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Lettre ouverte à Michael Bay


De Impétueux, le 25 juillet 2014 à 14:26

Tout simplement parfait, Steve McQueen


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De Steve Mcqueen, le 25 juillet 2014 à 04:39
Note du film : 0/6

Merci à Toi, ô Michael Bay, de niveler le cinéma américain par le bas, de livrer des "films" (tu m'excuseras, les guillemets s'imposent) qui sondent les tréfonds de la nullité avec autant de panache. Tu es le symptôme d'un certain cinéma américain en déréliction, un cinéma bouffi d'orgueil. Mais peut-on vraiment encore parler de "cinéma" quand tes films s'apparentent plus à des machines de guerre, à des armes de destruction massive qui attirent dans leur sillage une meute d'adolescents qui viennent dans tes salles obscures pour bouffer ton pop-corn infect avec des bruits de succion rédhibitoires ?

Des adolescents décervelés qui viennent contempler, dans une jouissance proche de l'extase, des robots géants qui se foutent sur la gueule, un Bruce Willis décati qui sauve la planète dans un geste d'abnégation pathétique (pour épargner le petit ami bovin de sa fille… Ah, Michael, ta conception de l'amour me met la larme à l’œil), un duo de flics blacks et beaufs (y voit-tu une corrélation ?) qui sortent des vannes scatologiques à faire passer Jean-Marie Bigard pour Pierre Desproges, un triangle amoureux d'une rare niaiserie sur fond de bombardement sur Pearl Harbour.

Merci à toi Michael d'exploiter tes formules rances jusqu'à la nausée vomitive (1 séquelle à Bad Boys, 3 à Transformers), tu as bien compris que plus tu refiles des daubes à un certain public, plus celui-ci en redemande. La nature a horreur du vide, mais visiblement pas tes spectateurs. A ce propos, tu remercieras chaleureusement ton pote et néanmoins producteur Jerry Bruckheimer de continuer à financer tes étrons filmiques, cependant que préfèrerais je t'avoues qu'il brûle ses chers petits billets verts plutôt que de les investir dans tes œuvres pour flatter sa mégalomanie pathologique.

Quant à ta façon de filmer Michael, ah ta façon de filmer… tes plans qui durent une fraction de seconde, qui s'enchaînent avec la rapidité d'un lièvre courant après sa proie, sans rime ni raison, sans aucun sens de l'espace, sans aucune continuité spatio-temporelle entre eux. Tu t'es vanté, dans ta modestie légendaire, d'avoir explosé le nombre de plans par seconde pour la poursuite en voiture dans Rock, tu sais, ce film à la crédibilité légendaire (un général ultra-décoré prend Alcatraz d'assaut et menace de faire péter Sans Fransisco, tout simplement parce que ses hommes morts au combat n'ont pas eu les honneurs qu'ils méritaient… Ah Michael, la crédibilité et toi, une longue histoire d'amour)…

Mais ce que j'aime le plus chez toi Michael c'est ta foi dans la plus grande démocratie du Monde, ta passion pour les militaires virils qui sauvent le monde par la seule force de leurs biceps, tes plans pléthoriques sur les couchers de soleil, ton amour des filtres orangés, ta passion pour les personnages aussi développés que la dissertation d'une élève de CM2 sur l'amour dans l’œuvre de Marc Lévy, tes effets spéciaux que tu utilises dans une sorte de jouissance puérile et masturbatoire.

Merci du fond du cœur Michael d'inonder les panneaux publicitaires du monde entier avec tes affiches hideuses, de squatter les salles obscures au détriment de dizaines d'autres films qui sont immolés sur l'Autel de ton narcissisme mégalomaniaque.

Pour toutes ces raisons je te remercie du fond du cœur Michael, continue de vomir à intervalles réguliers tes remugles filmiques, que personnellement je verrais plus dans une cuvette que dans un cinéma.

Merci, Michael.


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