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Sujet : Sordi - Noiret - Mocky : du solide


De Arca1943, le 9 mai 2005 à 04:11
Note du film : 5/6

Bonne nouvelle: enfin un film d'Alberto Sordi pour lequel je n'ai nul besoin de voter pour une réédition : il arrive le 12 janvier 2005 !

Noiret-Sordi, croyez-moi, c'est un solide tandem. Je n'ai jamais été un grand fan de Jean-Pierre Mocky – sauf des plus anciens comme L'Ibis rouge – parce que je trouve qu'il porte de trop gros sabots. Il est démonstratif, il insiste lourdement, il ne fait pas assez confiance à l'intelligence du spectateur. Bref, c'est le André Cayatte de la comédie satirique. Tout est souligné à gros traits. En outre il y règne souvent un certain fouillis narratif, un certain manque de contrôle.

D'autres ne seront pas d'accord, ou ne trouveront pas que ce sont là de véritables défauts dans un cadre comique. Quoi qu'il en soit, le Mocky le plus contrôlé, le plus en finesse, c'est celui-ci. Il faut dire que cette fois, il ne l'a pas écrit lui-même : le scénario est signé par un autre tandem de choc, Amidei et Sonego. Mais sa mise en scène, attentive au détail grotesque ou grinçant, fait merveille avec ce type de récit.

Philippe Noiret joue avec son aplomb coutumier, cette fois dans le registre de l'ambigu, de l'équivoque. Alberto Sordi, au contraire, est un naïf qui fait trop confiance au genre humain. À deux, ils donnent vraiment un spectacle qui vaut le détour… La conclusion apparaît assez vite prévisible, mais n'est-ce pas le propre du tragique?

Bref, ne le ratez pas !

Arca1943


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De Arca1943, le 9 mai 2005 à 05:13
Note du film : 5/6

Grâce à la France, je viens de revoir ce Mocky sur un DVD dont je suis désormais l'heureux possesseur ! Et je peux seulement renchérir sur ce que j'ai dit plus haut. Pour une fois, Jean-Pierre Mocky dispose d'un scénario tissé par des mains expertes (les siennes comprises, quand même). Alberto Sordi a l'occasion d'une autre performance tragicomique où les côtés ridicules ou grotesques du personnage sont bien marqués malgré son destin déchirant. Philippe Noiret ne se laisse pas manger l'écran et construit avec intelligence et rouerie ce Robert de plus en plus antipathique à mesure que le récit progresse…

Très compact (87 minutes) ce film est de loin, parmi ceux que j'ai vus de son auteur, le plus maîtrisé. Je sais qu'on va dire que je prêche pour "ma" paroisse, mais ce film est en fait une comédie à l'italienne qui se passe en France. Jusqu'à la musique de Piccioni qui est typique du genre. Le réalisateur Jean-Pierre Mocky s'est plié aux règles du genre avec souplesse et à-propos. Il faut dire que cet univers grinçant lui convient à ravir.

La raison de cette co-prod n'est pas seulement de confronter deux fabuleux acteurs: car pour que l'histoire fonctionne, il fallait bien que ça se passe dans un pays qui avait encore la peine de mort, ce qui n'était plus le cas en Italie depuis 1946. Et notons ce qui est moins habituel à Mocky : c'est qu'il a su ici éviter le film à thèse. Plus une histoire est bonne, moins on a besoin d'être "à thèse" : le sens jaillit spontanément des articulations du récit et on n'a pas besoin d'en remettre, seulement de narrer. Le résultat est ici d'une sobriété exemplaire, sans phrases inutiles, ce qui n'exclut pas une pluie de traits satiriques d'excellente venue, ni même une réflexion amère sur l'amitié… et ses limites.

La scène des aveux de Robert (Noiret), qui clôt la séquence de la périlleuse partie de chasse – périlleuse pour Sordi s'entend – est un grand moment tout simple de cinéma italo-français.

Arca1943


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De fretyl, le 19 novembre 2010 à 23:40
Note du film : 4/6

Revu ! Le témoin est un excellent film. Mais on aurait tort d'oublier au départ qu'il est réalisé par Mocky car des défauts de gouts et de réalisations typique de Mocky subsistent.
Une musique assez mauvaise nous est souvent ressassée à l'envi dans des scènes ou elle n'a pas grand chose à y faire, certains cadrages sont très mauvais, on penserait presque à un manque de moyens… Mais non, c'est tout simplement du Mocky !

Mais bon, une fois que l'on accepte le film tel qu'il est on passe un bon moment de cinéma, car si le réalisateur est impudique et vulgaire, les deux comédiens sont formidables. Et puis pour une fois, les dialogues sont fins et subtils.
Deuxio, le thème de la pédophilie n'a que très rarement été traité dans le cinéma français. Il y a des sujets comme ça qui foutent la trouille. En dehors de La femme flic, du Le Souffle au cœur et du Témoin les réalisateurs n'ont jamais voulu aller chatouiller un sujet brulant et épineux.

Comédie grave et drame comique Le témoin nous offre quelques scènes mémorables : les aveux de Noiret dans la barque au milieu du lac (grand moment) et une morale absurde purement Italienne.
On regrettera justement que les grands défauts de Mocky à savoir qu'il est le André Cayatte de la comédie satirique. Tout est souligné à gros traits (…) En outre il y règne souvent un certain fouillis narratif, un certain manque de contrôle. hélas ses éléments persistent toujours, y compris trop souvent dans Le Témoin


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De Arca1943, le 20 novembre 2010 à 02:16
Note du film : 5/6

C'est à peu près le seul Mocky que j'aime, alors je maintiens ma note de 5 !

Comme dit Fretyl : « Et puis pour une fois, les dialogues sont fins et subtils. » Parfois, je soupçonne que des gens comme Mocky tendent à confondre provocateur et mal foutu, comme si la discipline, la minutie et le travail qu'il faut pour produire de bons dialogues étaient perçus comme une sorte de conformisme, de carcan auquel il s'agirait d'échapper…


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De Impétueux, le 20 novembre 2010 à 16:04

Pédophilie dans Le souffle au cœur ???

Où c'est-y qu'il a vu ça, Frétyl ? Dans le film de Louis Malle, c'est un autre sujet sulfureux – mais qui, à dire vrai, n'apporte rien de bien intéressant – qui est abordé : l'inceste…

On pourra toujours me dire que, forcément dans un inceste mère/fils, il y en a une qui est plus âgée que l'autre, mais c'est vraiment solliciter le bulbe…


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De fretyl, le 20 novembre 2010 à 19:57
Note du film : 4/6

On pourra toujours me dire que, forcément dans un inceste mère/fils, il y en a une qui est plus âgée que l'autre

Et qui est mineur… D'autres que moi ont relevé dans Le souffle au cœur une certaine tendance pédophile qui a participé au scandale que le film a pu faire à l'époque.

En dehors de l'inceste final il y'a notamment un passage ou une pute dépucèle un gamin de quinze ans…


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De Gilou40, le 20 novembre 2010 à 21:38

"-Et dire qu'il y a quelques jours, ils voulaient me voir crever…4/6..5/6.. hé! hé!..-"


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De Impétueux, le 20 novembre 2010 à 21:40

Mais avec qui croyez-vous, Frétyl, qu'on se dépucelait, quand on avait quinze ou seize ans dans les années Soixante, sinon avec une pute (ou une femme plus âgée – voir Le blé en herbe, encore antérieur) ?

Est-ce que pour autant c'était de la pédophile ? Vous voulez rire, là ?


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De fretyl, le 20 novembre 2010 à 22:51
Note du film : 4/6

Le montrer n'en est-il pas une autre ? N'oublions pas non plus dans Le souffle au cœur l'interprétation (par ailleurs excellente) de Michael Lonsdale dans le rôle d'un curé, aux tendances, justement pédophiles.

Inceste – Attouchement d'un curé pédophile – Dépucelage chez une pute – et tout cela sur un gamin de quinze ans. On est quand même un petit peu dans la schématisation de dérives pédophiles en ce qui concerne Le souffle au cœur.

Et puis OUI l'inceste peut avoir rapport avec une certaine forme de pédophilie. Est-ce le cas dans Le souffle au cœur ? Difficile à dire, car Louis Malle ne donne que très peu d'éléments pouvant justifier l'acte en question…


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De Arca1943, le 21 novembre 2010 à 04:24
Note du film : 5/6

Fretyl confond selon moi le détournement de mineur et la pédophilie proprement dite. La différence essentielle, c'est qu'un-e adolescent-e est sexué-e et qu'un enfant ne l'est pas. L'attirance d'un adulte pour un-e adolescent-e, de 15, 16 ou 17 ans n'est pas du tout un phénomène du même ordre que l'attirance pour des êtres qui, n'ayant encore connu la puberté, ne sont donc pas sexués ! C'est bizarre, la pédophilie ! C'est d'une anomalie qui ne m'entre pas dans la tête.

Qu'un adulte qui séduit un-e adolescente (comme Martin Sheen avec Sissy Spacek dans Badlands) puisse encourir les rigueurs de la loi, c'est une règle nécessaire car il faut bien qu'on trace une ligne quelconque – ici au Canada c'est 18 ans – pour l'âge de la responsabilité. Quoique les ados qui nous lisent ne seront pas contents, avant 18 ans il ne sont pas pleinement responsables aux yeux de loi, et donc si un adulte les séduit et passe à l'acte, une Cour pourrait sévir. Cela dit, les adolescents sont des êtres sexués, tandis que les enfants n'en sont pas. La pédophilie est l'attirance sexuelle pour des êtres pas encore sexués : un phénomène d'une bizarrerie qui fait froid dans le dos. Si je trouve Catherine Spaak sexy à 17 ans dans Le Fanfaron, je n'ai rien d'anormal, je suis seulement un spectateur ou une spectatrice constatant l'évidence. Tandis que si quelqu'un trouve Shirley Temple "sexy", là évidemment il ou elle a un sacré problème entre les deux oreilles. Faire l'impasse sur ces deux choses comme s'il s'agissait d'une seule, c'est ne plus comprendre en quoi consiste la pédophilie en tant que maladie mentale.

Sur ce sujet terrible, le meilleur film disponible reste selon moi The Woodsman, avec Kevin Bacon dans le rôle d'un pédophile libéré après de longues années de prison.


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De fretyl, le 21 novembre 2010 à 10:33
Note du film : 4/6

Selon l'encyclopédie Wikipédia la pédophilie désigne une attirance ou préférence sexuelle d'un adulte envers les enfants prépubères ou en début de puberté.
Notons que dans Le souffle au cœur le jeune Laurent n'a que quinze ans et est beaucoup plus près de l'enfance que de l'age adulte.

L'attirance exclusive d'un adulte pour les éphèbes (lire le magnifique livre de Frédéric Mitterrand sur le sujet) peut dans certains cas, être aussi considéré comme une forme de pédophilie.


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De Impétueux, le 21 novembre 2010 à 10:47

En France, la majorité sexuelle est fixée à 15 ans (16 ans en Suisse, 13 ans en Espagne) sauf cas de vulnérabilité particulière du mineur, écrit également Wikipédia (qui, par ailleurs, n'est pas la référence absolue).

Comment mettre sur le même plan, comme le fait le politiquement correct des types qui couchent avec des adolescentes (il y a quelques années, Gabriel Matzneff pouvait tranquillement raconter chez Bernard Pivot comment il allait draguer des filles de 15 ans à la sortie des écoles) et des tordus absolus qui violent des bébés de quelques mois ?

L'attrait pour les êtres à peine pubères est vieux comme l'humanité et n'a pas toujours été considéré avec la réprobation vertueuse qu'on lui inflige aujourd'hui. Et comme rien n'est simple, si Matzneff pouvait sans difficulté, et en faisant même sourire, de ses très jeunes conquêtes féminines, il n'aurait pas pu dire que, parmi lesdites conquêtes, il y avait aussi des garçonnets !


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