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Habile variation sur un thème célèbre


De Impétueux, le 11 janvier à 10:42
Note du film : 3/6

Je n'irai pas jusqu'à dire que ce film de série de la célèbre Hammer (qui, pour des raisons juridiques conjoncturelles n'est pas créditée au générique, comme expliqué dans un supplément du Dvd), je n'irai pas jusqu'à dire que ce bon spectacle de cinéma de quartier hantera mes nuits d'angoisse. Non, tout de même : c'est un peu fauché, l'intrigue est terriblement téléphonée et, sauf à être totalement ignorant de la grammaire élémentaire du film fantastique, les péripéties sont absolument prévisibles. Malgré une dernière image un tout petit peu ambiguë, la fin du film est extrêmement morale et d'un classicisme éprouvé : le mariage des deux personnages positifs, Elizabeth Venable (Barbara Shelley) et Michael Latimer (Conrad Phillips).

Cela étant, le scénario est solide et Le spectre du chat ronronne très agréablement, si j'ose dire, dans une histoire qui est un nouvel avatar cinématographique de la nouvelle célèbre d'Edgar Poe qui s'appelle Le chat noir, qui a donné lieu à quelques adaptations (The black cat de Albert S. Rogell en 1941) : un félin a assisté à un crime et n'a de cesse que de mettre hors d'état de nuire les assassins et leurs complices. C'est plus subtil chez Poe, mais le film de John Gilling reprend exactement cette trame : une vieille femme riche, Ella Venable (Catherine Lacey) est assassinée sur l'ordre de son mari rapace, Walter (André Morell) par son domestique Andrew (Andrew Crawford) aidée par la servante Clara (Freda Jackson). Sont aussi dans le coup le neveu du mari, Edgar (Richard Warner), son fils Jacob, qui sort de prison (William Lucas) et sa bru Louise (Vanda Godsell). Et tout ça pour spolier de l'héritage la charmante Elizabeth (Barbara Shelley).

Tout le suc du film consiste dans l'inventivité de l'élimination des méchants par l'intervention du chat qui a vu l'assassinat et l'inhumation de sa maîtresse chérie. Intervention directe (le chat se jette sur la servante Clara qui tombe dans l'escalier et se rompt le cou) ou indirecte (son apparition imprévue tue d'une crise cardiaque le vieux Walter, il entraîne dans un marécage le serviteur Andrew qui s'engloutit dans des sables mouvants, etc.). Tous les méchants tués et le testament de la morte en faveur de sa nièce chérie Elizabeth retrouvé, la morale est sauve et les spectateurs bien contents.

Récit classique et lisse, donc, mais mise en scène intéressante : variété des interventions du chat, cadre victorien toujours agréable à regarder, jeu des acteurs tout à fait convaincant. À quelques reprises (peut-être un peu trop fréquentes à la fin) John Gilling adopte le point de vue du chat en filmant en contre-plongée et en plaçant sur sa caméra un objectif légèrement déformant, censé montrer au spectateur ce que voit le matou ; l'effet est assez facile, mais il n'est pas complètement superflu.

Spectacle agréable, donc, mais à recommander seulement aux amateurs de ces films d'angoisse de second rayon.


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De verdun, le 31 décembre 2017 à 19:22

On remerciera l'éditeur ELEPHANT d'avoir sorti en dvd français ce film il y a quelques semaines.

John Gilling signe ici son premier film pour la Hammer et il montre déjà tout son talent. Le film est-il d'ailleurs une production Hammer ? On reconnaît les techniciens et acteurs habituels mais le nom du célèbre studio ne figure pas au générique…

Le scénario est une variation habile sur le thème vu et revu du Chat noir d'Edgar Allan Poe: un chat assiste au meurtre crapuleux de sa maîtresse par le mari de cette dernière, désireux de capter avec l'ensemble de sa famille un héritage lucratif. Mais, à l'instigation du réalisateur lui-même, le chat n'est pas seulement le témoin du meurtre mais aussi le vengeur de sa maîtresse bien aimée. Ce qui donne une dimension fantastique à ce qui aurait pu être un thriller ordinaire.

D'autres cinéastes comme Lucio Fulci ont échoué à faire du chat, animal mignon et sympathique une menace. Gilling, aidé par des dresseurs compétents, a réussi à faire du félin l'instrument de la vengeance de sa défunte propriétaire. Le ridicule est constamment évité, y compris lors de certains partis pris étranges comme les plans déformés censés illustrer ce que voit le chat.

Le noir et blanc donne un cachet agréable à l'ensemble. L'intrigue est concise (75 minutes) et bien menée. Les indispensables Christopher Lee et Peter Cushing ne sont pas au générique mais le cinéphile n'a pas à s'en plaindre car les comédiens sont tous compétents: on retrouve l'excellent André Morrell dans le rôle du grand méchant de l'histoire, et comme toujours on admirera la présence de la belle et talentueuse Barbara Shelley. L'humour noir à l'anglaise est présent lui-aussi.

Le spectre du chat est à la fois un thriller modeste et une franche réussite, originale et atypique, qui conclut mon année cinéphilique 2017 en beauté.


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