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Forum : Pale Rider, le cavalier solitaire

Sujet : Revision


De PM Jarriq, le 28 mars 2005 à 19:51
Note du film : 4/6

Je n'avais pas revu "Pale rider" depuis des lustres. Après revision, ce que je trouve le plus intrigant dans ce film, ce sont les questions qu'il laisse en suspens. Et pas des moindres… Qui est le "preacher" ? Pourquoi arrive-t-il déguisé en prêtre ? Est-ce un spectre ? Un ange exterminateur appelé par les prières de Megan ? Quelle fut sa relation avec le shérif Stockburn ? Pourquoi Richard Kiel se range-t-il de son côté aussi subitement ?

"Pale rider" est un démarquage assez fidèle de "Shane" (jusqu'à la mort de Spider calqué au cadrage près sur celle de Elisha Cook dans le film de '53), teinté à la sauce "High plains drifter", avec un soupçon de Sergio Leone (la ressemblance du shérif avec Lee Van Cleef et son cache-poussière ne peuvent pas être fortuits), un film inégal et fouillis, mais constamment fascinant, où la nature a un rôle prépondérant (les montagnes bleues en arrière-plan, la colline "violée" par Lahood). Seul petit regret : que le scénario n'ait pas été moins paresseux et que Clint se soit cru obligé de s'octroyer une scène d'amour (même ellipsée) avec Carrie Snodgress, qui va à l'encontre de tout ce qu'il avait bâti autour de son personnage. Disons qu'au bout du compte, c'est un western atypique, une bonne rampe de lancement avant le chef-d'oeuvre que sera "Impitoyable", une décennie plus tard. Ah oui, petite mention quand même au toujours fabuleux Michael Moriarty, qui parvient à créer un personnage crédible, humain, contradictoire, au sein d'un film qui aurait tendance à schématiser les caractères. Acteur sous-estimé, Moriarty s'est montré inoubliable en nazi dans la série "Holocauste" ou en joueur de baseball dans "Bang the drum slowly", ou encore en père rugueux de James Dean dans le téléfilm récent consacré à l'acteur.


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De droudrou, le 15 septembre 2007 à 20:42
Note du film : 5/6

Donc j'ai terminé de revoir ce film que j'avais vu il y a déjà quelques temps. A mesure que les images défilaient devant moi, effectivement, elles ne m'étaient pas inconnues mais, jamais au grand jamais, ma mémoire n'a précédé l'action du film…

Que notre ami PM Jarriq dise qu'il y a de nombreuses élipses dans le film, je serai assez d'accord avec lui. Par contre, sont elles importantes ? Je n'en ai pas l'impression puisqu'il faut que toute l'action du film se concentre sur quelques jours et qu'en termes de réminiscences du passé un gros plan sur le dos du "preacher" soit suffisamment éloquent pour nous dire qu'il a déjà eu affaire avec le sheriff et ses six adjoints quand le même dira que ce n'est pas possible parce que l'homme est mort, notre information est suffisante.

Tel un spectre, le preacher apparaît et disparaît et accomplit son implacable vengeance. Qu'est-ce qui a guidé son chemin ? Qu'est-ce qui le guidera encore ? Nul ne saurait apporter de réponse. Pour le moins, toutes les conjonctions étaient là pour qu'il rencontre ceux qu'il recherchait. Ce n'est pas lui qui tuera LaHood qui allait lui tirer dans le dos mais un de ces chercheurs d'or auxquels il a apporté son aide.

Je pense que cette notion de spectre se trouve renforcée par le titre du film. Si je devais dire "Le cavalier fantôme", j'emploierai et garderai l'expression de "pale rider" qui trouverait une signification ésotérique beaucoup plus juste.

Une image qui m'a quelque peu marqué est celle où, sur le sol, seul indice de la présence du "preacher", demeure son chapeau de la même façon que s'il fallait désigner l'endroit où il est enterré, on aurait laissé en évidence son couvre-chef.

Ensuite, il faut bien l'avouer, des scènes spectaculaires comme la chevauchée du générique et ces jets puissants qui fouillent la montagne pour en extraire l'or. C'est vrai que ce film est très bien fait et tout à fait conforme à cette tradition apparue avec les westerns spaghettis et l'image légendaire qui s'est créée autour de Clint Eastwood…


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De Arca1943, le 15 septembre 2007 à 21:44

« Que notre ami PM Jarriq dise qu'il y a de nombreuses élipses (sic)dans le film, je serai assez d'accord avec lui. Par contre, sont elles importantes ? »

Je dirais qu'elles sont "importantes" (et fort judicieusement utilisées) pour bien instaurer l'aura "biblique" qui nimbe le protagoniste. Ce que d'autres westerns ont fait de manière allusive ou allégorique, Pale Rider le fait carrément ! La citation de la Bible qui donne son titre au film nous est donnée dès le début, lue par la jeune Megan : « Et je regardai, et je vis apparaître un cheval pâle; et son cavalier se nommait la Mort, et l'enfer le suivait. »


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De droudrou, le 15 septembre 2007 à 21:56
Note du film : 5/6

Merci à toi Arca. Toi et divers contributeurs de ce site êtes très forts dans la mesure où vous êtes capables de fournir des citations que je suis bien incapable de pouvoir donner sauf les conneries qui peuvent émailler certains films. C'est vrai que mon approche n'est pas la même mais que nous nous retrouvons en termes de conclusion. C'est bien sympa…


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De Pianiste, le 10 octobre 2014 à 10:48

Pale Rider, le cavalier solitaire est un excellent film où Clint Eastwood campe à merveille un justicier qui vient en aide à des mineurs harcelés. Il faut dire que le rôle du cavalier solitaire lui convient très bien. A noter, comme il a été dit auparavant, que le rôle de la jeune fille nommée Megan est tenu par Sydney Penny. La même actrice qui a si bien interprété Meggie enfant dans Les oiseaux se cachent pour mourir. Là aussi, elle porte le même prénom. Décidément, que le monde est petit….


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De Impétueux, le 11 avril à 16:42
Note du film : 1/6

Mon Dieu, quel ennui et quelle lourdeur dans cette pâle imitation de L'homme des vallées perdues de George Stevens qui, malgré son titre français magnifique, ne cassait pourtant pas trois pattes à un canard (et qu'on aurait sûrement oublié, en France, s'il avait conservé son abstrus titre original, Shane). Qu'est-ce que c'est que ce paresseux scénario, ces allers-retours interminables, ces ellipses incommodes à la compréhension du récit, cet ange qui se veut exterminateur (et qui l'est, d'une certaine façon) mais n'a pas la moitié du quart du tiers des épaules pour être convaincant ?

Ah, si je ne méconnais pas qu'il peut y avoir quelquefois dans les westerns quelques bonnes petites choses intéressantes, il faut encore que l'histoire se glisse dans un des mythes éternels de l'Humanité et même de l'Occident. C'est-à-dire qu'elles ne demeurent pas confinées dans les conflits territoriaux et économiques de bouseux portés sur le canardage et le mauvais bourbon. Mais là ! Qu'est-ce que c'est ennuyeux, ce prétendu Pasteur (car je ne vois pas du tout qu'il le soit), qui arrive un beau jour dans un territoire aussi rébarbatif et sévère que possible, au nord de la Californie et s'installe sans un mot d'explication pour faire le justicier !

Le hasard faisant bien les choses, voilà que notre mystérieux inconnu (Clint Eastwood, l'auriez-vous deviné ?) – dont on n'évoquera jamais le nom au demeurant (oh là là, que c'est original pour un prédicateur solitaire !) -, voilà qu'il s'installe chez un bien brave type, Hull Barrett (Michael Moriarty), qui presse depuis un bon moment Sarah Wheeler (Carrie Snodgress), une veuve bien réticente à son projet, de convoler c'est-à-dire de se remarier (j'écris ceci pour les jeunes générations post-68 qui ne connaissent pas les nuances de notre admirable langue française). La veuve, qui n'est guère appétissante au demeurant, est dotée en revanche d'une ravissante jeune fille, Megan (Sydney Penny) qui, comme beaucoup de pucelles romanesques ne cesse de rêver au Prince charmant.

Que croyez-vous qu'il pourrait arriver ? Du bruit et de la fureur supplémentaires ? Eh non ! Car l'homme de Dieu, sa mission de tuerie accomplie, repartira, sombre et guindé vers de nouvelles aventures, tel Lucky Luke mâchonnant sa cigarette (ou son brin d'herbe, désormais : devenons vertueux !). Je n'ai pas compris pourquoi il a exterminé une escouade de tueurs (ou bien, la chose n'est pas bien claire, d'adjoints au shérif Stockburn (John Russell) ; au fait, qu'est-ce qu'il vient faire dans le film, celui-là ?). Je me suis simplement fait la remarque que les cache-poussière de ces bandits patibulaires (ou policiers véreux, je ne sais toujours pas), que ces cache-poussière, donc, étaient beaucoup moins esthétiques, beaucoup moins élégants que ceux qui ont émerveillé les spectateurs de Il était une fois dans l'Ouest, au point (mais qui s'en souvient encore ?) de lancer une mode qui fit florès une ou deux saisons à la rentrée 1969. C'est ce qui sépare le chic italien des frustes souquenilles du Nouveau monde.

J'ai tout à fait conscience d'être, dans cet avis, un peu de mauvaise foi. Mais un peu seulement. Les bons sentiments – la lutte contre les méchants orpailleurs qui démolissent la montagne à coup de lances hydrauliques – ne peut tout de même pas couvrir l'infinie platitude du scénario et l'absence du rythme. Sans jamais atteindre les sommets, Clint Eastwood fera mieux.


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De fretyl, le 11 avril à 23:47
Note du film : 2/6

Je ne garde pas un souvenir inoubliable et mémorable de Pâle Rider… Assez d'accord avec vous. C'est un film que je dois voir à peu près une fois tous les deux ans, diffusé régulièrement sur les chaînes TNT, qui par contre ne me marque pas et laisse absolument submerger des moments d'ennuis et un scénario ultra prévisible. Très d'accord avec votre analyse. Malgré tout, au risque de me faire flinguer par les Dvdtoileurs le western de Eastwood que je supporte le moins et j'ose l'avouer, que je ne comprends pas, sera toujours l'obscur Impitoyable que je zappe de temps en temps et qui ne mérite même pas la mention Western ! Le film le plus emmerdant de Eastwood ? Je me souviens l'avoir prêter à un couple de retraités qui avait de la sympathie pour le célèbre blondin, des gens de culture et de bon goût qui n'avait pas plus compris que moi la réputation d'un film aussi prévisible mais reconnaissons le… noir. Je crois que le genre aurait dû se clôturer fin année 70. Josey Wales était bien travaillé par exemple, alors que même L'homme des hautes plaines peut être ennuyeux à certains abords et n'est qu'une reprise d'oeuvres antérieures. Je ne me passerai cependant pas de revoir Pâle Rider dans ses diffusions télévisuelles. Ça se laisse voir malgré des évidences de mauvais goût et de temps années 90 fort médiocre. Et si le dernier grand western n'était pas Danse avec les loups ? Qui n'a rien à voir avec Eastwood bien entendu…


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