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Forum : La Piste de Santa Fé

Sujet : Critique


De dumbledore, le 22 novembre 2004 à 13:47
Note du film : 2/6

Chacun sait que dans l'Hollywood de l'âge d'or, ou du classicisme devrait on dire, les réalisateurs enchaînaient film sur film sans se soucier, pour la majorité d'entre eux, de thématiques auteuristes, de vision politique de leurs films, ou bien tout simple de ce que racontait leurs films. Parmi les grands (c'est-à-dire rapides) réalisateurs de cette époque, on trouve des noms comme John Ford, John Huston, Raoul Walsh ou bien encore Michael Curtiz. Ainsi quand celui-ci réalise son chef d'oeuvre, Casablanca, ce film est seulement l'un des trois longs métrages qu'il réalisa cette année là !

La Piste de Santa Fé est un des films de commande, vite réalisé, vite sorti. Ce n'est pas un grand film. Le rythme est très bon sur une première moitié, s'enlise dans un banquet sans fin au milieu et redémarre péniblement. L'inévitable histoire d'amour entre la belle Olivia de Havilland qui hésite entre un Errol Flynn qui fait magnifiquement le beau et un Ronald Reagan qui minaude déjà, est purement artificiel et sans aucun intérêt.

Bref plein de défauts dans ce film. Toutefois, comme souvent chez a:Michael Curtiz il y a des petites choses magnifiques. La mise en scène, très mobile dans les scènes d'actions, seules scènes dans lesquels on sent que le réalisateur s'amuse. Mais surtout un personnage formidable : John Brown, qui joue le rôle du méchant et qui est… un abolitionniste. Le monde à l'envers ou presque.

Généralement, les méchants sont les esclavagistes du sud et les gentils les abolitionnistes, les progressistes. a:Michael Curtiz brouille un peu les cartes en développant l'idée que l'on peut avoir les meilleures du monde et le pire des illuminés, le pire des assassins. Bonne idée et le fait que Ronald Reagan soit dans le film a quelque chose d'un peu cynique.

Dans le traitement de John Brown (qui en fait un peu trop, mais il n'est pas le seul dans le film), on a droit à la construction d'une belle figure de type effrayant et terrible. Michael Curtiz utilise à plaisir les ressorts des films allemands des années 30 pour le mettre en valeur : contre-plongée, contre-jour, maquillage appuyés, etc. Un vrai régal.

Toutefois, les personnages qui luttent contre John Brown sont bien moins clairs. Ils incarnent une idée un peu moins jolie également : en tant que représentant de l'armée, Jeb Stuart Errol Flynn se doit d'obéir et ne pas faire de politique. Et il n'en fait pas. Jamais. Il peut avoir des idées, mais n'a pas le droit de les exprimer. Il prétend même qu'il faut attendre devant l'Histoire, attendre qu'elle prenne elle-même le virage. Ensuite, on suivra. Bizarre vision des choses qui prend un scène plus gênant quand on remet le film dans son époque.

Tourné courant 1940, le film prend une couleur un peu fâcheuse face à l'Histoire qui se jouait alors. Le Dictateur prônait l'ingérence. Ce film prônait l'inverse.


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De Tchikatchik, le 24 août 2005 à 21:47

Abraham Lincoln déclara en décembre 1859 :"John Brown a été exécuté pour trahison; nous ne pouvons nous élever contre cette décision bien qu'il ait partagé notre conviction sur l'esclavage. Cela ne peut excuser la violence, l'effusion de sang, et la trahison. Et le fait qu'il pensait avoir raison, ne l'excuse pas davantage".


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