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Sujet : Oubliez Bond, c'est Flint le plus cool !


De Arca1943, le 26 février 2005 à 10:22
Note du film : 4/6

D'abord, Flint parle beaucoup plus de langues que Bond. Les femmes lui tombent dans les bras encore plus vite et en plus grand nombre. Quand il va à Moscou, ce n'est pas pour recevoir mais, bien entendu, pour donner des leçons de ballet au danseur étoile du Bolchoï. Il n'a pas seulement lu les traités sur l'armement : c'est lui qui les a écrits. Etc, etc. Et je ne vous parle pas de sa maîtrise des arts martiaux. À mesure qu'on découvre l'étendue des talents du super-espion, et ses gadgets insensés, et que les détails burlesques s'accumulent (de la sonnerie musicale du téléphone rouge à l'aigle entraîné à identifier et attaquer les Américains), cette parodie loufoque des films d'espionnage fait passer un bon moment de rigolade. Et puis c'est tellement sixties ! La menace qui pèse sur le monde est très psychédélique. Et, bien sûr, Flint ne pouvait être que le suprêmement cool James Coburn, qui se meut là-dedans avec une enviable aisance, décontracté et désinvolte comme jamais.


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De PM Jarriq, le 26 février 2005 à 11:23

Coburn était, je crois, un acteur très sous-estimé, catalogué "cool", héros de films d'action et de westerns. Il est vrai qu'il en a tourné énormément, mais en y regardant de plus près, son registre était impressionnant : de l'infirmier compatissant de "Mr. Patman" au père fouettard de "Affliction", en passant par le shérif vendu de "Pat Garrett et Billy le kid", le loser flamboyant de "Hard times", il a marqué le cinéma U.S. d'une empreinte très singulière, à la façon d'un Lee Marvin plus sophistiqué. Au vu de son éloquence dans le docu des "Sept mercenaires", on ne peut que regretter qu'il n'ait pas participé à davantage de suppléments DVD, car ses dons de conteur étaient évidents.


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De Arca1943, le 26 février 2005 à 19:38
Note du film : 4/6

Vraiment sous-estimé, en effet. On aurait voulu qu'il échappe plus souvent aux films d'action et aux westerns – ce qu'il a fait surtout en tournant des comédies comme What did you do in the war, daddy? ou The President's Analyst – mais c'est vrai qu'il faisait merveille dans ce genre de rôles. Son style nonchalant, mais aussi une certaine aura de dangerosité minérale faisaient de lui un interprète idéal pour Sam Peckinpah et Sergio Leone. Son personnage de Sean Mallory dans Il était une fois la révolution est vraiment fort. Quel charisme ! Pourtant il était capable de faire voir le revers de ce genre de personnage, comme dans The Honkers, un de ses meilleurs rôles, où il confère beaucoup d'humanité et de présence à un type qui court les rodéos de troisième catégorie… Mais je pense que lui aimait bien les films d'action. Ami de Bruce Lee, il avait poussé à la roue pour la production de Enter the Dragon

Il faut savoir que dans les années 80, la carrière de James Coburn a été interrompue pendant plusieurs années par une terrible maladie des articulations et que ce sont les progrès de la médecine en matière de contrôle de la douleur qui lui ont permis de se remettre au travail dans les années 90. Mais il était devenu alors un vieux monsieur… Cela dit, je serais bien curieux de mettre la main sur American Gun. Ç'a l'air intéressant.


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De Arca1943, le 26 février 2005 à 19:46
Note du film : 4/6

Non seulement ça ne pouvait pas se perpétuer, mais je trouve que F comme Flint, le deuxième volet, n'a pas le grain de folie du premier : c'est un agréable divertissement, mais où le film d'espionnage commence déjà à reprendre ses droits au détriment de la satire. Un film de pur parodie comme Our Man Flint me semble par définition un « one shot ».


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De Impétueux, le 26 février 2005 à 20:32
Note du film : 4/6

Je m'y mets aussi ! j'ai un délicieux souvenir des deux films délirants et charmeurs qui n'ont pas suffit, pour autant, à créer la légende….

Est-ce dû au fait qu'il n'y avait pas, derrière, une vraie bonne série de romans ? Tout étant parodique, déjanté et excessif, ça ne pouvait sans doute pas se perpétuer..


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De Tamatoa, le 12 août 2012 à 00:08
Note du film : 4/6

J'associe toujours, dans mes souvenirs, Our man Flint avec Matt Helm, agent très spécial . Peut-être que c'est parce ils se firent connaitre tous deux la même année et que tous deux étaient des pastiches de films d'espionnage. Mais ce Our man Flint sent bon le carton pâte, et c'est ça qui m'enchante. La toute première séquence oû l'on voit la rupture d'un barrage et l'eau anéantir tout une vallée, ressemble à ces vieux péplums oû le plastique, le carton et surtout le polystyrène ont fait la gloire des Derniers Jours de Pompéi et Salomon et la reine de saba ou encore Le Colosse de Rhodes. Dans la toute dernière séquence, l'évacuation de l'île en flammes, un énorme bout de rocher tombe sur la tête d'une des "faiblesses" brunes de Flint et rebondit allégrement sur elle sans que celle ci ne se plaigne de quoi que ce soit. C'était charmant. Aujourd'hui, avec les ordinateurs, ça ne risque plus d'arriver. Le cinéma est devenu "parfait". Dommage ?

Et puis, dans un autre domaine, je remarque qu' aujourd'hui la fonte du Groenland dû au réchauffement climatique n'a pas besoin de savants fous. La nature en a fait son fond de commerce. Nous n' y pensions pas à cette époque. Notre homme Flint était'il, dans un registre léger, un film d'anticipation comme le sera plus tard le terrible Soleil vert ?

Mais bref : James Coburn, des belles filles, les bagarres de l'époque ( elles aussi ont bien changé depuis Matrix ! ), décors paradisiaques, et humour fort bienvenu = une très bonne soirée et une nostalgie sympa. Si en plus ma compatriote Graffe pouvait prendre l'Or en finale de Taekwondo ce serait le nirvana !

Ps : Ben non ! De peu…


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De Impétueux, le 13 août 2013 à 08:40
Note du film : 4/6

Entre deux sessions – matinale et vespérale – des Championnats du monde d'athlétisme, un divertissement désinvolte est de mise pour reposer le spectateur engagé qui souffre avec les athlètes (et bien davantage qu'eux, puisqu'il participe à toutes les courses et tous les concours). La moqueuse parodie des aventures de James Bond menée par un Derek Flint souverain d'aisance est tout à fait appropriée.

Comment oublier ce que fut l'irruption de Bond dans le paysage assez terne des films d'action et d'espionnage, à la fin de 1962 ? En une seule apparition (Dr. No), Sean Connery, idéalement choisi, ringardisait pour toujours Lemmy Caution, OSS 117 et Francis Coplan. La franchise, comme on dit aujourd'hui, s'ouvrait une voie royale, qui se perpétue encore aujourd'hui, cinquante ans après, même si elle est absolument dénaturée.

Puisque le personnage avait un succès pareil, comment n'en pas créer un en poussant à l'extrême tous les traits qui avaient fait le succès du modèle ? Et de le faire de façon détournée, parodique, sans tomber dans ce qui aurait été une ennuyeuse surenchère si on avait fait dans le genre grave et sérieux (c'est bien d'ailleurs ce que l'on peut reprocher aux récentes moutures de James Bond)… De fait, si Bond est un subtil connaisseur des grands crus, goûtant comme personne un Dom Pérignon 1951, Flint peut, à la simple mention de traces de safran, de fenouil et d'ail mêlées au curare d'une flèche empoisonnée, discerner le quartier de Marseille où un type particulier de bouillabaisse est servi. Si Bond collectionne les bonnes fortunes féminines, Flint, lui, est à la tête d'un véritable harem de quatre jeunes femmes ravissantes qui non seulement s'entendent parfaitement mais ont aussi le cœur assez vaste pour accueillir, à la fin, une nouvelle favorite, la méchante repentie. Si Bond est un virtuose du Walther PPK, Flint néglige le pistolet au profit d'un briquet comportant 82 fonctions, 83 si on l'utilise pour donner du feu

Flint peut également, d'un souffle de sarbacane, clouer une mouche à un mur en moins d'une seconde, arrêter son cœur quelques heures afin de se relaxer, et pratiquer en quelques instants une opération d'urgence pour sauver l'irascible Cramden (qu'on ne peut appeler son patron, puisque il refuse toute autorité) d'un empoisonnement certain. Il est d'ailleurs à peu près omniscient, quoiqu'il s'en défende plaisamment; c'est dire ! Malheureusement la parodie ne peut plus, à un moment donné, tenir le rythme et l'intrigue se banalise tout à fait normalement.

On s'amuse bien de retrouver les paradigmes de la modernité 1966, dans les décors psychédéliques, l'attrait pour les gadgets, les chevelures crêpées des jeunes femmes et, comme le signale narquoisement Tamatoa, la désuétude des effets spéciaux. Et on retrouve les ordinateurs de l'époque, qui emplissaient des pièces entières et triaient des cartes perforées qu'ils recrachaient en clapotant. On retrouve aussi le vieux mythe des scientifiques fous, en tout cas si imbus d'eux-mêmes qu'ils prétendent imposer au monde leur vision morale. Et si les perturbations climatiques rendent, c'est vrai, un son bien actuel, on peut discerner aussi la démarche puritaine qui voudrait interdire toute dérive du politiquement correct

La démarche féline, l'allure désinvolte, l'aisance cavalière de James Coburn, Derek Flint idéal font beaucoup pour le succès du film et l'agrément qu'on prend à le regarder. Lee J. Cobb, en patron d'une agence intergouvernementale bourru, vite dépassé par le moindre événement, secrètement admiratif de Flint, n'est pas mal du tout. Les filles sont aseptisées et jolies. Il manque un vrai méchant pour donner un peu de substance, mais Notre homme Flint tient bien la route. D'ailleurs je crois me souvenir que F comme Flint, deuxième incarnation du personnage est meilleur encore. J'irai y faire un tour bientôt.


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De vincentp, le 13 août 2013 à 12:12

James Coburn, on le retrouve à l'aise dans tous les genres : le western (La chevauchée de la vengeance,…), le drame (Opération clandestine), le film d'aventures (Cyclone à la Jamaïque), le film de guerre (Croix de fer), à tous les âges de sa longue carrière. Il ne possède pas un physique de jeune premier, mais une présence physique et joue juste, de façon naturelle, plutôt dans des rôles d'individu solitaire et à forte personnalité.

Les films parodiques décoivent souvent : au bout de vingt minutes, on a fait le tour des attributs liés au héros (en décalage avec les normes auxquelles il se réfère) et ensuite l'intrigue se traîne en longueur. Il vaut mieux ne pas trop se référer à un modèle et concevoir un univers original dès le départ (ex : Le bal des vampires).


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