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Rentre dans ta tombe, ô fantôme !!


De Impétueux, le 11 juillet 2017 à 22:45
Note du film : 1/6

Franchement, quelle drôle d'idée de ressortir et d'éditer, au demeurant assez bien, des fragments, des bribes, des embryons de ce cinéma de genre ? Être présenté comme "le premier film britannique de l'ère du parlant" (tout en s'appuyant sur les recettes éprouvées étasuniennes) suffit-il à donner au Fantôme vivant le moindre intérêt ? Le sympathique Jean-Pierre Dionnet, spécialiste des œuvres connexes et marginales s'évertue, en les présentant, de faire croire au spectateur naïf qu'il va découvrir une pépite oubliée : c'est méritoire mais ça n'abuse personne… (Au fait, avez-vous remarqué que Dionnet, au fil des années et de l'âge qu'il prend, ressemble de plus en plus à un personnage des films d'horreur de série Z qu'il défend, flamberge au vent ?).

Le fantôme vivant est un serial très ennuyeux où se mêlent éléments fantastiques et policiers et qui ne touche à la quintessence ni de l'un, ni de l'autre genre. Un Anglais original (est-ce un pléonasme ?), le professeur Morlant Boris Karloff), adepte des croyances égyptiennes est persuadé qu'en détenant un joyau singulier, qu'il a acquis on ne sait trop comment, mais de façon louche et qui s'appelle La lumière éternelle, il pourra, au terme d'un rituel compliqué, convaincre Anubis, le dieu à tête de chacal, de lui ouvrir les portes de l'éternité.

Il meurt et un serviteur fanatique et zélé, Laing (Ernest Thesiger), lui assure les funérailles qu'il souhaitait. Mais parallèlement une kyrielle de personnages interviennent, la plupart à la recherche du joyau, le notaire Broughton (Cedric Hardwicke), l'Égyptien Dragore (Harold Huth) mais aussi le (faux) pasteur Hartley (Ralph Richardson. Et, naturellement les présumés héritiers, les neveu et nièce du professeur Morlant, Ralph (Anthony Bushell) et Betty (Dorothy Hyson) qui sont comme chien et chat ab initio, mais dont le spectateur malin voit vite qu'ils tomberont in fine dans les bras l'un de l'autre.

Épuisons vite les quelques qualités qu'on peut prêter au film et qui sont toutes concentrées en son début : l'atmosphère nocturne, sombre, angoissante, parsemée d'escaliers inquiétants et de recoins secrets de la maison de Morlant ; le fanatisme religieux qu'il paraît ressentir et qui fait, d'un peu loin il est vrai, songer aux meilleurs sectateurs de Satan (ceux de La malédiction, par exemple) ; et un peu plus tard les beaux (mais assez faciles) effets de fog. Le réalisateur, T.Hayes Hunter filme très honnêtement cela et possède à fond la grammaire expressionniste de l'époque, à base d'angles tordus et de contre-plongées astucieuses.

Mais il ne connaît pas – ou se fiche complètement – du rythme cinématographique : les séquences se succèdent un peu à la manière des chapitres des feuilletons populaires : on abandonne des personnages en butte à de redoutables dangers pour, en un clin d'œil, passer sur d'autres personnages dans une toute autre situation. Et puis, comme on veut détendre l'atmosphère, on jette dans les pattes des protagonistes, une espèce de crétine bréhaigne, Kaney (Kathleen Harrison), colocataire de la jolie Betty, qui glougloute dès qu'elle approche un homme et dont la bêtise et l'aveuglement sont censés faire rire le spectateur.

La résolution de l'énigme est bâclée, la résurrection de Morlant/Karloff l'est tout autant (c'était une simple catalepsie !… ben voyons) et les deux jeunes et beaux héritiers se retrouvent amoureux.

Était-ce bien la peine d'exhumer cette momie ?


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