave se rebiffe me parait beaucoup plus réussi que Les tontons flingueurs, cité par ailleurs.


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De Arca1943, le 21 février 2015 à 14:42
Note du film : 5/6

J'arrive trop tard pour ajouter quoi que ce soit de neuf sur cette très savoureuse comédie policière. C'est un plat de roi, à déguster sans en perdre une goutte ou une miette. L'équipe d'interprètes est fabuleuse. Chapeau tout particulier à madame Françoise Rosay, faite pour parler l'Audiard comme Laurence Olivier était fait pour parler le Shakespeare !


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De Frydman Charles, le 11 novembre 2016 à 05:09

Est-ce que c'est ce film qui a rendu populaire l'expression "le roi des cons" ?

Charles Lepicard (Bernard Blier) à propos d'Eric Masson :

Parce que si je voulais me lancer dans la psychanalyse, j’ajouterais que c’est le roi des cons. Et encore les rois, ils arrivent à l’heure. Parce que j’en ai connu moi, mon cher maître, des rois, et puis pas des petits. Les Hanovre, les Hohenzollern. Rien que du micheton garanti croisade

Puis il y eu l'émission de radio "bons baisers de partout" (de 1966 à 1973) et le personnage "Nicolas Leroidec" qui sous entend le roi des cons !

La chanson de Brassens "le roi des cons" (1972)

Des Bd de Wolinski "le roi des cons" faisant la couverture de Charlie Hebdo au début des années 1970.

Des pièces de théâtre d'après cette BD.

Le film "le roi des cons" (1981) d'après la BD .

Dans ce dernier film Francis Perrin après avoir papillonné est heureux en ménage et a été eu , et assez con pour faire les courses avec un sac plastique rouge violine et un logo rouge U dans un losange, un logo qui serait plutôt celui de Monoprix avec un M au lieu d'un U . François Perrin aime et on ne peut pas dire qu'il a été eu  !!!…


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