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Sujet : Un film un peu amidonné ?


De cyril, le 21 août 2005 à 12:17
Note du film : 4/6

Un film académique mais soigné. Interprétation à la hauteur avec le magnifique couple Nicole Berger-Pierre-Michel Beck


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De Impétueux, le 21 août 2005 à 20:22
Note du film : 3/6

Autant-Lara+Bost et Aurenche sur une adaptation de Colette, avec la grande Edwige Feuillère et la si troublante Nicole Berger (qui rend si vite vénéneux son bout de rôle dans En cas de malheur du même Autant-Lara)… ça n'est pas un chef-d'œuvre, mais ça mérite bien mon vote !


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De cyrano, le 15 avril 2006 à 16:08
Note du film : 6/6

Je n'ai jamais vu ce film (oui, c'est possible !!), mais si Pierre-Michel Beck y est, comme je le pense, aussi transcendant que dans " Le garçon sauvage " programmé cette semaine sur ARTE, je vote des deux mains pour son édition en DVD !

La note que je donne étant, partant de là, une présomption de qualité en ce qui concerne le film.


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De jipi, le 26 septembre 2007 à 10:09
Note du film : 4/6

Madame Dalleray résiste de toutes ses forces au mécanisme de l'oubli, son beau visage traqué par les premières rides rajoute un composant à une séduction jadis naturelle.

La dame blanche offre fantasme et initiation à Phil adolescent en pleine construction, arrogant, commentant des baisers distribués furtivement à des jeunes filles en fleurs positionnées provisoirement sur la perception d'un poster plutôt que sur un attrait véritable.

Vinca essaie de responsabiliser cet esprit récupéré par l'attirance d'un apprentissage amoureux offert par une femme mure masquant dans ses dernières cartouches une espérance de longévité amoureuse, cela s'avère impossible à long terme, l'émotion des premiers ébats passés, le jeune initié devient dominant sur de lui.

Un machisme en sommeil déferle sur cette union atypique. La souffrance vécue d'une beauté en fin de course attise la domination d'un jeune coq difficilement comprimé par une jolie blonde acquise à l'amour d'enfance à perpétuité.

Les remous suscités suite à cet amour interdit sont retombés depuis bien longtemps. Les dérives de ces images vieillottes ne sont même plus à condamner, elles se regardent presque d'un air amusé dans nos vies privées de ce mélo fusionnel amoureux temporaire entre la fougue de la jeunesse et l'angoisse du déclin.


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De Azurlys, le 12 septembre 2011 à 15:54

Mon souvenir attendri de ce film que j'avais vu à l'age des personnages centraux, et le film redécouvert en DVD m'a semblé d'un intérêt indiscutable, et fortement teinté, pour moi, de beaucoup de nostalgie.

On ne peut cependant se défendre d'y voir un film daté, un peu amidonné en dépit de sa réputation sulfureuse. A l'époque, il était apparu comme inconvenant en raison de son sujet, bien plus que de son traitement. Les uns ricanaient, d'autres étaient (un petit peu) offusqués, mais cette histoire dans laquelle deux adolescents sortent de l'enfance pour aborder l'age adulte, chacun de son coté, Phil grâce à une étrange Dame en blanc qui l'initie à l'amour et lui ouvre le chemin de la vie, l'autre, Vinca, déjà jalouse, mais plus mûre que son compagnon.

Edwige Feuillère y était magnifique dans le personnage d'une initiatrice blasée mais déjà offensée par Phil, dans cette maison de Ker Anna, à atmosphère pesante et moite d'un salon où elle offre le Porto au jeune homme. Nicole Berger y était nettement plus à l'aise que Pierre-Michel Beck un peu empoté, même hors les scènes qui procèdent de de ses dialogues avec la Dame en blanc. L'ex-jeune comédien aujourd'hui loin du cinéma et depuis longtemps, n'avait pas l'étoffe d'un acteur. A l'époque, cette constatation ne m'avait ni frappé, ni même intéressé. Je n'avais pas le recul nécessaire. Est-ce lui qui fut "Le Garçon Sauvage", au coté de Madeleine Robinson et – sauf erreur – Franck Villard ? Je le crois bien, mais sans certitude. Dans la foulée du Blé en herbe il tourna en Italie un "AGE DE L'AMOUR" un tantinet laborieux qu'il serait curieux de revoir. Il était au coté de Fernand Gravey qui faisait des apparitions dans le cinéma transalpin. Devant la menace vraie ou supposée de l'invasion du cinéma américain – ou états-uniens – à la suite des accord commerciaux qui suivirent la Libération, les cinéma français et italiens avaient signés des accords de coproduction. Cette mention figure souvent aux génériques des films de cette période. Cela pouvait donner "L'AGE DE L'AMOUR" (plutôt italo-français) d'intérêt mineur, mais cela donnera aussi FANFAN LA TULIPE, LE ROUGE ET LE NOIR, LOLA MONTES, et quelques autres réussites, qui donnèrent un renouveau à notre cinéma. Nicole BERGER, après quelques apparitions à la Télévision, notamment "Cécilia, Médecin de campagne", se tua dans un accident de voiture.

Edwige Feuillère, toujours magnifique montre un jeu très étudié, presque trop, au coté de comédiens sympathiques, Charles DESCHAMPS, René DEVILLERS, Hélène TOSSY, et le déjà tonitruant Louis de FUNES.

Si l'on se tourne vers l'anecdote, on peut voir qu'Edwige Feuillère ne tourna pas un seul plan en Bretagne, à Erquy, où eurent les prises de vues. Retenue sans doute à Paris par le théâtre, tous les plans où elle figure furent tournés en studio. Lorsque la Dame en Blanc apparait dans son jardin (Phil lui jette un bouquet de fleurs par dessus la clôture), elle était remplacée par une doublure, de dos, évidemment. De même lors de la toute première rencontre dans les dunes, "sur le chemin du goémon", elle apparait de loin à coté d'une voiture d'époque (j'ai pensé à une Hispano-Suiza, mais les spécialistes corrigeront) vêtue d'un tailleur blanc et d'une cape qui flotte dans le vent. De loin il est impossible de la discerner, de près, le plan suivant, l'image est tournée dans le studio de Boulogne. Là, elle est déjà celle qui fascinera ¨Phil, présentée comme la tentatrice, mais couverte d'une couleur associé à l'idée de pureté… Clin d'œil vachard d'Autant-Lara ? C'est possible, même si cette trouvaille figure déjà dans le roman de Colette.

C'était l'époque également où un fantaisiste imitateur, Claude Vega se gaussait avec gentillesse de la grande Edwige. Un sketch était éloquent et se référait à la "Dame aux Camélias". Allongé sur un canapé il y allait d'une voix sensuelle et languissante " Aarmand, apportez-moa moon diamaaant. Pas le grooos, l'énooorme…". La salle riait beaucoup, mais l'histoire ne révèle pas l'opinion d'Edwige Feuillère..

Enregistrement DVD dans un noir et blanc magnifique, une bande-son restaurée, on peut se laisser aller à ce cinéma classique, un soupçon poussiéreux, que ne prisaient guère les tenants de la Nouvelle Vague (apparue cinq ans après), mais qui permet les escapades douces-amères dans la mémoire.


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De Impétueux, le 28 mars 2012 à 18:59
Note du film : 3/6

Le 4 que j'avais mis, sur la foi de mes souvenirs, ne tient pas, au choc des années. 3 est trop peu ; glissons un 3,5, ou un 3,6. Convenons que la qualité du DVD est absolument remarquable, image et son restaurés, que les suppléments ne sont pas mal du tout et comportent – heureuse initiative ! – un des huit (sic !) sketches des Sept péchés capitaux ; dans ce sketch, de 1951, L'Orgueil, Autant-Lara totalement fidèle à sa veine grinçante et méchante, emploie au mieux Michèle Morgan, Françoise Rosay, Jean Debucourt, Louis Seigner… Un petit bijou de cruauté…

J'écrirais presque que c'est cette rareté qui m'a le plus intéressé dans ce DVD du Blé en herbe. D'abord  – iconoclastie assumée – je ne tiens pas Colette pour un écrivain français majeur et je m'étonne qu'elle soit éditée en quatre tomes de Pléiade, alors que, par exemple, Jules Romains, vrai concepteur d'univers, n'y est pas même annoncé (au contraire de – ô surprise ! – Pierre Drieu La Rochelle qui paraîtra cet automne).

Mais je m'égare sans m'expliquer… En fait, je pense que Colette a été largement servie par sa vie de femme libérée avant l'heure, ingénue libertine, complice coquine de son Willy de mari, débutante déjà un peu sulfureuse avec la série des Claudine, amante affichée de la marquise (hommasse) de Morny (Missy), danseuse nue de music hall, divorcée, mariée avec Henry de Jouvenel, puis initiatrice et maîtresse du fils de son mari, Bertrand ; voilà qui suffisait, dans la première moitié du dernier siècle, à vous assurer une réputation…

Mais je serais injuste de ne pas créditer Colette d'une langue drue, vigoureuse, sensuelle, pleine d'odeurs de campagne et de vitalité. Styliste peut-être encore davantage que romancière, donc ; mais un talent d'écriture fait-il un talent d'écrivain ?

Donc, Le blé en herbe, cette histoire très simple de l'éveil à la sensualité de deux adolescents, Phil et Vinca (Pierre-Michel Beck et Nicole Berger), pendant les vacances, sur les rugueuses et pluvieuses plages de la Bretagne du nord. Éveil à la sensualité qui sera, en quelque sorte cristallisé par la présence d'une femme déjà mûre et encore très belle, Mme Dalleray (Edwige Feuillère)

 ; est-ce par un caprice sensuel, une envie de se prouver que le crépuscule n'est pas encore tout à fait là, un jeu un peu pervers, une fatalité d'évidence, qu'elle ouvre sa porte et son lit à Phil ? Elle sait bien, tout de même, l'ambiguïté de la situation : Vous venez cherchez avec moi ce que vous n'osez pas lui demander dit-elle à Phil, parlant de Vinca.

Qu'est-ce qui va se passer, alors que, sous la pluie d'Erquy, on replie les chaises longues et les parasols et que les malles reprennent le chemin de Paris ? Phil et Vinca sont venus dire Au revoir à leur plage favorite ; que vont-ils faire désormais ?

C'est qu'à dire vrai, on s'en fiche un peu, tant les deux adolescents sont crispants, exaspérants, irritants ; oubliant qu'ils ont l'un 16 ans et demi, l'autre 15 ans, on a envie de leur dire Allez-y ! pendant tout le film, d'autant que les parents sont aussi agaçants qu'insignifiants.

Il paraît qu'Autant-Lara avait pensé à Marlene Dietrich pour incarner La Dame en blanc ; devant son refus, il n'a pas du tout perdu au change en employant Edwige Feuillère, à la voix lassée déjà et à la grande allure ; si j'apprécie beaucoup Nicole Berger, si prématurément morte dans un accident de voiture, j'ai trouvé Pierre-Michel Beck très mauvais, emphatique et outrancier ; aujourd'hui loin du cinéma, il explique assez gentiment dans un des suppléments du DVD combien il a été décontenancé par l'environnement du film, l'indifférence à son endroit de ses partenaires, notamment… Dur métier.


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