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Critique


De dumbledore, le 15 février 2004 à 09:44
Note du film : 6/6

__''Ah la pauvre… c’est une dure, Charlotte, faut pas qu’elle se laisse faire__''. Pour son premier long métrage, Xavier Giannoli s’attaque à un sujet complexe et lourd : les réactions d’un jeune couple face au cancer naissant et progressant qui attaque la jeune femme.

Sur un tel thème, le jeune réalisateur français réussit la prouesse de signer un film intelligent, touchant, et osons le dire parfait.

D’abord, le point de vue adopté n’est pas celui auquel on s’attendrait. Il ne choisit pas de focaliser son récit sur le personnage de la jeune femme qui traverse l’épreuve ou bien même le « couple » en lui-même. Il choisit le point de vue du compagnon qui voit la déchéance de celle qu’il aime, tente de lutter contre sa propre peur et tente durant tout le film de trouver la bonne attitude à avoir face à celle qui change non pas seulement dans son corps, mais aussi et surtout dans ses relations aux autres.

Du fait même d’avoir adopté ce point de vue, Xavier Giannoli ne traite pas du thème commun du cancer en lui-même (et évite le pathos par exemple d’un Tendres Passions) mais parle du désir, du rapport au corps. Le cancer est là, forcément, mais le film va du coup plus loin et sublime le cancer pour le faire accéder au niveau de symbole : celui du pourrissement du corps (drogue, vieillesse, maladie, etc).

Le titre – très beau et envoûtant – n’est donc pas seulement une figure de style. Il s’agit d’une des clés du film, un de ses thèmes : face au cancer ravageur, les corps se font impatients, ils crient à la vie contre la morale, le bon sens et les bonnes intentions. La vie trouve son chemin et s’exprime avec encore plus de force.

C’est cette vie finalement qui trouble le plus le couple, plus paradoxalement que la mort lascive. Cet appel de la vie possède le jeune homme et éclate aux yeux de la jeune femme qui ira aussi loin que possible pour l’accepter, dans une des plus belles scènes d’amour vue depuis bien longtemps au cinéma.

A cette narration parfaitement maîtrisée et intelligente, il faut reconnaître que Xavier Giannoli trouve une mise en scène totalement adéquate et d’une rare finesse. Le film est en DV, avec les défauts de ce support (couleurs vites saturées, les rouges notamment, le manque de définition) mais les assume parfaitement. La mise en scène profite également de la liberté du support, une caméra épaule volontairement tremblante, à la manière d’un Révélations. Le montage est très elliptique, très « jeune », mais toujours censée dans chaque coupe, et dans chaque plan. L’absence de musique de film contribue encore plus à distancer le récit et d’éviter des moments d’émotion poussifs.

Ce film est incontestablement un modèle du genre.


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Son of


De Pigeon Lane, le 25 avril 2003 à 16:20

Notons quand même qu'aux U.S.A. où la pratique du piston familial est aussi de mise, les rejetons durent plus longtemps et acquièrent assez rapidement leur autonomie : Michael Douglas, Kate Hudson (fille de Goldie Hawn), les frères Sheen (avec des hauts et des bas), les frères Carradine (fils de John), Drew Barrymore, Laura Dern, Sofia Coppola, Scott Caan etc. Chez nous, à part de rares exceptions (Charlotte Gainsbourg, en gros), ils durent le temps de faire la "une" de Studio et disparaissent.


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De Marcel De Funès, le 23 avril 2003 à 10:27

Tiens… Une "fille de"… Après Julie Depardieu et Guillaume Depardieu, Anthony Delon, Alexandre Brasseur, Julien Rochefort, Salomé Lelouch, Charlotte Gainsbourg, Lou Doillon, Marie Fugain, Romane Bohringer, etc. etc. etc., ça commençait à nous manquer… La France est le seul pays où la célébrité est transmissible de génération en génération.


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