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Forum : The Music Lovers (La Symphonie Pathétique)

Sujet : Baroque impur


De Impétueux, le 4 décembre 2012 à 19:14
Note du film : 3/6

Comment noter avec mesure et objectivité, avec des arguments raisonnables, un film qu’on n’avait vu qu’une fois, à sa sortie, il y a 40 ans, et qu’on vient de revoir ? Un film qui avait laissé une impression si forte, dont certaines images étaient tellement ineffaçables qu’on a espéré les revoir depuis de longues années et qu’on a acquis le DVD avec une sorte de fièvre impatiente ?

Comment ne pas dire, pourtant, qu’on a trouvé Music lovers boursouflé, emphatique, démesuré ? Qu’en même temps certaines séquences ont paru niaises, naïves, primaires, qu’on s’est retrouvé quelquefois dans une sorte de David Hamilton avec des coins d’image estompés, nébuleux, à allure de chromos et de calendrier des Postes ?

Et malgré tout avoir ressenti, ça et là, et tout de même bien souvent, des émotions profondes, avoir été ému, troublé, secoué par cette histoire baroque, excessive, débordante, dont tous les personnages apparaissent monstrueux, qu’ils soient fous ou avides et qui paraît respecter assez bien, malgré les limites du genre, le pauvre destin de Piotr Illitch Tchaïkovski ?

Bien que ce soit souvent d’un affreux mauvais goût, il y a des images magnifiques, des séquences enchantées : la scène initiale, par exemple, cette sorte de carnaval moscovite où la caméra donne le tournis à se jeter ainsi sur les groupes joyeux dans une folie de couleurs et de mouvements ; ou bien la fête donnée par Nadejda von Meck (Izabella Telezynska) dans son immense propriété et aussi ce qui suit, la grande maison fermée et les chaumes qui brûlent.

Séquences enchantées et séquences d’horreur : par deux fois les baignoires d’eau bouillante où, en dernier ressort, on plonge les cholériques… le wagon-lit où Antonina (Glenda Jackson) essaye de se donner à Piotr… et l’asile où elle finit sa pauvre vie dans la fange et l’ordure…

Parenthèse que Ken Russell aurait pu exploiter encore davantage : l’abjection du caractère de la mère d’Antonina (Maureen Pryor) de la même immonde nature que quelques unes de celles qui ont marqué le cinéma : Marguerite Deval dans Gueule d'amour, Jane Marken dans Manèges, Lucienne Bogaert dans Voici le temps des assassins

Il y a beaucoup de mauvais goût dans Music lovers ; et le malheur veut que l’acteur principal n’en soit pas exempt, en soit même la caricature. J’avais jusqu’alors, dans ma vie de spectateur, échappé à Richard Chamberlain que je croyais confiné aux pleurnicheries pour demoiselles pré- et post-pubères de Les oiseaux se cachent pour mourir. J’avais donc oublié que le gandin avait sévi – et de quelle façon ! – dans Music lovers. Mais quelle purge, quelle afféterie, quelle horreur d’exaltation fausse dans le jeu ! À lui seul, il n’est pas loin de plomber le film, heureusement très fort tiré vers le haut par la plupart des autres acteurs, en premier lieu par Glenda Jackson, magnifique, diabolique, pathétique, inoubliable…


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