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Sujet : L'amour de l'âme russe


De speedy, le 16 juin 2005 à 08:44
Note du film : 4/6

On peut ne pas aimer les films romantiques et les traiter en général de films "à l'eau de rose" et se laisser quand même emporter par cette histoire de passion entre la fille d'un inventeur américain et un cadet de l'armée impériale russe fin 19ème siècle. Car tel est mon cas.

Il faut dire que Julia Ormond est vraiment belle à craquer et qu'en dehors des deux tourtereaux et leur histoire d'amour les seconds rôles sont tour à tour sympathiques, amusants et dramatiques. Et Richard Harris n'est pas le plus à l'aise dans son rôle d'inventeur fou c'est dire le talent des autres acteurs russes.

Une mention particulière pour la musique et ses superbes envolées surtout à la fin.


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De Impétueux, le 16 juin 2005 à 11:11
Note du film : 6/6

Si Le barbier de Sibérie n'atteint pas la merveilleuse sécheresse dramatique de Soleil trompeur, c'est tout de même un film admirable où Mikhalkov fait chatoyer une fois encore son amour de la terre et de l'âme russes, les rires et les pleurs, le grotesque et le sublime mêlés…

Que l'anecdote soit sans doute un peu trop romanesque n'enlève rien à ce regard plein de tendresse humaine…


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De vincentp, le 20 mars 2010 à 23:24
Note du film : 5/6

4,8/6. Ce film m'a été conseillé par Sergueï, le compagnon de la cousine de ma mère. Né en Russie, grand connaisseur de l'histoire russe, Sergueï a énormément apprécié Le barbier de Sibérie, y retrouvant la culture qui est la sienne. Il m'a raconté comment il a lui-même accompli dans sa jeunesse la punition dite "de la cigogne" consistant à rester debout en appui sur une seule jambe (on retrouve ceci dans le film de Mikhalkov).

La reconstitution historique du film est fort bien faite, le sujet bien traité. Le passage en revue de la troupe des cadets par le tsar est emprunte d'un grand dynamisme et très bien réalisée, par exemple. Après, on peut adhérer plus ou moins au style enjoué -qui semble un peu exagéré ?- de la mise en scène de Mikhalkov : mélange d'ingrédients hollywoodiens -à la Spielberg- et d'éléments visiblement propre à la culture slave -on passe sans transition du drame à la comédie, en quelques instants, comme dans les films par exemple de Kusturica, avec comme vecteur de transition une bouteille de vodka, laquelle libère les inhibitions-.


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De Impéteux, le 5 avril 2010 à 21:32
Note du film : 5/6

La Russie, ce pays gigantesque et incompréhensible, comme l'écrit Jane Callaghan (Julia Ormond) dans la lettre qu'elle adresse à son fils et qui forme le récit du Barbier de Sibérie est trop loin de nos modes de pensée habituels pour que nous en comprenions toutes les singularités, les outrances, les excès, le mauvais goût, la violence, la douceur, la générosité, l'infinie capacité d'endurer, qui sauva sans doute notre monde, autant que le flegme britannique, devant la folie barbare allemande…

Le film de Nikita Mikhalkov est à l'image de son pays, aussi interminable (près de 3 heures) que le sont les paysages infinis de la Russie, aussi baroque et démesuré, qui commence dans le burlesque, y culmine dans la scène du bal, dont le parquet a été recouvert par une cire de farce qui fait y glisser comme sur une patinoire, dès qu'on y pose le pied, se transforme graduellement en histoire d'amour douloureuse, se poursuit en drame avec, en point d'orgue, le départ des relégués enchaînés pour les camps de travail, et s'achève dans la mélancolie du constat sur des vies gâchées pour des riens…

On ne sait pas grand chose de la Russie, en Occident, dès lors qu'on veut aller un peu plus loin que la geste fondatrice d'Alexandre Nevski, que la sauvagerie d'Ivan le Terrible, que le despotisme éclairé de Pierre le Grand, que la révolution d'Octobre, que les épisodes de La grande guerre patriotique (si bien enluminée dans Quand passent les cigognes) ; on ne sait pas, ou peu, qu'entre 1880 et 1914, le rythme de développement de l'Empire était largement supérieur à celui des États-Unis d'Amérique et que les immenses besoins de développement du territoire ont justifié la demande démesurée de fonds, particulièrement auprès des épargnants français… Si la guerre, si la révolution bolcheviste n'étaient passées par là, il n'est pas impossible que les Emprunts russes eussent représenté le plus lucratif des investissements jamais réalisés.

Le barbier de Sibérie intervient juste avant cette opération financière, mais déjà sous le règne d'Alexandre III (le souverain qui a donné son nom à ce lumineux pont de Paris), avant-dernier des tsars. C'est lui (d'ailleurs interprété par Nikita Mikhalkov, dont la modestie n'a jamais été la qualité majeure) qui passe en revue les Cadets lors d'une des plus exaltantes séquences du film, qui s'achève sur l'admirable hymne impérial (l'hymne actuel, tout aussi magnifique, qui fut aussi celui de l'Union soviétique a été écrit, lui, par le père de Mikhalkov).

Mais des séquences fortes, comme il y en a ! J'ai cité le serment des Cadets, le départ des relégués… on pourrait y ajouter toute la séquence des fêtes de la Chandeleur, où Jane amène le général Radlof (Alekseï Petrenko), qui lui fait une cour insistante, au Zapoï, qui est davantage qu'une cuite carabinée, un accès d'ivrognerie, une sorte de rituel de fête et de camaraderie, où des troupes d'hommes se fichent une gigantesque peignée à poings nus, afin de mieux pouvoir, ensuite, se pardonner lors de la Fête de la Réconciliation, et, plus attachante encore, la rage impuissante des Cadets, les amis d'Andreï Tolstoï (Oleg Menshikov) défilant sur leur chant de marche et lançant loin d'eux les journaux qui annoncent la condamnation et les prétendus aveux de leur camarade.

Les acteurs aussi ; la fragilité d'apparence et l'élégance d'Oleg Menshikov font presque oublier qu'il est tout de même un soupçon trop âgé pour le rôle (il avait 38 ans lors du tournage du film alors qu'il interprète un garçon de 20 ans) ; Julia Ormond est absolument remarquable dans le rôle assez compliqué, trouble, ambigu, difficile, d'une courtisane qui découvre, effarée, qu'on peut l'aimer, et qu'on l'aime jusqu'à la folie ; Radlof (Alekseï Petrenko) a juste assez d'outrance pour incarner ce général ridicule, prétentieux, mais blessé aussi, et pitoyable, donc, qui incarne aussi l'âme russe ; et Douniacha (Anna Mikhalkova qui est l'interlocutrice de son père dans Anna, où l'histoire de la Russie est revisitée), la servante amoureuse, dont la patience, la fidélité, la silencieuse passion finira par l'emporter est d'une parfaite justesse.

Si l'on y accroche, si l'on a pour la Russie ce regard stupéfait et empathique que la France a souvent eu pour ces terres glacées, si lointaines et si proches, Le barbier de Sibérie est un film qui compte et qui marque, qui émeut et qui fascine, qui fait rire et pleurer. Que c'est rare !

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De Arca1943, le 5 avril 2010 à 23:49

Vibrant éloge, qui rend ce film très, très tentant ! Soyons francs : les explications historiques, culturelles et poétiques d'Impétueux m'échappent en grande partie, mais j'ai retenu l'essentiel de son propos : c'est un film d'amour avec Julia Ormond !

Ici aussi, au Canada, nous avons notre histoire avec la Russie, mais elle est beaucoup plus frustre. C'est que nous connaissons les Russes à peu près seulement par le hockey. Peut-être six ou sept d'entre nous ont-ils lu Guerre et paix – et encore, ce n'est pas sûr. Par contre, nous connaissons tous le très populaire Vladislav Tretiak, l'incroyable gardien de but de l'équipe soviétique (redevenue russe par la suite) ! Et disons la vérité une fois pour toutes sur le Canada : oui, lors de la légendaire Série du siècle, en 1972, c'est bien à un coup vicieux, porté au centre de la glace par le taupin Bobby Clarke contre le capitaine de l'équipe de l'Armée Rouge, l'étincelant Valeri Kharlamov, oui, c'est bien à un coup vicieux que le Canada, en fin compte, a dû d'arracher son amère victoire. Quant à Valeri Kharlamov, un des trois plus grands joueurs de l'histoire du hockey avec Maurice Richard et Wayne Gretsky, il est mort à 33 ans dans un accident de la route, le 21 août 1981.

Mais bon, pour en revenir au film, ce Barbier de Sibérie n'est jamais sorti dans mon pays, ni alors ni jamais. Et je suis justement à la recherche d'exemples patents, évidents – ou mieux encore : indiscutables ! – de bons films qui, au cours des 10-12 dernières années, auraient dû sortir dans mon pays et ne sont pas sortis. À lire le message vibrant d'Impétueux, ce film me semble un bon candidat. Je sens que je vais faire un crochet par la Russie lors de mes futurs achats européens…


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De vincentp, le 7 avril 2010 à 19:30
Note du film : 5/6

Sans aucun doute un film intéressant et qui a l'avantage d'être grand public. Autre titre (à mon avis) éclairant l'histoire russe, de façon complémentaire : L'arche russe, filmée en un seul plan séquence, de Sokhourov -très proche du ton et de la forme de ce film de Mikhalkov à mon avis.

Lequel Mikhalkov, dont l'oeuvre est estimable et de qualité, n'égale tout de même pas me semble-t-il d'autres cinéastes soviétiques ou russes de Eisenstein à Tarkovski (Le miroir)… et je suis loin d'avoir tout vu de ce cinéma.


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