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Critique


De dumbledore, le 5 septembre 2003 à 22:10
Note du film : 4/6

C'était l'époque où les films d'Hollywood se permettaient d'être noirs, très noirs, amoraux et sans concession. Comme un chien enragé est un des exemples les plus flagrants. Il prend même ainsi la liberté de détourner un genre de films à la mode dans les années 80, le film de teenager estampillé John Hughes (Une créature de rêve, Rose bonbon, la folle journée de Ferris Bueller ou bien encore Breakfast Club). Voyez ce début. Un jeune homme déambule dans sa camionnette de voiture dans les rues de sa petite ville américaine, croisant un tracteur pour tout véhicule (premier hic), avant d'arriver à la place de la ville. Un vague monument et une demi-douzaines de filles qui s'ennuient. Après un exercice de rodéo en voiture, le garçon aborde la fille et lui propose un rendez-vous. Que des clichés d'ado à la John Hugues, sauf que c'est la version noire qui nous attend, une plongée dans l'enfer le plus terrible, sans concession ni histoire. Tout est beau dans ce début, sauf que les jeunes boivent du gin, sauf que le garçon propose à la fille de la drogue, sauf que les rues sont bien trop noires pour être honnêtes et que la vie du jeune homme ressemble plus à l'adolescence d'un futur dur à cuir.
En cinq minutes, le tour est joué. Du bon boulot qui continuera tout au long du film. L'ambiance est posée et avec elle de hautes promesses, promesses qui seront toutes honorées, bien au-delà de vos pires espérances.

Et puis, il y a Christopher Walken qui remplace un De Niro qui prit peur devant un rôle trop noir. Walken donne ici son meilleur rôle, en retenu, avec des sourires plus glaçants que la pire des grimaces, campant un personnage mythique de salaud insaisissable, séducteur et destructeur. Humain, si humain.

Dur d'avoir un père comme ça! Pychopathe, voleur, gangster, immoral. Voilà le thème abordé qu'il faut voir dans une plus grande perpective: dur d'être l'héritier d'une société basée sur la violence du quotidien qu'il faut réussir à assimiler et dépasser. Mais comme le film est noir, pas vraiment de happy end pas de morale facile et réconfortante. Face à cette société, que nous propose le film comme solution? Rien de gratifiant, rien même de positif ou de salvateur. Quelle issue? Le désastre bien sûr, auquel personne

n'échappera. Film noir, noir, noir car même en rejoignant le bon côté de la barrière, le fils se condamne à porter sur les épaules un destin digne d'oedipe.

Le film est signé d'un réalisateur d'un seul bon film, celui-ci, seule œuvre qui mérite d'être extrait de sa filmographie qui contient notamment cette monstruosité qu'est Who's That Girl avec la déplorable Madonna qui n'a son égale comme star de musique et nullité comme comédien qu'avec Elvis Presley. Elle participe également ici, outre comme maîtresse de Sean Penn, comme ayant signé la chanson (Live to Tell) du film et le thème musical très efficace.

Le film connaît tout de même un bé-mol. Il a pris tout de même un coup de vieux. Le scénario alternant scènes tendues de personnages et passages elliptique, avec musique et plan de décors ne fonctionnent pas vraiment très bien et on décroche un peu.

Toutefois, Comme un chien enragé mérite sa place non pas au panthéon du cinéma, mais comme un des films marquants d'une époque…


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