Le film tient étonnamment bien le coup, malgré le poids des ans et l'âge (un peu trop) avancé de ses stars. Cette histoire de mercenaires grugés par leur employeur est inspirée des Professionnels
de Brooks
, mais le contexte "réaliste" africain est plutôt bien utilisé et le charisme des acteurs fait le reste, pour faire de ces Wild geese
un film "pour les garçons" (l'inverse des "chick flicks", en somme) dans la droite lignée des Canons de Navarone
ou des Douze salopards
. Visiblement ankylosé et en petite forme, Burton
a tout de même une gueule insensée, creusée, burinée, tannée par le soleil face à Roger Moore
un peu moins léger que d'habitude et même Stewart Granger
en salaud de service. Le réalisateur de western McLaglen
- homme à tout faire de John Wayne
- fait proprement son job sans avoir le culot d'un Aldrich
, mais il sait mener un récit et créer de jolis morceaux de bravoure. Bien sûr, les scènes entre l'Afrikaner raciste (Hardy Krüger
) et le leader révolutionnaire sont naïves et plaquées, les personnages sortent souvent d'un catalogue de clichés (le sergent gueulard au coeur d'or), mais Wild Geese
est un spectacle d'un autre âge qui se laisse revoir avec plaisir et nostalgie. D'un temps peut-être sans décors ni effets spéciaux numériques...
Pour voir une version plus sérieuse et aussi plus mémorable d'un sujet similaire, jeter un coup d'oeil à l'excellent Dogs of war
.
Je me revois clairement, ado, en train de prendre la décision de ne pas aller voir ce film, qui venait de sortir. Je me disais juste : c'est tous des vieux et puis qu'est-ce que Richard Burton
vient faire dans cette galère? (Eh,je n'avais pas encore vu les lamentables Klansman
et The Medusa touch
!). Et aux côtés de Burton
, il y avait le soporifique Roger Moore
, que je venais de voir dans un très mauvais film avec Lee Marvin
dont le titre m'échappe et qui se passait aussi en Afrique. Bref, j'ai passé mon tour. Et en lisant votre message, je me dis bah, au fond, j'aurais peut-être dû...
Le film avec Marvin
, c'est le (effectivement !) lamentable Parole d'homme
. Je serais moins sévère avec le délirant Medusa touch
, copro improbable au scénario dément, jetant Lino Ventura
- avec son imper de Cadavres exquis
- dans un film-catastrophe britton.
Ne pas avoir vu Wild geese
à sa sortie n'est pas une grande perte en soi, et je crois vraiment que c'est la nostalgie qui rend sa vision agréable trente ans plus tard. Mais bon... J'ai toujours du mal à résister à un nanar quand Burton
figure au générique.

