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De silverfox, le 7 octobre 2007 à 18:23

à voir pour le contraste des décors en carton pâte et les effets spéciaux actuels (trop souvent d'ailleurs, maintenant les films ne sont que le support de cette surenchère pyrotechnique ou d'effets visuels et virtuels.


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De urspoller, le 7 octobre 2007 à 17:48
Note du film : 5/6

En 1924, Fritz Lang, secondé par son épouse et scénariste Thea von Harbou, réalise un diptyque sur les grandes légendes germaniques, Les Nibelungen. Je souviens d'avoir visionné cette pépite lors d'un cours d'allemand durant mes études secondaires et d'en avoir gardé un souvenir impérissable malgré mon jeune âge.

La totalité de ce métrage épique fut tourné en intérieur même les scènes bucoliques (notamment en forêt ). Malgré les limites de la technique, je me souviens de scènes monumentales avec des décors magiques, lyriques, attrayants et proprement époustouflants et des effets spéciaux, ma foi, de bonne facture, même si les tenants des prouesses pyrotechniques du cinéma contemporain vont se gausser gentiment de ces effets désuets mais ô combien poétiques et lyriques comme la scène du duel entre Siegfried avec le Dragon. Cette grandiloquence, toute germanique (je peux me permettre de porter ce jugement en vue de mes racines teutonnes…), se retrouve dans le scénario, certes peu rythmé mais brossant une galerie de portraits impressionnants où la patte rigoriste de Fritz Lang apparaît à chaque plan.

Le juste succès de cette fresque épique impressionnera à tel point les nazis notamment la première partie : la mort de Siegfried dépeignant un univers glorieux avec des hommes virils et grands ayant un dévouement inextinguible envers la patrie (Heimat). Goebbels proposa ainsi à Fritz Lang les clefs du cinéma allemand afin de former ou plutôt formater la jeunesse teutonne aux vertus chères au Reichführer. Pour la petite histoire, je tiens à rappeler que la mère du cinéaste était d'ascendance judaïque, ce à quoi le très pragmatique Goebbels répondit, dans son incommensurable sagesse, qu'il se réservait le droit de dire qui était juif ou qui ne l'était pas… Par contre, la seconde partie de ce diptyque à savoir la vengeance de Kriemhilde fut royalement ignorée en raison de valeurs n'étant pas en totale adéquation avec les dogmes véhiculés par le Reich.

Ce métrage grandiloquent et épique amènera Fritz Lang à promouvoir cette œuvre outre-atlantique et notamment à New-York. Or, le réalisateur d'origine autrichienne fut tellement ébahi par la mégapole américaine qu'il en fit le substrat de son prochain film, véritable sommet du cinéma expressionniste, à savoir Métropolis.


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