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Réussi, sans plus


De Laurent Ermont, le 22 mai à 08:07

Perso j'ai trouvé ce huis clos où cette fable trés intéréssante,tantôt étouffante et glaçante,excellent choix d'acteurs.L'histoire d'un écrivain prisonnier de son lectorat."De quoi avoir les chevilles qui gonflent"…


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De Nadine Mouk, le 22 mai à 00:16
Note du film : 4/6

Boire ou conduire, il faut choisir. Bientôt il nous faudra choisir entre lire ou regarder une adaptation cinématographique dudit bouquin . Stephen King fait tellement galoper notre imagination que l'on est un peu déçu devant notre écran . Je pense que c'est celà qu'a voulu exprimer Steve Mcqueen. Pourtant Rob Reiner nous livre (!) là un film très captivant . Mais qui n'offre pas les affres que notre spéculation mythomaniaque déploie minutieusement sur le canapé, au chaud sous la couette . Pourtant, deux beaux et très bons acteurs nous tiennent en haleine. Et Reiner arrive à nous insuffler une bonne dose de stress sans avoir recours à des effets spéciaux. Sauf côté maquillage où l'on suppose que James Caan a dû subir quelques heures à piaffer avant les premières scènes où il est récemment accidenté.

De plus, l'ambiance est très bien mise en valeur par l'orchestration musicale, qui est vraiment de qualité. La tension monte crescendo, au fur et à mesure que le caractère psychopathe d'Annie éclate aux yeux de Paul, qui réalise dans quel enfer il est bloqué. Il est indéniable que l'interprétation proposée par l'immense Kathy Bates influe grandement sur le niveau d'angoisse que provoque le film . Les gros plans face caméra de Annie sont d'ailleurs tout bonnement excellents. Un peu comme son regard quand elle voit couler le Titanic et qu'elle murmure :'-Mon Dieu…doux jésus….-" mais dans un autre style, bien entendu . Rien que ce plan là vaut le détour. Quelle présence ! Kathy Bates est juste incroyable et ahurissante dans son rôle . D'autre part, James Caan campe la victime d'une folle avec une force incroyable . On souffre vraiment avec lui . Surtout pendant la fameuse scène où elle lui broie consciencieusement les chevilles pour l'empêcher de voyager dans la maison en son absence. Cet acteur est vraiment extraordinaire, dans les rôles de gentils comme les méchants . Je l'ai vu l'autre soir dans l'éffaceur (parce qu'il en faut !), il avait également une présence du tonnerre quant il trahissait, tuait, etc…Et fort charmant qui plus est . Surtout que dans Miséry les gros plans sur son visage se multiplient, il n'a guère le droit à l'erreur. On sent bien que certains de ses gestes sont méticuleusement étudiés. Et puis j'ai beaucoup aimé que la production choisisse le très bon, très charismatique Richard Farnsworth, que j'avais tellement apprécié dans Une histoire vraie, merveilleux film, pour incarner le shérif du patelin . Mon imagination me l'avait présentée avec un autre visage, bien moins "vrai", moins collant à la situation que le sien. Authentique . Cet acteur est indubitablement authentique . La présence de Lauren Bacall, elle, est purement anecdotique . Coté décor, le manteau de neige qui entoure la (très belle) geôle de l'écrivain est le bienvenu pour rafraîchir un peu la claustrophobie ambiante. Cette succession de scènes stressantes et douloureuses ont besoin d'un bol d'air, ou d'une pluie battante par instants, pour nous laisser reprendre nos esprits. Beau travail du directeur de la photo pour la période du dégel, parfaitement rendu…

Pour autant, le film manque d'une certaine fidélité par rapport au bouquin . Il présente un côté un peu raccourci . Nous avons notre content d' émotion, certes. Mais il ne nous offre pas le côté "épouvante" que le livre laisse transparaître. Dans l'ouvrage, le personnage d'Annie est beaucoup plus virulente, avec beaucoup moins de périodes amoureuses. Elle ne fait pas preuve de tant de compréhension, d'empathie vis à vis de l'écrivain . Beaucoup moins humaine que dans le film . D'où quelques invraisemblances de ci, de là . Sans compter que Rob Reiner a quand même bien tranché dans le scénario original . De grosses découpes ont été faites . Je parlais de raccourci, c'est vrai . Quant au personnage de Paul Sheldon, il a lui aussi subit une certaine tranformation, par rapport au bouquin . Il est beaucoup plus angélique sous la direction de Rob Reiner que sous la plume de Stephen King . Adaptation …. Donc un jour, il nous faudra choisir : Les livres ou le cinéma . On n'est pas sorti de l'auberge


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