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Drôle de frimousse


De Impétueux, le 6 août à 20:28
Note du film : 2/6

J'avais idée qu'Arabesque était un peu quelque chose comme Charade, délicieux film plein d'esprit du même Stanley Donen, tourné trois ans plus tôt. Une histoire spirituelle, intelligente, virevoltante, plaçant des acteurs, Cary Grant et Audrey Hepburn ici, Gregory Peck et Sophia Loren là dans des situations cocasses et légères. C'est d'ailleurs certainement ce que Donen a souhaité faire : un récit avec des aspects vaguement policiers, ou touchant à l'espionnage, mais filmés avec un certain sens de la dérision et une façon de ne pas se prendre trop au sérieux vraiment.

On ne peut pas reprocher aux acteurs, alors (1966) au sommet de leur notoriété, de ne pas avoir joué le jeu : grands professionnels révérés, ils interprètent sans aucune défaillance une histoire dont, malheureusement, la complication extrême plombe tous les développements. Et puis on a l'impression que le réalisateur ne sait pas top que faire de l'histoire qu'on lui a donnée : deux satrapes orientaux, celui qui est au pouvoir, Hassan Jena (Carl Duering) et celui qui le guigne, Nejim Beshraavi (Alan Badel), se disputent un message secret, qui ressemble à un papyrus. Un distingué égyptologue, le professeur David Pollock (Gregory Peck) qui paraît le seul capable de déchiffrer le document, est naturellement sollicité par l'un et l'autre.

Vient se greffer là-dessus la redoutable Yasmine Azir (Sophia Loren) qui est disposée à presque tout pour obtenir les secrets recherchés par tout le monde. Cela serait bien amusant – et, d'ailleurs tout à fait classique – si on n'était pas dans une sorte de capharnaüm incompréhensible où les péripéties se succèdent sans limite et sans cohérence. On sait bien qu'il y a une riche mine d'or dans la condition du personnage apparemment loin de toutes les sournoises manigances qui se retrouve par la force des choses dans une situation à quoi il n'est nullement préparé : c'est le cas, par exemple de Harrison Ford dans Frantic de Roman Polanski ou de Dustin Hoffman dans Marathon man de John Schlesinger. On s'identifie particulièrement bien à un clampin qu'on pourrait être, jeté au milieu d'une situation dangereuse.

L'idée est classique et bonne mais la réalisation est très inférieure à ce qu'on pourrait attendre : c'est lourd, c'est lent, c'est ennuyeux, souvent verbeux malgré, ici et là, quelques trouvailles langagières bien venues. Il y a quelques séquences bien, ou même très bien venues, comme le passage au milieu d'une ménagerie aux animaux singuliers et hostiles ou une sorte de combat farouche mené contre Pollock/Peck et Yasmine/Loren dans une sorte d'usine en démolition, menée par l'affreux Youssef (Kieron Moore) au moyen d'un engin de chantier muni d'une boule destructrice.

On sait bien qu'à la fin tout va s'arranger, que les méchants seront punis et les amoureux récompensés. Ce n'est pas ça qui est ennuyeux, puisque ça fait partie du genre. Mais on s'est bien enquiquiné pour en arriver jusque là.


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