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Sommet du polar français


De Steve Mcqueen, le 5 juillet 2015 à 18:16
Note du film : 5/6

Je me joins au concert de louanges qui précèdent…

Police Python 357 est un polar baigné dans une étrange ambiance mortifère, filmé dans des lieux que l'humanité semble avoir désertée : tours d'immeubles sinistres, intérieurs bourgeois sans âme… A l'image du générique qui voit Yves Montant fabriquer lui-même les balles de son revolver, le film est méthodique, dépouillé, glacé.

Tous les personnages sont des solitaires en quête d'eux-même, de Ferrot (Yves Montand) qui voue un culte fétichiste à son révolver (le fameux Python 357 du titre), à Ganay (François Périer) qui semble trouver une échappatoire dans dans relation adultère avec Sylvia Léopardi (Stefania Sandrelli) qu'il finira par assassiner, en passant par Thérèse Ganay (Simone Signoret), à demi paralytique et qui semble morte depuis longtemps…

Chargé d'enquêter sur le meurtre de Sylvia, dont il était aussi l'amant, Ferrot use de tous les stratagèmes pour esquiver les preuves qui l'accusent (alors qu'il est innocent), quitte à se défigurer, quitte à passer un témoin à tabac.

Le film déroule un engrenage infernal, où les individus sont broyés par des forces qui les dépassent, par le poids d'un Destin impitoyable qui les écrase sous une chappe de plomb.

La psychologies est réduite au strict minimum, seuls comptent les actes des protagonistes, ce qui confère au film un aspect un peu désincarné, lorsque brusquement l'émotion surgit au détour d'une phrase (quand Simone Signoret déclare : "Je pense que Dieu est immobile"), d'un regard voilé (Yves Montand pleurant la femme qu'il aime).

Tout se termine par une fusillade dantesque, magistralement filmée, qui scellera le pacte du silence entre Ferrot et Ménard (son adjoint) qui a tout deviné, un pacte scellé dans le sang et la poudre.

Alain Corneau réalise une oeuvre marquante, un polar lugubre et froid, hanté par des personnages guettés par une dépersonnalisation qui les font ressembler à des spectres…


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De David-H, le 6 février 2007 à 19:43
Note du film : 6/6

Faute à la boulimie de la télé, les bons policiers sont aujourd'hui denrées rares au cinéma. Corneau, la preuve justement, se réduisant même à tourner un remake superflu du 'Deuxième Souffle' (Lino Ventura s'en retourne dans sa tombe). Mais on le sait, ce n'était pas le cas entre 1955 et 1980. Cette période avantageuse nous permet désormais de savoir au préalable à quels polars faut-il jeter un œil plus attentif. Aisé pour notre propre plaisir bien sûr, moins pour que nous en donnions un avis plus juste et honnête, fatalement.

Ceci dit, il faudrait être sacrément malhonnête pour ne pas reconnaître que 'Police Python 357' (1976) sort du lot. Le mécanisme du récit, le soin et l'esthétisme s'y référant, démontrent que Corneau, lui qui n'avait pourtant qu'un seul et moyen film à son actif ('France, société anonyme', 1974), maîtrisait déjà son sujet. Pas surprenant qu'Yves Montand, alors au faîte de sa gloire, son épouse Simone Signoret, et le glorieux François Périer se laissèrent convaicre par l'aventure de ce réalisateur cinéphile, ex-assistant de Costa Gavras et adepte de Fritz Lang et de Jean-Pierre Melville. D'autres éléments, d'ordre psychologique (des personnages) voire géographique (le choix du lieu, atypique, Orléans) agrementent cette fiction haletante qui n'a pris la moindre ride, même si certains devront se montrer indulgent avec l'époque (Peugeot 404, cabines téléphoniques…).

Mais tout comme dans 'Le cercle rouge' ou le 'Dernier domicile connu', la perfection perdure tout au long du film, ne perdant rien de son suspense. Quelques rares voix se sont élevées contre une fin accélérée, mais ce n'est pas clairement justifié. Corneau entrait, cette fois, bel et bien dans la cour des grands et ignorait encore qu'il allait réaliser trois autres perles noires consécutives, 'La menace' (1977), 'Série Noire' (1979) et 'Le Choix des Armes' (1981). Des films (ou des Dvd) à conseiller à la jeune génération, probablement moins bien influencée par ses plus récents films, 'Le cousin' (1997), et surtout le piètre 'Prince du Pacifique' (2000). Même s'il est vrai qu'il y eut 'Stupeur et tremblements' (2003) depuis…


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